Général Soubelet : un patriote modéré, un livre décevant

Publié le 4 avril 2016 – par

Riposte Laïque


Modifié le 12 avril 2016 : voir en bas de page.


« Tout ce que Le Colonel 2.0 a déjà dit ».

Voilà résumé en quelques mots simples le billet publié ce jour par Riposte Laïque. Donc j’adhère et, puisque ce n’est pas LC2.0 qui l’écrit ici, j’ai choisi de vous en faire le partage. Mais auparavant, je souhaiterais affiner mon sentiment vis-à-vis du général Bertrand Soubelet.


 Il m’a fallu effectivement visionner les différentes vidéos publiées pour me faire une idée plus précise de la personnalité du général de gendarmerie. Ne pas me contenter de lire les titres.


 La vidéo de décembre 2013, devant un parterre de députés m’a grandement déçu. J’ai pu y voir un haut responsable de la sécurité débiter sans conviction le texte qu’il avait préparé pour ce grand oral. Rien de bien transcendant puisque tout était connu. Pas transcendant donc mais courageux. Pour une fois, un général n’usait pas de la langue de bois pour jeter à la figure des membres de cette commission « tout ce qu’il ne fallait pas dire ». Oui mais c’était son job. Je n’y vois pas d’héroïsme en cela. Ces braves élus connaissaient l’étendue du désastre sécuritaire de la France puisqu’ils en sont grandement responsables. Ils en sont grandement coupables. Alors, ce fut un grand coup dans la gueule. Et ça, il n’ont pas apprécié que ce « petit général » crache enfin la vérité.


 Petit général pourquoi ? Ce qualificatif est de moi. Je n’ai perçu aucun charisme chez ce général qui n’a jamais connu, sauf erreur ou omission de ma part, la moindre OPEX. Je n’ai décelé aucune envergure que l’on retrouve pourtant chez bon nombre de généraux… plus anciens. Plus baroudeurs. Même la voix du général Soubelet n’y était pas. Il n’a fait que réciter sa leçon. Sa litanie. Débitée de manière très précautionneuse comme l’écriture de son livre. Pour ne pas choquer. Comme un haut fonctionnaire en activité. Cela n’a pas eu l’heur de plaire à ses inquisiteurs. Il a été « sanctionné ».


 Ah oui, la belle sanction! Un placard doré avec tous les avantages inhérents à la fonction. On ne va pas le plaindre. 


 Je n’y vois pour ma part, ni général courage, ni général héroïque.


D’autant que tout le reste aura été, à l’instar de son livre si j’en crois les retours que j’ai eus, très décevant. Plus grave encore aura été sa « malencontreuse » sortie sur le Front National. 


Bertrand Soubelet, comme je l’ai déjà dit et écrit n’aura été qu’une étoile filante car faite de poussière d’étoiles. Dans un ciel politique pourtant constellé d’étoiles et d’étoilés. Comme pour la plupart de ces étoiles, ce ne sont que des leurres. //RO



 

Le livre du Général de gendarmerie Bertrand Soubelet est intitulé « Tout ce qu’il ne faut pas dire ». Sorti le 23 mars aux Editions Plon, il s’affiche en publicité permanente sur tous les sites de réinformation, comme il en fut précédemment pour les livres d’Eric Zemmour et de Philippe de Villiers, ouvrages que j’ai énormément appréciés.

J’avais vu précédemment une vidéo, de décembre 2013, dans laquelle ce haut gradé de la gendarmerie faisait un rapport remarquable devant une assemblée de députés. Il y exposait sans détour l’état catastrophique de notre pays : criminalité, délinquance, insécurité de notre pays ainsi que les mesures judiciaires homéopathiques qui leur sont opposées.

Une prestation qui consistait à dire la vérité, en principe attendue par les politiques, mais que ceux-ci ont sévèrement réprimée en août 2014 par un éloignement de la métropole, une mutation à la tête de la gendarmerie d’outremer.

J’ai donc acquis cet opus. Mais j’ai été déçu. Non pas que ce livre soit inintéressant. C’est un témoignage sincère et clairvoyant sur les coulisses de la politique. On y découvre les relations de défiance et le mépris des politiques envers les serviteurs de l’État (corps préfectoral, police, militaires) qui leur servent de relais pour appliquer leurs projets (souvent incohérents) et directives. Une défiance et un mépris qui ne disparaissent que lorsque ces serviteurs de l’État affichent leur sensibilité politique, par leur appartenance à un syndicat ou par des gages apportés plus concrètement aux tenants du pouvoir.

