« Français » par le Capitaine (e.r.) Jean-Marie Dieuze, ancien officier à titre étranger.

Le 15 août 2020

Tout doux mon ami, inutile de monter sur tes ergots et je ne veux point d’esclandre pour ce simple mot, presque tombé en désuétude pour beaucoup de nos contemporains et que je prends pour titre. Il n’y a ici, rien qui ne mérite un quelconque courroux, ou je ne sais quelles diffamations qui voudraient m’imputer un sursaut nationaliste, une xénophobie devenue pour moi, aussi soudaine que justifiable, un regain de ce populisme dont aujourd’hui encore, je ne comprends pas le sens qu’en donnent tous ces donneurs de leçons, pour qui la volonté d’un Peuple ne peut-être que malsaine… Je veux simplement et en toute sincérité te faire partager ce que je suis, moi, qui ne suis que cela, mais qui ne souhaite viscéralement, n’être rien d’autre que cela : un « Français ».

« Français », tu vois, c’est ce que je suis. J’ai cette nationalité et c’est pour moi un grand honneur que d’être « Français ». Même si en vérité, j’ai peu de mérite. Puisque dans les faits, je l’ai hérité de mes parents à ma naissance. D’autres partagent avec moi cet honneur, mais tout autant, si ce n’est plus, c’est un triste constat, n’osent plus se dire « Français » de nos jours. Comme s’ils étaient atteints d’une maladie honteuse qu’ils voudraient cacher ou que revendiquer cette fierté d’être « Français », ne serait pour eux, qu’un opprobre de plus qui les déshonorerait par le simple fait d’en faire état. Quand ce n’est pas avec un réel mépris, qu’elle est montrée du doigt, et c’est aussi une grande tristesse que de le constater, par cette multitude de plus en plus colorée que l’on ne sait pas recenser, mais que l’on sait médiatiser à l’excès…

« Français », tu l’as compris, c’est pour moi une fierté. Si comme moi, tu as eu cette chance inouïe de naître ici, sans faire preuve d’un chauvinisme malsain ou futile, tu ne peux qu’être fier de ton Pays, de son Histoire, de sa Culture, de sa Gastronomie, de ses Vignobles, de son Peuple. Bien sûr, aux côtés de ces merveilles, de trop nombreuses vilénies ont entaché à juste titre, durablement à travers le monde et les siècles notre belle France. Mais n’est-ce pas le sort de tous les peuples que de se méprendre, que de se fourvoyer, que d’être critiqué ou méjugé pour ses errements à travers les âges, mais aussi, ce qui a toujours fait notre force, que d’avoir appris et d’apprendre encore de nos erreurs ? Pour quelle raison alors, je te prie, ne serais-je pas fier d’être « Français » ?

« Français », tu as raison, il y a de multiples manières de l’être ou de le devenir. Il y a ceux qui le deviennent via de simples formalités administratives, trop souvent à mon goût, par nécessité ou par opportunisme, et non par choix. Ceux-là veulent recevoir d’abord cette « reconnaissance » et peut-être ensuite accepteront-ils de donner en retour à ce Pays qui les reçoit en son sein. D’autres, très peu par leur nombre mais incommensurablement plus méritant, le deviennent par le sang versé. Ceux-là, n’oublieront jamais ce que cette « reconnaissance » leur a coûté. Ils ont d’abord fait le choix de beaucoup donner à notre Patrie, qu’avant de recevoir… Mais de tous ces compatriotes de naissance, de papier, de sang, il n’y a que ceux qui n’aiment pas et qui n’aimeront jamais la France, que je ne porte pas dans mon cœur. Car c’est aussi çà être « Français », aimer avant tout son Pays, comme il est avec ses qualités et surtout ses défauts…Car chacun sait, moi le premier, que parfait n’est pas « Français ».

« Français », tu as raison également, c’est aussi une langue, une belle et noble Langue. Dont le parler et l’écrit, je te le concède, ne sont pas faciles à maitriser. Je peux te l’avouer, je détestais ces cours de « Français », lorsque j’usais encore mes fonds de culottes sur les bancs de l’école. Cette matière détestable, dont seuls les premiers de la classe, innommables fayots assis au premier rang, réussissaient presque toujours à déjouer les pièges et autres facéties grammaticales et orthographiques ou ces locutions verbales, si propre à cet attribut de souveraineté de notre beau Pays. Dans ma jeunesse, j’éprouvais même de la haine pour cette dictature de l’orthographe, qui ne m’aimait pas non plus je peux te l’assurer et me le faisait savoir à la fin de chaque dictée par d’invariables zéros pointés. Mais ce « Français », ce cerbère des belles lettres, sournois, machiavélique, mystérieux parfois, j’ai appris avec le temps à l’apprivoiser à défaut de le dompter. Même si au détour d’une phrase, l’imparfait peut encore s’y cacher et qu’un subjonctif que je croyais plus-que-parfait, hypocrite à souhait, puisse toujours me faire tomber dans un piège, dont je n’aurais pas su assez me défier. Quand ce n’est pas un accord qui m’a échappé, et qui sape cet écrit que je voulais pourtant fidèle à ma pensée, mais qui s’en retrouve ainsi biaisé. Me laissant une fois publié, désemparé et honteux de n’avoir pas su le maîtriser. Tu ne peux le savoir, mais j’ai connu nombres d’étrangers qui aimaient tant la France, qu’ils avaient une maîtrise parfaite du « Français » et je peux te le certifier, ce sont eux qui me donnaient alors des leçons de « Français » …

