Il ne s’agit plus d’un simple jeu risqué, mais de roulette russe avec un chargeur plein (E. Schlereth)

 

Publié le 3 septembre 2014 par Olivier Demeulenaere

Regards sur l’économie

« Ce qui se passe à l’heure actuelle ne peut qu’être qualifié de folie. L’USRAELOTAN pousse à la confrontation sur tous les fronts à la fois.

Commençons par l’Iran. L’Iran de Rouhani a fait d’incroyables concessions, pour lesquelles il a ensuite été « récompensé » par la suppression de quelques minuscules sanctions. Voilà maintenant, comme l’écrit Ismail Salami dans «Sanctions contre l’Iran, les USA jouent un jeu dangereux» («Iran Sanctions : US Plays Dirty Game» [1]), que Washington impose « de nouvelles sanctions contre les entreprises et les citoyens iraniens dans l’intention de nuire ». Salami ajoute que Washington ne s’est jamais révélé être un partenaire fiable et digne de confiance et que toute idée contraire découle d’une perception naïve. Il a raison.

Les nouvelles sanctions visent des compagnies maritimes, pétrolières, aériennes et six banques, bien que les six puissances mondiales (la Russie, la Chine, la France, l’Angleterre, les États-Unis et l’Allemagne) poursuivent leurs négociations sur le programme nucléaire iranien. Mais il importe peu aux Etats-Unis qu’ils pensent pouvoir se passer de toute forme de diplomatie. Ils veulent que l’Iran se soumette totalement, rien de moins. L’Iran devrait enfin en tirer les conséquences et rompre les pourparlers, qui n’ont abouti jusqu’ici qu’à ce que l’Iran se fasse rouler dans la farine à de multiples reprises.
Mais Ismail se penche également sur le contexte plus large : pour les Etats-Unis, il s’agit explicitement de plonger l’ensemble du Proche-Orient dans le chaos, afin d’éliminer les principaux obstacles, l’Iran, la Syrie et le Hezbollah, qui forment également une alliance. Ainsi leur hégémonie mondiale franchirait un pas important : l’instauration de régimes fantoches, avec une mainmise totale sur les ressources pétrolières et gazières, et le rapprochement des bases de missiles du flanc sud de la Russie.

En outre, si les Etats-Unis se retiraient vraiment et mettaient fin à tout soutien aux criminels terroristes, la Syrie pourrait éliminer en un tournemain les bandits de son territoire. L’Etat islamique ne devrait pas constituer un problème majeur pour les forces combinées de l’Iran et de la Syrie. Ensuite, ces pays retrouveraient le calme et formeraient un bloc solide au milieu des régimes les plus réactionnaires du Proche-Orient : de la Turquie à l’Arabie saoudite et aux petits États du Golfe. Cela leur donnerait des sueurs froides et ils pourraient s’en rendre compte quand ils seront soumis à la colère de leurs peuples. Bien sûr, quand viendra l’heure du règlement de comptes, tous les Occidentaux, et plus particulièrement les voleurs de pétrole anglo-américains, seront expulsés de la région.

Les Etats-Unis ne peuvent donc plus que semer la haine, l’intégrisme, l’intolérance, le racisme et la violence. Ils ne peuvent plus que jeter autant d’armes que possible dans ce chaudron, afin qu’un maximum de gens s’entre-tuent et que ces pays en deviennent exsangues.

Nous en arrivons au point suivant, le « sommet du Pays de Galles » [2], une « occasion pour s’assurer que l’Otan demeure une source essentielle de stabilité dans un monde imprévisible ». On pourrait penser que ces paroles ont été écrites par un farceur. Mais non, ils y croient vraiment : la stabilité en Afghanistan, en Irak, en Libye, en Syrie, au Yémen, en Somalie et dans plusieurs autres pays. Et n’oubliez pas l’Ukraine. Car il s’agira d’elle au Pays de Galles. Et, pour cette grande mission qu’est la stabilité en Ukraine, il faudra s’équiper, masser des troupes au seuil de la Russie, dans les pays baltes et en Pologne. L’Europe doit apporter une plus grande contribution « défensive » et fournir des troupes. Et les idiots dans les gouvernements européens rayonnent de joie parce qu’Obama les flatte et leur demande de passer à la caisse. Les Etats-Unis ont déjà annoncé que leurs troupes demeureraient plus longtemps dans les pays baltes. Ils n’avaient pas besoin de le préciser. Chacun sait qu’une fois que les Américains posent une botte quelque part, ils y restent.

Et voilà que le commandant en chef de l’Otan, Breedlove, a déjà préparé un «scénario de guerre éclair» [3], qu’il présentera au Pays de Galles. Tous ces scénarios portent la marque particulière des Etats-Unis : ils ne veulent pas eux-mêmes faire cette guerre, car ils sont lâches et sournois, mais les autres devraient se jeter dans le feu. Les Européens, les légionnaires recrutés dans le monde entier, la canaille criminelle des prisons séoudiennes, les fanatiques musulmans, peu importe qui, mais pas eux-mêmes. Mais cela ne jure pas avec la racaille fasciste à Kiev. Et cette «guerre éclair» ? Cela s’est passé pendant la Deuxième Guerre mondiale, non ? Quand le tout s’est terminé dans un bourbier. Eh bien, alors, bonne chance !

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Traduit par Patrick pour vineyardsaker.fr

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Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris. Ex-DGSE.