Faut-il s’inquiéter de la radicalisation non violente en France ?

Propos recueillis par Louis San – France Télévisions – Publié le 02/05/2019

Voila un article extrêmement intéressant. A lire de l’introduction jusqu’à la conclusion et ce, malgré son coté un peu rébarbatif. Tout d’abord, on y apprend ce qu’est « la radicalisation non violente » et là, vous tombez de haut. Vous prenez une grande gifle en pleine tronche car vous découvrez, médusé, que vous êtes un radicalisé non violent en puissance. A mon niveau, la gifle a été moins violente car je suis parfaitement conscient de cette montée en radicalisation car chez moi, elle est verbale et écrite. Difficile donc de passer à coté. Mais le pire, et le plus grave danger vient de là, nous sommes tous des radicalisés non violents. Néanmoins, on se rassure de savoir que cette forme de radicalisation (gentille) n’est pas judiciarisée, mais il faut quand même rester dans les clous. Enfin, Olivier Bobineau précise, mais nous le savions, que « la radicalisation est un processus qui concerne tous les individus dès lors qu’une personne met en premier une valeur, une règle ou une norme dans son identité individuelle, mais aussi dans l’identité collective. Il peut s’agir de la religion, de l’amour, de l’argent, du travail…« . Cette forme de radicalisation serait-elle plus dangereuse que l’autre, celle associée à la violence terroriste issue du jusqu’au-boutisme islamiste ? Je vous laisse découvrir la suite de ce magistral interview. //RO

© Pierre Duriot

Franceinfo a interrogé Olivier Bobineau, co-auteur du livre « La Voie de la radicalisation, comprendre pour mieux agir », qui paraît jeudi.

Leur constat est alarmant. Dans le livre La voie de la radicalisation, comprendre pour mieux agir (éditions Armand Colin), qui paraît jeudi 2 mai, Olivier Bobineau, sociologue des religions, et le préfet Pierre N’Gahane, qui a dirigé le Comité interministériel de prévention de la délinquance, livrent une analyse de la montée de l’islamisme en France depuis les années 1980.

Ce travail sociologique et historique s’est inspiré d’une enquête menée dans le cadre d’une commande publique, lors de laquelle le cabinet d’études d’Olivier Bobineau a accompagné 1 040 personnes (569 enfants en école primaire, 304 collégiens, 62 lycéens et 105 personnes âgés de 16 à 35 ans), en région parisienne et dans l’ouest de la France. Pour des raisons de confidentialité, aucun propos n’est rapporté, aucun détail personnel sur le vécu des personnes entendues n’est révélé. Il s’agit d’un examen à froid d’événements géopolitiques et de phénomènes sociétaux à l’aide de concepts issus de l’anthropologie et de la sociologie. Prônant le « pas de côté », les deux auteurs s’intéressent aux « orphelins du sens » et se concentrent sur la « radicalisation non violente » qu’ils estiment être le « terreau » du terrorisme islamiste.

Franceinfo : Qu’entendez-vous par « radicalisation non violente » ?

Olivier Bobineau : Nous entendons souvent parler de radicalisation. Dans l’opinion publique, dans les médias, elle est associée à la violence terroriste issue du jusqu’au-boutisme islamiste. Nous sommes victimes de la conception anglo-saxonne, qui associe la radicalisation à la violence, à l’extrémisme physiquement exercé sur le corps des autres. Or, de notre point de vue, la radicalisation est un processus qui concerne tous les individus dès lors qu’une personne met en premier une valeur, une règle ou une norme dans son identité individuelle, mais aussi dans l’identité collective. Il peut s’agir de la religion, de l’amour, de l’argent, du travail… D’un point de vue conceptuel, nous proposons une définition originale de la radicalisation qui va à l’encontre de l’opinion commune.

https://www.francetvinfo.fr/monde/terrorisme-djihadistes/faut-il-s-inquieter-de-la-radicalisation-non-violente-en-france_3416171.html

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris. Ex-DGSE.

One thought to “Faut-il s’inquiéter de la radicalisation non violente en France ?”

  1. Bonjour,

    Vous aviez publié, il y a longtemps, un article sur le fait que les psychologues arrivaient même à qualifier les personnes de fort caractère comme étant étranges.

    Donc … ils parlent de complotistes mais jamais de comploteurs … ils parlent de lambda comme des radicalisés non violent … franchement, ils protègent les radicalisés violent.

    Je crois qu’ils veulent criminaliser les attitudes. On y arrive, enfin je crois.

    Ils veulent faire mal à tous.
    Et ce de manière généralisée.
    C’est moche, c’est sale,
    ce n’est pas vraiment français car c’est faible, c’est petit. C’est médiocre.

    Ils sont entrain de détourner l’attention de tous quant aux vrais problèmes: la fiscalité donc la dette, le terrorisme donc l’islam et … et … la trahison d’une majorité des élites, donc d’une microscopique minorité. Je suis libéral, je précise.

    Dans le fond c’est comme s’ils voulaient que nous doutions tous de notre entourage.
    Le message de l’article, c’est ça: faites attention aux non violents, ils sont radicaux, ils peuvent être violents.

    non violent == radical == violent WOW (l’espace à gauche est radical 🙂

    Dans le fond, aussi, ce qu’il veulent c’est que nous associons la notion de radicalité avec le fait de ne pas être, ni de penser, comme eux.

    Sera radical tout ce qui est différent. C’est sale mais bon, ils étaient comme ça les salauds d’avant toutes les guerres.

    Cordialement,
    Junior.

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