« Français », tu as encore raison, c’est aussi une mentalité. Exécrable, souvent, il me faut bien l’avouer. Mais ne sommes-nous pas qualifiés, à l’étranger qui plus est, par notre propre Président, comme un peuple réfractaire ? Comment veux-tu alors qu’un Pays, qui a un coq comme emblème, animal dont je te rappelle qu’il est Roi sur son fumier, ne puisse pas être aussi exécrable dans sa spontanéité ? Et si beaucoup de « Français » se croient pourvus d’une intelligence supérieure, ils font, en même temps, souvent montre d’une bêtise sans pareille. Que veux-tu, dans tous les pays avoir une belle mentalité n’est pas tout et cette qualité n’est pas vraiment d’importance pour juger de tout un Peuple. Il y a des vieux cons et des jeunes cons partout. C’est une simple évidence et ce n’est donc pas spécifiquement « Français ». Bien que le problème le plus important aujourd’hui, soit justement notre mentalité. On nous insuffle une mentalité d’esclave, avec la politique de la carotte et du bâton. Ainsi, les « Français » ont acquis aussi, petit à petit, me semble-t-il, une mentalité de mule. C’est sans doute pourquoi, tant qu’ils ne sont pas battus, ils n’avancent pas…

« Français », c’est aussi être Libre, tu fais bien de le remarquer. Pour cette Liberté, nous avons fait une révolution et coupé d’innombrables têtes. C’est sans doute pourquoi, nous perdons la nôtre si souvent, oubliant dans ces moments-là, la valeur inestimable de ce trésor. Cette Liberté qui petit à petit, sournoisement, Loi après Loi, décret après décret, est mise à mal. Ainsi nos libertés fondamentales comme la liberté d’expression et d’opinion, de circuler et de décider de notre propre sort, sont de plus en plus bafouées. Mais cela nous affecte finalement très peu, car comme des enfants gâtés qui ont tout, blasés de tant de richesses, avec un esprit très « Français », nous acceptons d’être ainsi spoliés avec indifférence de nos droits fondamentaux, de notre droit du sol, de nos coutumes régionales, de nos traditions ancestrales, de notre mode de vie séculaire, de ces infinies petites choses qui font que nous sommes « Français ». Beaucoup trop, ont oublié que pour cette Liberté, des millions d’hommes venus de tous les continents ont sacrifié leur vie, pour que nous retrouvions notre Liberté en tant que « Français » …

Voilà, mon ami, ce que c’est d’être « Français ». Ce n’est bien sûr que mon avis personnel, mon humble opinion, mais c’est aussi mon intime conviction. Et parce que je suis « Français », j’accepte donc par avance que tu ne partages pas, si telle est ta volonté, cette laïque profession de foi. D’ailleurs, il me faut de suite corriger cette faute, cette inexactitude, cette maladresse dont je suis l’auteur dans ces écrits. Lorsque l’on aime la France, dans toute sa diversité, Il ne peut exister de « Français » entre guillemets. Nous le sommes entièrement, de cœur et d’esprit, librement et sans contrainte ou nous ne sommes point, Français…

Capitaine (e.r.) Jean-Marie Dieuze, ancien officier à titre étranger.

2020 – Tous droits réservés.

3 réflexions au sujet de “« Français » par le Capitaine (e.r.) Jean-Marie Dieuze, ancien officier à titre étranger.”

  1. Sauf erreur de ma part, il s’est engagé dans la Légion étrangère et il est devenu Français par naturalisation

  2. Francais par le sang verse et fier de l etre. BRAVO pour cet ecrit

    Il y a qui se disent francais, mais ne sont francais que de papiers, francais de complaisance, francais du RMI et de la CAF et non Francais par le coeur et les tripes

Les commentaires sont fermés.

error: Content is protected !!
%d blogueurs aiment cette page :