Armées, Budget, Défense, France, Politique

Gestion de la maintenance aérienne : les sénateurs minimisent les vérités qui dérangent

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Par Observatoire des armements, le 15 juin 2017

 

« De toute évidence, le petit cénacle dans lequel est confiné le débat autour des enjeux de défense ne garantit pas la transparence et une gestion optimale des deniers publics. »

 

 

© Logo by Pierre Duriot

 

 

Alors que s’ouvre lundi 19 juin le salon du Bourget, l’Observatoire des armements révèle les conclusions d’un rapport d’experts qui pointe une gestion défaillante de la maintenance aéronautique militaire (MCO), source de clientélisme. À mille lieux du rapport publié par le Sénat qui, pour justifier une hausse du budget de la défense, se borne à un diagnostic sommaire au lieu d’exercer son rôle de contrôle.

« Avant de réclamer à corps et à cris une augmentation du budget des armées, les sénateurs feraient bien de plus s’interroger sur l’utilisation des dépenses militaires actuelles », souligne Tony Fortin chercheur à l’Observatoire des armements.

Les sénateurs s’attendaient à des économies en matière de maintenance du matériel militaire, mais au moment des « comptes » ils se sont retrouvés fort dépourvus. Si, comme ils l’indiquent dans leur rapport rendu public le 13 juin [1], l’accroissement des coûts de la MCO est provoqué par la multiplication des références et les « sauts technologiques  » en matière d’évolution de matériel, d’autres facteurs sont en cause. Un rapport interne à l’industrie d’armement que l’Observatoire a pu consulter, pointe de multiples défaillances dans la gestion de l’État. Ses auteurs préconisent la mise en place d’un contrôle des prix pratiqués par les prestataires, en particulier lorsqu’ils sont en situation de monopole, soulignant en creux qu’il est absent aujourd’hui… «  C’est la raison pour laquelle il est nécessaire d’augmenter les effectifs des bureaux d’enquête de coûts de la DGA » énoncent les experts. Une proposition que les sénateurs se gardent bien de reprendre telle quelle. Et pour cause, le diagnostic sur ce point précis s’y réduit… à deux lignes.

Le Rafale et l’hélicoptère NH90 entachés de vices de forme

D’autre part, les auteurs du rapport interne mettent en cause, par exemple, « la corrosion prématurée » rencontrée par certains équipements neufs, destinés à la marine, comme les Rafale ou le NH90, et ce en raison de problèmes de conception. La correction de ces vices de forme entrainerait « une augmentation des coûts avec une consommation des rechanges plus rapide que prévue, qui plus est avec des prix d’achats de plus en plus élevés ». Les experts vont jusqu’à citer l’armée qui évoque ouvertement «  la perte de compétence  » des industriels.

 

Lire la suite sur http://www.obsarm.org

 

 

About the author / 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l’Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST – Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales – INALCO Paris. Ex-DGSE.

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