Faut-il chanter « Tout le monde déteste la police » ou « CRS avec nous » ?

Par regards.fr, le 04 mai 2016

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« Parce qu’elle est une protestation contre l’ordre des choses, une manifestation est par essence un affrontement contre la police (…) La police gagne quand tout se passe comme prévu en préfecture. Les manifestants gagnent quand tout ne se passe pas comme prévu en préfecture ». J’ajouterai, « surtout quand les autorités civiles brident l’action des forces de l’ordre ». //RO


 

Les mobilisations du printemps – contre la loi travail, Nuit debout – se demandent quelle attitude adopter face aux violences policières et aux forces de l’ordre en général : confrontation ou fraternisation ?

« Tout le monde déteste la police ». Le refrain scandé par le Mouvement interluttes indépendant (MILI) à la tête du cortège parisien du 1er Mai a le mérite d’être clair. Ce collectif anticapitaliste, déterminé à « faire sa fête au travail et à sa loi », qui s’impose de plus en plus souvent au devant des syndicats traditionnels lors des manifestations contre la loi El Khomri, assume sans détour une stratégie de conflictualité avec les forces de l’ordre. Stratégie qui divise les organisateurs de la Nuit debout, dont une partie redoute les effets contre-productifs des violences, aussitôt relayées par les médias et instrumentalisées par les politiques pour discréditer et limiter le mouvement.

Le MILI sur le front de la bataille urbaine

Proclamer sa haine de la police n’est pas nouveau bien sûr. Le « CRS SS » que l’on entend fréquemment ces jours-ci est apparu pendant les grandes grèves de mineurs de 1948, après la mort du manifestant Jansek, assassiné à coups de crosse par des CRS, avant de refaire surface en Mai 68. Mais le MILI revendique une pratique de confrontation, non pas seulement verbale, mais aussi physique, que l’on a peu l’habitude de voir en France, où les mouvements autonomes ou de black blocks sont moins développés qu’en Allemagne ou en Grèce par exemple. Né en 2013 à Paris pendant les mouvements lycéens de protestation contre l’expulsion de la collégienne rom Leonarda, le MILI appelle alors à bloquer les lycées. Mais c’est l’année suivante, après la mort de Rémi Fraisse, tué par un tir de grenade offensive, que ces militants élaborent leur discours autour des violences policières, dénonçant celles qui visent aussi bien les zadistes que les jeunes des quartiers populaires (lire aussi « Aline Daillère : « On assiste à un réveil citoyen sur les violences policières » ».

On ne peut pas les rater dans les cortèges. Lycéens, étudiants ou travailleurs, ils sont jeunes, autour de la vingtaine, habillés en noir, visage dissimulé par un foulard et une capuche, et souvent un casque et des lunettes de plongée pour se protéger des gaz lacrymogènes. Ils allument des torches et jettent des pétards, des œufs de peinture ou des morceaux de bitume sur les policiers tout en scandant « Paris, debout, soulève-toi ». En face, les CRS commencent par envoyer des gaz lacrymogènes et finissent par charger, donnant lieu à d’impressionnantes scènes de batailles urbaines.

Évidemment, vu l’arsenal policier, le rapport de force sera toujours en leur faveur. Le but n’est donc pas de « vaincre » les troupes. « L’enjeu du combat » est plus précisément de « briser » le « dispositif policier », décrypte sur Lundi matin le Comité action Nuit à bout, proche du Comité invisible. « La police maintient l’ordre. Parce qu’elle est une protestation contre l’ordre des choses, une manifestation est par essence un affrontement contre la police (…) La police gagne quand tout se passe comme prévu en préfecture. Les manifestants gagnent quand tout ne se passe pas comme prévu en préfecture ».

« Que les flics aient peur, qu’il deviennent des salariés »

Les MILI ne nient pas les violences, mais refusent d’être réduits à des « casseurs » apolitiques, leurs cibles étant on ne peut plus politiques : banques, agences d’intérim, locaux du PS, et CRS sont les symboles ou les défenseurs d’un ordre d’une violence autrement plus grande, celle qui ravage la vie des jeunes à coup de petits boulots précaires, de contrôles au faciès et de tirs au flashball. Le Comité action Nuit à bout l’affirme :

« La question n’est pas d’être ou de ne pas être violent. La question est d’être offensif, ou inoffensif ».

Si l’objectif final est « le soulèvement, l’insurrection et la destitution de ceux qui nous gouvernent », comme l’a redit dimanche à République Mathieu Burnel de la bande de Tarnac, il faut pour cela « instaurer un rapport de force » et « libérer un peu d’espace » vis-à-vis d’une police de plus en plus armée qui ne cesse de s’arroger de nouvelles prérogatives, a fortiori depuis l’instauration de l’état d’urgence : pénétrer à l’intérieur d’une université pour empêcher une Assemblée générale, quadriller un lycée pour empêcher le blocage, couper la sono des participants de la Nuit debout sur la place de la République, jeter leur soupe dans le caniveau… Autant d’actions qui empêchent les militants de s’organiser. Samia, une sympathisante du MILI, explique la démarche :


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Photo de Une : Adrien Gueydan


 

 


 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.

3 thoughts to “Faut-il chanter « Tout le monde déteste la police » ou « CRS avec nous » ?”

  1. Et le plus tôt possible ! Raz le bol de ce gouvernement de faux c….ls ! A noter que Cazeneuve à fait la part belle au FLN de l’époque ou les appelés se faisaient descendre avec l’appui des réseaux Jeanson et Curiel ! Et de bien d’autres qui ont joué contre les français .
    Et maintenant étonnez vous de l’appui considérable apporté aux islamistes !
    Il serait temps que les pendules soient remises a l’heure par l’éviction de ce gouvernement de faux nez !

  2. Alliance Police Nationale organisera le 18 Mai prochain une mobilisation nationale pour dénoncer ceux qui dénoncent des prétendues bavures policières.

    S’ils sont nombreux, le gouvernement va avoir le trouillomètre à Zéro !

    AÏE !

  3. Une grande majorité de nos concitoyens encensent les forces de police et de gendarmerie notamment lorsque leur action rentrent dans le champ de leurs intérêts. Il faut bien admettre cependant que ces mêmes forces de l’ordre encaissent souvent sans broncher les états d’âme et le mécontentement d’une population manifestante remontée contre le pouvoir politique qui malheureusement ne présente pas toujours (pour ne pas dire souvent) de la bonne manière, les réformes qu’il serait souhaitable de mettre en place dans l’intérêt général de la nation. Il s’agit d’un phénomène bien français connu, les français plus gaulois que jamais, ne supportent pas les changements surtout lorsqu’ils touchent à leurs petits privilèges. Et leur mécontentement s’exprime par des actes violents perpétrés sur les forces de l ordre : les représentants du pouvoir, ils sont les fusibles de protection d’une castre politique installée bien à l’abri des élans du ressentiment populaire. Mais cette fois, les policiers et les gendarmes ne supportent plus d’être ainsi maltraités par la vindicte publique que prolonge aussi un manque de soutien gouvernemental. On ne fait pas d’omelettes sans casser des oeufs et supporter à longueur de journées et de semaines les insultes, le mépris et les violences en étant en prime montré du doigt par ceux qui vous placent dans cette situation, est une injustice inqualifiable qui fait bien partie d’un système politique qui ronronne depuis la mise en place du second président de la cinquième république ! . A vouloir contenir les vaques on accumule des forces qui un jour ne seront plus contrôlables et au fond il faudra bien en arriver là.

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