FN : Partenaire particulière cherche partenaires particuliers

Publié le 14 novembre 2013  par David Desgouilles .
Publié le 14 novembre 2013
par David Desgouilles .

Avec Geert Wilders, Marine Le Pen espère sortir de son isolement européen

Hier, Marine Le Pen était l’invitée d’honneur de Geert Wilders aux Pays-Bas. Le chef du mouvement national-populiste PVV a accueilli la présidente frontiste les bras ouverts. Certes, ce n’était pas une première puisque Wilders avait déjà rendu visite à Marine Le Pen en avril dernier à Paris. Mais les deux personnalités politiques ont cette fois-ci officiellement scellé leur alliance en vue des élections européennes de juin prochain.

*Photo : Peter Dejong/AP/SIPA. AP21482993_000023.
*Photo : Peter Dejong/AP/SIPA. AP21482993_000023.

Jusqu’à cette année, Wilders ne voulait pas entendre parler du FN. Transfuge du Parti libéral, connu pour ses positions très favorables à Israël, la personnalité de Jean-Marie Le Pen ne l’encourageait pas dans cette voie. Pour Marine Le Pen, les choses n’étaient donc pas gagnées d’avance, tant s’en fallait. Après avoir donné des gages à son partenaire batave, elle peut aujourd’hui se féliciter du succès de sa stratégie de dédiabolisation, élargie à l’échelle européenne. Il faut dire que le Front national revient de loin. Jusqu’à présent, dans l’hémicycle européen, Bruno Gollnisch présidait l’Alliance européenne des mouvements nationaux, un aréopage de parlementaires hongrois, britannique ou belges au lourd passif xénophobe, pour ne pas dire plus (Jobbik, British National Party, Vlams Belang). Marine Le Pen ayant jugé cette coalition trop radicale et politiquement peu crédible, elle a acculé son ancien rival et les autres eurodéputés frontistes à la démission. Tous se sont exécutés dare-dare, jusqu’à Jean-Marie Le Pen qui a récemment admis avoir quitté l’AEMN « pour obéir » à sa fille.

Le ménage fait, Marine Le Pen s’est donc attelé à la formation d’une alliance FN-PVV comme socle de départ d’une future coalition europhobe au Parlement européen. On n’en connaît encore pas les contours exacts, mais une chose est sûre : l’UKIP britannique du tonitruant Nigel Farage n’en sera pas. Actuellement à la tête du groupe Europe Libertés Démocratie à Strasbourg, Farage a préféré s’allier à Nicolas Dupont-Aignan1, ce qui fait une pierre souverainiste dans le jardin de la présidente du FN. Tandis que les sondages annoncent sinon une majorité anti-européenne aux élections de juin, du moins une forte minorité de blocage, la question des alliances entre opposants à l’UE est plus que jamais cruciale. Aussi, les tandems Farage-NDA et Wilders-Le Pen se disputent-ils le renfort de l’AfD allemande, parti anti-euro qui prône le retour au Mark et a frôlé l’entrée au Bundestag en septembre dernier. Selon nos informations, le cœur de l’AfD pencherait plutôt du côté de Dupont-Aignan et Farage.

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