Hollande étrillé par la presse allemande

Hollande étrillé par la presse allemande
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Par Patrick Saint-PaulMis à jour le 29/03/2013 à 21:29

Au lendemain de son interview télévisée sur France 2, elle est déçue par un discours jugé velléitaire et par l’absence d’annonces concrètes.

La presse allemande est sans pitié avec François Hollande: loin d’être convaincue, elle est déçue par un discours jugé velléitaire et par l’absence d’annonces concrètes. L’hebdomadaire de centre gauche Der Spiegel juge Hollande «drôlement optimiste». «Non, l’Allemagne n’est pas plus forte», titre Die Welt sur le ton de la «petite blague» chère au président. Bild dénonce «une interview sans courage au lieu d’une parole libératrice». Et pour le Handelsblatt, la bible des affaires, Hollande est «un président qui n’a pas le goût du risque». Animé d’une certaine indulgence, le Spiegel souligne que l’exercice était une «mission impossible». Hollande voulait montrer que «la France a un président, même si ce n’était pas toujours une évidence ces derniers mois». Il «a réussi dans cet exercice, autant que c’est possible lorsque l’on n’a rien de concret à offrir».

Le journal lui tire son chapeau pour avoir reconnu «qu’à l’avenir les Français devront travailler plus longtemps avant leur retraite»… Outre-Rhin, l’âge de la retraite a été porté à 67 ans et le débat sur la retraite à 69 ans est enclenché. Et il lui reconnaît d’avoir fait un «pari courageux» devant les Français: «Le chômage montera encore jusqu’à la fin de l’année, dit-il, mais ensuite il commencera à baisser. Comment il le sait, il ne le dit pas.»

«Tension amicale»

Bild dresse l’état des lieux de la France et de son «économie malade»: «Zéro croissance, faillites d’entreprises, déficits et chômage en hausse, cela affecte le moral de nos voisins», écrit le quotidien populaire. «Un vieux dicton français dit: “Nous avons de l’eau jusqu’au cou, mais sa qualité est encore délicieuse aujourd’hui!” Pour combien de temps encore», s’interroge Bild, jugeant que Hollande n’a pas pris la mesure de la situation.

«La France attendait du sang, de la sueur et des larmes, écrit Die Welt. Mais au bout du compte, l’intervention télévisée s’est résumée à un catalogue d’outils existants au lieu de nouvelles réformes.» Le journal souligne la contradiction de la «méthode Hollande» consistant à vouloir «combattre le chômage par des programmes étatiques au lieu de miser sur des impulsions aux entreprises» tout en voulant réduire les dépenses de l’État. Même constat pour le Handelsblatt qui a trouvé le président «optimiste et professoral, sonnant comme un maître de conférence mais pas comme un chef d’État dynamique». «Il n’a pas défini de vision claire, seulement des mesures bricolées», tranche le Handelsblatt.

Les médias allemands dénoncent le faux pas du président vis-à-vis de la chancelière Angela Merkel avec laquelle il a reconnu avoir une «tension amicale» et dont il ne partage pas toujours «les mêmes idées». Les relations entre Paris et Berlin étaient régies par un pacte tacite visant à taire les divergences… Hollande s’est maladroitement exposé à une réplique de Merkel. Visiblement, le président français n’a toujours pas digéré l’affront de la chancelière qui avait refusé de le recevoir pendant la présidentielle. «Il ne peut visiblement pas pardonner à Merkel», note Die Welt… Un manque de sang-froid qu’il aura du mal à se faire pardonner.

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris. Ex-DGSE.