Gérard le solitaire

 

Publié le 11 août 2014 par Morisot – Marquet

Le blog des légionnaires officiers

 

Je vous laisse découvrir ici un très beau texte mais Ô combien triste. Et je le suis… //RO

 

Gérard était un ancien légionnaire qui avait fait valoir ses droits à pension de retraite ; il bénéficiait d’un revenu mensuel fixe, porte ouverte à une nouvelle vie ; il disait à qui voulait l’entendre: « que la Légion étrangère l’avait fait homme libre… ». Ses chefs l’appréciaient, ils avaient consigné, dans ses notations annuelles, toutes les satisfactions qu’ils ressentaient d’avoir sous leurs ordres ce bon légionnaire apte à bien servir en tous lieux et en toutes circonstances… Rapidement, livré à lui-même, Gérard comprit qu’en fait il était seul face à lui-même et c’est tout naturellement qu’il chercha, dans un premier temps, à se loger et à retrouver une terre d’accueil. Mais une réalité s’imposait: il n’avait absolument pas préparé son retour à la vie civile et les recettes de sa pension étaient insuffisantes dès le début de chaque mois. Gérard se trouvait régulièrement fort dépourvu. Par instinct de conservation, il se mit à la recherche d’un peu de chaleur humaine et fréquenta, tout naturellement les bistrots, uniques endroits accueillants qu’il connut. Maladroitement, il mendiait un contact, une conversation… il avait la faiblesse « d’acheter » un salvateur auditoire auprès d’inconnus en leur payant à boire. Six ans, Gérard fit des petits boulots ; il avait fini par s’installer dans un grand mobile-home abandonné, juste à côté d’une décharge publique, endroit misérable auquel il s’était parfaitement accoutumé et que même l’odeur persistante des déchets de toutes sortes qui s’amassaient chaque jour d’avantage, ne l’importunait plus. Le mur de déchets le protégeait du regard des autres… Gérard était devenu fataliste, il commençait cependant à reprendre espoir et savourait ses habitudes quotidiennes au point de se faire considérer par le patron du café de la gare le « Terminus » comme un de ses meilleurs clients. Gérard se sentait libre, la Légion l’avait fait libre et il le proclamait haut et fort lors de ses cuites interminables au cours desquelles il offrait généreusement aux oreilles délicates d’une population médusée, toute l’étendue du carnet de chants légionnaires… Il pensa, un moment, s’installer à « la maison du légionnaire » à Auriol, mais le contact téléphonique avec un responsable de cette institution lui rappela trop l’autorité militaire et il renonça définitivement à se retrouver encadré dans une structure où la discipline s’appliquait fermement. Il était libre Gérard ! Un jour, un matin qui ressemblait à tous les autres matins, des gamins jouant dans la décharge entrèrent, par curiosité, dans le « mobile-home » de Gérard.

Lire la triste fin de l’article sur http://www.kb-legionnaires.com

 

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