Fillon dégaine son programme défense… en occultant son propre bilan

Par Vincent Lamigeon, le 31 mars 2017

Challenges


« François Fillon, qui dénonce les « à-coups » financiers « dont le quinquennat de Monsieur Hollande a porté la marque », est aussi mal placé pour donner des leçons de bonne gestion au ministère de la défense. » //VL


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Le candidat des Républicains plaide pour un budget de défense à hauteur de 2% du PIB en 2023 et une amélioration de la condition militaire. Oubliant les 33.000 postes supprimés sous son mandat de premier ministre.

« Mon projet est à mon image: sérieux et réaliste. Offensif et ambitieux ». Se pliant à l’exercice du grand discours défense et politique étrangère vendredi 31 mars, François Fillon n’a pas cherché à verser dans la fausse modestie. Face à un Emmanuel Macron jamais nommé, mais abondamment dézingué, le candidat des Républicains s’est employé à se présenter comme le mieux placé pour devenir le chef des armées, « pas un titre abstrait, mais une fonction opérationnelle extrêmement lourde et grave ». « Notre pays ne peut se permettre de confier cette responsabilité à un président de la République immature, inexpérimenté, ou enfermé dans des schémas idéologiques irréalistes », a-t-il asséné.

Soulignant son expérience du secteur – « j’ai eu la chance d’être président de la commission de la défense à l’Assemblée nationale à 31 ans », l’ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy assure vouloir remettre l’église militaire au milieu du village. « Les militaires ont été déployés partout, tout le temps, sans les moyens adéquats pour accompli leurs missions, en les mettant en risque en permanence », a-t-il résumé, dénonçant « la multiplication brouillonne d’interventions tous azimuts initiées par le président Hollande ». François Fillon veut donc « reconsidérer certains de nos engagements » (sans préciser lesquels), et confier au chef d’état-major des armées une « revue stratégique des moyens affectés à la défense ».

2% du PIB en 2023

Pour redonner aux armées les moyens d’agir, François Fillon prône une « trajectoire financière robuste et pérenne », avec une loi de programmation militaire dès le printemps 2018 un budget de défense porté à 2% du PIB en 2023. C’est plus ambitieux qu’Emmanuel Macron, qui veut atteindre ce seuil en 2025, mais moins que Benoît Hamon, qui évoque 2022, s’alignant sur la préconisation du chef d’état-major des armées Pierre de Villiers. François Fillon rejoint en revanche Hamon et Macron sur la modernisation nécessaire de la dissuasion nucléaire, et « l’engagement des études en vue de la construction d’un second porte-avions ». Autres points de consensus: la priorité donnée aux avions de transports, au projet d’hélicoptères interarmées légers (HIL) et à l’accélération du programme Scorpion de renouvellement des blindés de l’armée de terre.

François Fillon plaide aussi pour un redimensionnement de l’opération Sentinelle  » retirant aux militaires les missions de garde statique « , un projet à vrai dire déjà bien avancé. Plus original, l’ancien premier ministre propose de « mettre en place une véritable agence technique au service des agences de renseignement, sur le modèle du GCHQ britannique, en élargissant les compétences de l’ANSSI (agence nationale de sécurité des systèmes d’information ». En clair, une sorte de NSA à la française. Quelle serait l’articulation de cette structure avec la direction technique de la DGSE? François Fillon ne le précise pas. Une telle agence romprait en tout cas avec le modèle d’une DGSE intégrant à la fois le renseignement technique et le renseignement humain. Sauf à créer une concurrence entre services si deux compétences techniques sont maintenues…


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3 réflexions au sujet de “Fillon dégaine son programme défense… en occultant son propre bilan”

  1. Ce type est de plus en plus fou, il est temps qu’il consulte la médecine du travail avec son copain Paul Bismuth Il a passé 5 ans a détruire la défense, et a envoyer nos troupes avec des équipement semblant provenir de chez Emmaüs et maintenant il veut muscler la défense, a ce stade là il doit se faire aider par la Cotorep, il est quand même un peu a la dérive

  2. C’est vrai que monsieur Fillon oublie qu’il était premier ministre lorsque les suppressions d’effectifs ont commencé sous le règne du président Sarkosy qui a procédé à une casse en règle de nos forces armées, promettant même un second porte-avions dans un discours à bord du PAN Charles de Gaulle en 2010. Mais il faut se rendre à l’évidence son programme parait le plus cohérent compte tenu de notre situation économique et des menaces qui pèsent sur notre pays. Les autres candidats proposent des programmes de défense complètement hors sujet.

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