Féminisation des grades: être différenciée au nom de la non-différence

Par Roland Pietrini

Le 17 décembre 2017

Athena-Défense

 

 

© Tosque Jean-Louis

 

Une directive de Madame la (le) ministre des Armées assez discrète est en passe de révolutionner les appellations attachées aux grades de l’armée. L’avenir étant, n’en doutons pas, synonyme de progrès, ou l’inverse,  la révolution est en marche, l’égalité entre sexe est devenue le souci premier du politique. Il faudra donc, désormais appeler un chat un chat et une chatte une chatte et éviter la confusion, ce qui pour ces animaux n’est pas chose forcement aisée. Les armées emboitent le pas de cette évolution salvatrice afin de suivre la mode de  la féminisation.  

Il était, en effet, grand temps, en se mettant au garde à vous,  de savoir à qui on s’adresse. Car jusqu’à présent le doute était permis. Dans cet effort louable d’égalité homme-femme,  je ne sais pas si l’égalité y gagnera, si le claquement sur la cuisse aura le même effet, si le en « avant marche ! sergente,  donnez le ton ! » raisonnera avec autant de virilité. Car ce mot est à jeter définitivement avec les scories d’une histoire, ô combien barbaresque, du temps ou les hommes ne reculaient pas devant un compliment, et laissaient passer les dames en leur tenant la porte . Certaines n’y voient aujourd’hui que l’occasion pour ces mâles,  forcément libidineux,  de leur mater un peu les fesses. Aujourd’hui,  ce serait plutôt l’inverse, ce que je trouve pour ma part plutôt flatteur, enfin, je parle, pour ce qui me concerne  au passé.  

Bref, on avance, on construit, on progresse !

Je note au passage que la Ministre n’ayant aucunement demandé l’avis de nos « officières et sous-officières », celles-ci,  réflexion faite,  auraient pu soulever quelques objections.

L’une d’entre elle  serait que l’abandon justifié du Mon fût remplacé par le Ma, car après tout, le Mon étant l’abréviation de monsieur je ne vois aucune raison au nom de l’égalité,  d’oublier le MA,  abréviation de madame devant le grade. Ce qui donnerait donc un certain sel à certains grades,  par exemple, Ma vice-amirale, Ma commandante, Ma lieutenante, Ma majore,  sergente-cheffe.  

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Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.

5 thoughts to “Féminisation des grades: être différenciée au nom de la non-différence”

  1. Personnellement, j’ai connu il y a presque 50 ans la féminisation à l’école primaire. Aujourd’hui, cela se faisait presque naturellement dans les métiers de l’informatique et certainement de nombreux autres secteurs d’activité. Pour autant, est-ce que cela nécessite pour autant de changer la grammaire et l’orthographe qui peut-être considéré dans certains cas comme un signe discriminant.

  2. Pauvre France
    Féminisation des grades et guerre des accents

    Faites attention si vous aviez a appeler, suite à un départ de feu chez vous, une caserne de sapeurs pompiers de Paris (donc des militaires, tout comme les sapeurs pompiers de Marseille), vous pourriez être en communication avec une intelligente et tout aussi jolie que charmante jeune, femme répondant au téléphone ?

    Comment allez -vous vous adresser à elle ?? :

    Madame la :

    – Pompière
    – Pompiste
    – Pompeuse

    Imaginez dire un seul instant

    « Madame la pompeuse, il y a un feu qui couve chez moi, pouvez vous venir, nous allons l’éteindre ensemble.

    Cela pourrai passer pour du harcèlement sexuel ( et c’est pas bon par les temps qui courent).

    Ensuite si par hasard dans une conversation un ou une amie vous parle de ses doutes sur sa sœur.

    Faut-il mettre ou ne pas mettre un accent

    Etudiez bien ces deux phrases avec ou sans accent .

    « je suis sûr ta sœur elle n’est pas une P….ain »
    « je suis sur ta sœur elle n’est pas une P….ain »

    D’où la différence cruciale des accents

  3. C’est totalement ridicule !!! Je suis opposée à ce genre de connerie ! Il y a bien plus important à faire et sur tout les fronts !

  4. Diantre, je note sans déplaisir que « connerie » est féminin…
    Que dire à l’avenir ?
    « Ma adjudante-cheffe, j’ai fait un conneri ? «
    Tout ça ne va pas réparer les VAB pourris ou faire voler le A400M.

  5. Il serait intéressant de connaitre l’instigateur (ou l’instigatrice) de cette nouvelle idée car enfin , la démarche vient elle du ministre ou de l’un de ses conseillers militaires ?. Il s’agit là d’un problème vraiment secondaire car pour l’heure on s’inquiète surtout du manque de moyens et de l’obsolescence de nombreux matériels.

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