Forces spéciales – Service Action (DGSE) : moi d’abord !

Par JEAN GUISNEL, le 06/02/2015

Le Point

Je trouve le ton de Jean Guisnel un peu ironique dans sa relation des faits. J’irai pour ma part droit au but, et, pour avoir servi 23 ans au sein de ce magnifique Service qu’est la DGSE, il ne saurait y avoir mutualisation de capacités entre le COS et le SA, « qui ne manquerait pas d’affecter l’efficacité de ces deux entités ». La seule notion à retenir doit être la « complémentarité ». A chacun sa mission. A chacun son métier. //RO

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Dans un article discret, le service Action de la DGSE démonte les arguments de ceux qui voudraient attribuer ses moyens aux forces spéciales.

Ce n’est pas dans la Revue défense nationale (RDN), vénérable institution ouvrant pourtant largement ses colonnes depuis des décennies aux questions militaires et stratégiques, que l’on chercherait spontanément un article écrit par une personne du sérail sur le débat qui agite vivement le service Action de la DGSE et le Commandement des opérations spéciales (COS). Et pourtant, c’est bien elle qui revient sur la question, dans son numéro de janvier. Avertis de cette affaire dès le mois de juin dernier, nos lecteurs savent que des voix se font entendre au COS – qui opère en uniforme en engageant la France – pour récupérer des effectifs en absorbant une grosse partie du service Action de la DGSE. Lequel agit dans la clandestinité, en civil, mais parfois avec des moyens et des méthodes similaires à ceux des forces spéciales.

Point de vue de la DGSE

La DGSE a systématiquement refusé de s’exprimer sur ce débat pourtant vif, et a donc choisi une voie détournée pour s’engager dans la polémique. Dans un article du numéro 776 de la RDN surtitré « Contrepoint » et titré « Forces spéciales, forces clandestines : dissemblances, synergies, interopérabilité », un certain Jean-Luc, identité fleurant bon le pseudonyme, donne, sans l’écrire explicitement, le point de vue de la DGSE. L’auteur est présenté comme étant actuellement stagiaire à l’École de guerre et connaissant bien « les forces clandestines pour y avoir exercé des responsabilités de commandement sur le terrain et de conception, et de conduite des opérations ». Il s’agit, on l’aura compris, d’un jeune cadre d’avenir du service Action, qui poursuivra sa carrière à la DGSE et a écrit ce texte avec l’aval de la direction du service.

SA = bombe atomique

Notre Jean-Luc s’exprime donc nettement. Il rappelle la doctrine : quand « la conjoncture politique n’autorise aucune action militaire, la raison d’État légitime l’emploi des forces clandestines. » Deuxième rappel : « Ces forces agissent dans l’intervalle de notre stratégie de défense et de sécurité nationale non couvert par les forces armées et de sécurité. » Elles ne servent que sur ordre du président de la République en constituant « une capacité d’action coercitive, fondamentalement régalienne, qui sert le coeur des intérêts les plus élevés de la nation ». Entre elles et la bombe atomique, il n’y a guère de différence dès lors que, « à l’instar de la dissuasion nucléaire, elles concourent à l’indépendance et à la souveraineté nationales ». L’argument paraîtra un peu excessif, dès lors que dans les faits l’arme nucléaire est destinée par essence à signer l’engagement français… D’ailleurs, « le succès d’une opération clandestine repose sur des capacités spécifiques qui permettent à l’État commanditaire de nier son implication ».

Interstices périphériques

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1 réflexion au sujet de « Forces spéciales – Service Action (DGSE) : moi d’abord ! »

  1. Les missions de ces deux importants services sont complètement différentes ; quant à leurs statut , on devine qu’ils ne peuvent bien entendu se superposés . Il faut donc reconnaître à chacun sa spécificité et laisser ces éléments d’élite faire ce qu’il savent faire dans leur propre registre opérationnel.

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