Gênes : Le cri de colère d’un expert: « L’Etat italien est responsable et coupable »

Propos recueillis par Frédéric Helbert

Publié le 18/08/2018

Frédéric Helbert, le blog

 

 

« Le réquisitoire implacable d’un ingénieur-expert, proche d’Antonio Brencich, celui qui avait annoncé que le pire était possible tant le Pont Morandi était un ouvrage vicié et usé par le temps. »

 

 

© Tosques Jean-Louis

 

A l’heure de la cérémonie officielle, de funérailles collectives, organisée par l’état italien en l’honneur des victimes de la catastrophe du pont Morandi, les secouristes continuent leur travail. Le bilan s’est alourdi avec la découverte dans les ruines de 3 corps sans vie, portant le bilan à 42 morts, des dizaines de blessés, des centaines de déplacées. La cérémonie est partiellement boycottée par 17 familles. Qui estiment que l’Etat porte de lourdes responsabilités.. Il n’est pas de pose, même en ce jour de recueillement, quant à un débat très virulent sur les responsabilités des uns et des autres, et celle des autorités publiques, selon la communauté des ingénieurs, architectes et experts, qui avaient tiré la sonnette d’alarme depuis très longtemps. L’un des hommes appartenant à cette communauté, a décidé de sortir du silence,  de revenir sur le scénario de la catastrophe, et la longue bataille livrée par ceux qui ont tiré la sonnette d’alarme à plusieurs reprises, et recommandaient la destruction de l’ouvrage et la construction d’un nouveau pont. C’est un proche d’Antonio Btencich. Et c’est la colère qui le pousse à sortir du silence qu’il s’était imposé.

Le réquisitoire implacable d’un ingénieur-expert, proche d’Antonio Brencich, celui qui avait annoncé que le pire était possible tant le Pont Morandi était un ouvrage vicié et usé par le temps.

 

Je fais partie de ceux qui ont étudié, où planché directement sur les « failles du pont ». Je serai peut-être appelé à être dans l’équipe devant participer aux expertises. Je n’entendais pas dans ces conditions m’exprimer mais j’ai été indigné en entendant le maire de Gênes dire qu’il n’était pas au courant des problèmes. J’ai été écœuré en voyant nos responsables publics se défausser en pointant seulement la société responsable de la maintenance du réseau, ou encore l’Europe qui n’aurait pas délivré suffisamment de crédits ! Le ministre de l’Intérieur Salvini, n°2 du gouvernement me fait honte. Son attitude le soir de la catastrophe me scandalise. La chasse aux sorcières, qu’il lancée, en s’exonérant de toute responsabilité est tout simplement dégueulasse ! Je suis en colère. C’est notre devoir à nous, experts de terrain, que de tenter de donner des explications fiables aux victimes, à leurs proches, et au pays tout entier, car c’est une catastrophe nationale qui est survenue. Tout autant que nous avons beaucoup à dire – n’en déplaise au gouvernement – sur ce qui a pu amener le pont à s’effondrer, et sur les choix politiques, qui nous ont obligés à « bricoler » en permanence. On ne peut pas dans ces conditions laisser les autorités publiques et les politiques raconter n’importe quoi.

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Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.