Flux migratoire : le pire est peut-être à venir.

Par Roland Pietrini le 03 janvier 2015

ATHENA – DEFENSE

Roland Pietrini me rejoint dans mes analyses. A quelques nuances près. Cela me conforte et me réconforte. //RO

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Flux migratoire clandestin en Europe

 

Entre 1993 et 2006 on estime à 7000 le nombre de morts conséquence de flux migratoires vers l’Europe, or cette statistique ne tient aucun compte des disparus en mer ou des jetés par-dessus bord en cours de navigation et ne traduit en fait qu’une infime partie de ce drame humain.

Cette tragédie que l’on définira d’hécatombe ou non, selon le prisme par lequel on l’examine, prend soudain une nouvelle tournure : désormais les « passeurs » utilisent des cargos poubelles pour entasser des populations fuyant la guerre et la misère avant de les abandonner en pleine mer en comptant sur notre obligation morale à les sauver et l’Europe – avec l’Italie en première ligne- se sent absolument démunie.

L’abandon de 450 clandestins en mer à bord de l’Ezaden battant pavillon de Sierra Leone, partant de Chypre et dont la destination déclarée était Sète, signifie que les passeurs ont fait le choix d’un véritable changement d’échelle. Désormais ce ne sont pas des petites embarcations qui sont utilisées mais des navires dans lesquels il est possible d’entasser plus encore de réfugiés. Quelques jours auparavant c’était le Blue Sky avec 760 clandestins, le 20 décembre c’était un navire parti de Turquie avec 800 réfugiés qui utilisait la même tactique.

Devant de telles tragédies et face à ce problème de flux migratoire véritable hémorragie de la partie sud de la Méditerranée vers les pays du nord, l’Europe se propose aucune solution efficace mais semble faire l’objet d’un plan de déstabilisation progressive qui conforte la stratégie avouée des islamistes.

Le 3 octobre 2013, plus de 400 migrants se noyaient au large de l’île de Lampedusa, au sud de l’Italie. Rome annonçait dans la foulée la suspension du plan « Mare Nostrum », qu’elle avait mis en place suite au naufrage, et qui avait permis, en un an, de sauver près de 144 000 réfugiés et d’arrêter quelque 500 trafiquants. Les partenaires européens de l’Italie ont accusé Mare Nostrum d’augmenter le flux de l’immigration clandestine, car elle facilitait la prise en charge des immigrés à peu de distance de leur point de départ. L’Europe a donc transformé Mare Nostrum en Triton. Les 25 navires et 9 avions mis à disposition par la communauté européenne n’interviennent plus qu’à une distance maximale de 30 milles des côtes de la Sicile, en espérant compliquer la tâche des passeurs.

En utilisant de vieux cargos plutôt que de petites embarcations, les trafiquants ont appréhendé immédiatement le problème posé, puisqu’avec mare nostrum, l’Europe venait sauver quasiment à domicile les réfugiés, désormais, les marchands de rêve, assassins de leur propre peuple, réussissent à conduire leur cargaison à portée des garde-côtes avant de les abandonner.

Depuis l’instauration il y a deux mois du nouveau plan Triton, « le nombre d’immigrés clandestins parvenus sur les côtes italiennes est égal, si ce n’est supérieur, à celui de l’époque de Mare Nostrum, soit 8 000 arrivés par mois et d’ailleurs rien n’indique que certains trafiquants ne continuent pas d’utiliser des embarcations légères au mépris des risques encourus par les immigrés ». Cf Dominique Dunglas- Le Point

Dorénavant, les «petits» passeurs font donc place aux réseaux structurés. Il faut accepter l’idée qu’il est probable que les sources du financement des activités terroristes proviennent aussi en partie de l’activité des passeurs. A 5 000 dollars le passage pour être sur le pont et 2 000 dollars pour voyager en cale, le commerce s’avère juteux. Après le marché de la drogue, le marché des clandestins serait devenu le second marché le plus lucratif au monde.

Pour le seul continent africain, plus facilement mesurable, et selon les estimations d’Europol, 80 % des Africains qui cherchent à immigrer clandestinement en Europe font appel aux mafias des passeurs. « En moyenne, les migrants paient 1 000 euros pour les services de ces derniers », précise la Frankfurter Allgemeine Zeitung. « Le nombre des candidats à l’émigration étant estimé à 300 000, cela donnerait un chiffre d’affaires de 300 millions d’euros par an.

Les défis que doit désormais relever l’Europe ont dépassé le niveau de la protection de son simple confort. Nous sommes menacés directement par une stratégie de déstabilisation autrement plus grave dans la mesure où elle semble obéir à une réflexion profonde sur nos faiblesses structurelles. La machine à fournir des réfugiés est parfaitement réglée. La mise en place dans les pays déstructurés (souvent par l’irresponsabilité des occidentaux) d’une politique de la terreur a pour conséquence de pousser les populations hors de leur territoire et de leur repère. L’exploitation dans un second temps de leur tentative à rejoindre des pays qui représentent un espoir en Europe profite aux organisateurs des voyages sans retour… Enfin dans un troisième temps l’incapacité pour une part d’entre eux de leur non intégration risque d’alimenter en ressource humaine le terrorisme origine de leur propre turpitude.

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