Flux migratoire: l’évidence du pire

Par Roland Pietrini, le 03 septembre 2015

ATHENA – DEFENSE

 

 

J’avais écrit  en janvier 2015 : Flux migratoire : le pire est peut-être à venir. Sept mois plus tard, la photo du cadavre de ce petit garçon sur une plage turque rappelle que le pire est venu,  que l’épouvantable n’est pas loin. Je reconduis donc cet article avec plusieurs remarques : les migrants étaient auparavant en majorité des hommes, aujourd’hui les femmes et les enfants représentent 30% de la totalité. C’est nouveau et cela non seulement traduit que le phénomène s’installe dans la durée mais qu’il prend une nouvelle dimension.  

L’Europe est au premier plan car elle est  terre d’accueil, nous avons donc le devoir de gérer ce problème. Cette migration est la conséquence en premier de la déstabilisation voulue mais non assumée  d’une  politique étrangère américaine inconséquente et largement décrite dans d’autres articles, y compris ici,  et en second, d’une politique de courte vue menée par  une Europe faible. La France et la Grande-Bretagne partagent une lourde responsabilité, notamment  dans la déstabilisation de la Libye et dans  la gestion de la crise syrienne.

Enfin, la question se pose sur la passivité des pays arabes riches  face à cette catastrophe humanitaire majeure. Que font-ils concrètement ? Quelle aide financière et humanitaire concèdent-ils ? Leur silence est évocateur et  leur solidarité envers le monde musulman, auquel ils appartiennent  particulièrement discret. 

D’autres enfants noyés s’échoueront donc sur d’autres plages. Il s’ajouteront à ceux qui seront ignorés.

Entre 1993 et 2006 on estime à 7000 le nombre de morts conséquence de flux migratoires vers l’Europe, or cette statistique ne tenait aucun compte des disparus en mer ou des jetés par-dessus bord en cours de navigation et ne traduisait en fait qu’une infime partie de ce drame humain. En 2015, le phénomène a pris des proportions qui risquent de nous poser directement le problème de notre  sécurité sanitaire et celui de notre sécurité  tout court.

On ne peut laisser ainsi crever des humains sans les secourir, Il était plus « confortable » de les laisser crever en faisant semblant de ne pas les voir,  en Syrie, en Irak ou ailleurs. Qu’en sera-t-il lorsque Daesh aura exporté sa terreur au Liban, en Jordanie, en Algérie, au Maroc et en Tunisie? Ces populations fuient avec femmes et enfants parce qu’ils fuient l’horreur de la guerre. Les flux des migrants pour raisons économiques ont rejoint ceux des migrants qui fuient l’horreur. Il faudra s’y faire, et il ne sert à rien de se cacher la réalité.  

 

Cette tragédie que l’on définira d’hécatombe ou non,  selon le prisme par lequel on l’examine, prend soudain une nouvelle tournure : désormais les « passeurs » utilisent des cargos poubelles pour entasser des populations fuyant la guerre et la misère avant de les abandonner en pleine mer en comptant sur notre obligation morale à les sauver et l’Europe – avec l’Italie en première ligne- puis la Grèce, plus récemment la Hongrie. La solidarité des pays européens est à rude épreuve, et les accords de Schengen sont menacés. 

 

L’abandon de 450 clandestins en mer à bord de l’Ezaden battant pavillon de Sierra Leone, partant de Chypre et dont la destination déclarée était Sète, signifie que les passeurs ont fait le choix d’un véritable changement d’échelle. Désormais ce ne sont pas des petites embarcations qui sont utilisées mais des navires dans lesquels il est possible d’entasser plus encore de réfugiés. Quelques jours auparavant c’était le Blue Sky avec 760 clandestins, le 20 décembre c’était un navire parti de Turquie avec 800 réfugiés  qui utilisait la même  tactique.

 

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