Armées, Défense, France, International, Politique

Guerre nucléaire: une menace à prendre au sérieux pour le ministère des Armées

179

Par Vincent Lamigeon le 13.10.2017

Challenges

 

 

« Reste désormais à mettre en musique cette revue stratégique. Ce sera le rôle de la loi de programmation militaire, votée au premier semestre 2018, qui fixera les grandes orientations budgétaires de la période 2019-2025. » //VL

 

 

© Logo by Pierre Duriot

 

 

Remis par Florence Parly à Emmanuel Macron, la Revue stratégique de défense et de sécurité nationale définit les menaces pour la France et la stratégie de défense à adopter. Il insiste sur les multiples risques de dérapages, qui pourraient aboutir au franchissement du « seuil nucléaire ».

Une centaine de pages et 321 points évoqués. C’est un véritable précis de stratégie de défense que vient de remettre à Emmanuel Macron la ministre des armées Florence Parly. Issu des trois mois de travaux de la commission dirigée par le député européen Arnaud Danjean, la Revue stratégique de défense et de sécurité nationale est une sorte de mini-Livre Blanc sur la défense, qui résume la situation stratégique mondiale, les menaces pour la France, et les réponses que les armées doivent être capables d’apporter. Seule – et importante – différence : contrairement aux derniers Livres blancs, le document n’intègre pas le  » contrat opérationnel  » des armées, c’est-à-dire le nombre maximal de soldats et d’avions de combat que la France doit être capable de déployer. « Ce contrat opérationnel sera défini dans le cadre des travaux de la prochaine loi de programmation militaire, votée début 2018 », explique Martin Briens, directeur de cabinet de Florence Parly.

Quel tableau stratégique dresse ce document ? Il s’inscrit dans la continuité du Livre blanc de 2013, en insistant sur un « environnement global durablement dégradé, instable et incertain », selon les termes d’Arnaud Danjean. Il y a évidemment la menace du terrorisme djihadiste, qui « se reconfigure en permanence » et « va muter et persister » malgré les défaites militaires de Daech au Levant. Il y a le retour des Etats-puissances, Russie et Chine en tête. « L’affirmation de la puissance russe appelle en réponse une fermeté qui doit s’accompagner d’un dialogue », estime ainsi document. Quant à la Chine, elle « devient la seconde puissance mondiale », met en service « un sous-marin par an », et peut compter sur  « un budget plus de quatre fois supérieur à celui de la France, pour une valeur équivalente il y a dix ans « . Ce qui implique un  » dialogue stratégique lucide et exigeant ».

« Ambigüité entretenue à dessein »

La véritable nouveauté est ailleurs. Le document, auquel ont participé le chef d’état-major des armées François Lecointre, les chefs d’état-major des trois armées, mais aussi l’ancien patron de la DGSE Bernard Bajolet, le président de Naval Group Hervé Guillou et le directeur de l’Ifri Thomas Gomart, met en garde contre l’  » ambigüité  » qui s’est installée au cœur des relations internationales. En gros, les acteurs étatiques comme non étatiques peuvent désormais  agir de façon dissimulée, par des attaques cyber, par le recours des groupes de hackers mercenaires, par des déstabilisations par des trolls sur Internet. La frontière entre guerre et paix, entre crise et non-crise, s’en trouve brouillée, ce qui aboutit à un « état de tension endémique » qui « affecte en permanence les relations entre puissances ».

Le risque généré par ces nouvelles zones grises est monumental, préviennent les auteurs. « Cette ambigüité entretenue à dessein peut conduire à une mauvaise lecture du niveau de menaces, et donc à des risques de dérapages, estime Arnaud Danjean. On est souvent à la limite de l’agression et de l’incident. »  Le point 148 de la revue stratégique est encore plus explicite : « Il résulte de ces tendances convergentes un risque accru d’escalade  et de montée aux extrêmes entre Etats, potentiellement jusqu’au franchissement du seuil nucléaire, en raison des erreurs possibles concernant les seuils de réaction adverses. » Tout ressemblance avec les intimidations entre Donald Trump et Kim Jong-Un serait purement fortuite…

Lire la suite sur https://www.challenges.fr

 

 

About the author / 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l’Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST – Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales – INALCO Paris. Ex-DGSE.

Utilisateurs en ligne

Abonnez-vous à ce blog par email.

Saisissez votre adresse email pour vous abonner à ce blog et recevoir une notification de chaque nouvel article par email.

@LeColonelActus


Archives

Catégories

error: Content is protected !!