Il n’y a dans ce livre ni nom ni exemple à l’appui de ces dires. On peut le regretter mais aussi le comprendre eu égard au devoir de réserve d’un général en fonction. Mais il nous est aisé d’y pallier, à l’aune de l’engagement politique de certains préfets et officiers de police, qui ne ménagent pas leurs efforts pour afficher leur parti pris de façon explicite (par exemple les plaintes contre Riposte laïque du Préfet Boucault et de Jacques Méric, directeur de la DSPAP).

Un mode opératoire qui nous fait aussi penser au (dis)fonctionnement de la « Justice ». L’appartenance syndicale idéologisée, de type « mur des cons », cautionnant manifestement de belles carrières (au vu du nombre d’aberrations juridiques, dénis de justice et du deux poids deux mesures décomplexés que nous pouvons constater dans ce cadre aujourd’hui).


On y trouve aussi des analyses intéressantes et chiffrées, notamment sur le dévoiement et la corruption de la fonction syndicale, alimentée par l’État aujourd’hui.


Lire la suite sur http://ripostelaique.com


 

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Cette précision m’a été apportée par un lecteur car j’avais écrit à tort que le Général Bertrand Soubelet n’avait sans doute effectué aucune OPEX. Dont acte et je m’en excuse. //RO

 

Bonsoir,

Juste une erreur dans votre article. Le général a effectivement servi en OPEX sur un théâtre de guerre dans les années 1990 (Balkans). De surcroît il en est revenu avec une citation qui lui fut conferée pour « action d’éclat accomplie dans l’exercice de ses fonctions » et qui lui attribua la Croix de la Valeur Militaire avec étoile de bronze. Celle-ci est attribuée pour des actions constatées lors d’une situation d’affrontement réel et averré puisque cette distinction ne peut être
conferée qu’à l’issue de confrontations armées comportant un risque agravé en situation de guerre selon le décret d’institution de celle-ci du mois d’avril 1956. C’est cette décoration d’ailleurs qui accompagna l’attribution de sa Croix de Chevalier de la Légion d’Honneur qu’il reçu quelques temps après.

Il convient de ne pas remettre en cause les Etats de services de ce dernier, surtout lorsqu’il s’agit d’une telle décoration qui lui fût attribuée il y a bien des années dans des circonstances sans doutes difficiles et à une époque ou il se trouvait hiérarchiquement bien loin des étoiles de général de corps d’armée.


 

 

 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.

5 thoughts to “Général Soubelet : un patriote modéré, un livre décevant”

  1. Le vote Front national lui glace le sang. L’honneur républicain et rédempteur est sauf ; peut-être aussi son maintien en 2e section !

  2. Le vote Front national lui glace le sang. L’honneur républicain rédempteur est sauf et peut-être aussi son maintien en 2S

  3. Ce con « stellé », avais-je écrit sur ma page au regard de ses propos sur le FN, n’est qu’à l’image de ceux qui l’emploient. Dis-moi qui te paie, je te dirais quelle est ta valeur. On n’attend plus, dans cette kyrielle d’astres pour la plupart déjà morts, que le CEMA renie son frère, et tout autant sa patrie pour nous la jouer sur le même air. Il est vrai que son silence y consent déjà, nonobstant la rebuffade familiale, toute engluée dans le commerce du cirque, et qui se paie le luxe d’une distribution de « pains ». Juvénal savait la vérité de sa sentence. Dans la comédie que ceux-là nous jouent sont les Scapin autant que les Tartuffe. Le peuple rira-t-il toujours, le rideau une fois tombé, les pitres dans la nature, et le champ de foire désolé ?

  4. Je ne suis pas étonné. Les propos tenus par le général et qui lui ont valu sa mise au placard étaient plus que modérés.
    Il avait déjà cette tendance à dans son exercice oral.

  5. Je suis tout a fait en phase avec vous ! Le livre m’a déçu autant que l’attitude de l’auteur ensuite ! Mais il était intéressant de le lire !

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