Ils ont gagné au loto de la vie mais ne rendent rien de ce qu’ils ont reçu : comment la génération de vieux la plus riche de l’histoire plombe l’économie en ne dépensant pas

Par Nicolas Goetzmann le 17 Novembre 2014

Atlantico

 

Comparons ce qui est comparable. La croissance aux Etats-Unis est aux antipodes de celle qu’a connue la France post 1945. J’y vois une fois de plus la désignation facile d’un bouc émissaire que l’on veut désormais plumer, à savoir les baby boomers, et plus généralement les seniors « qui ont tout eu »  et qui ont encore tout. Je suis tenté de dire, à chacun son époque. Certains ont connu la guerre et la misère, d’autres ont connu le plein emploi et la « fortune ». Dois-je en déduire qu’il faut une nouvelle guerre pour relancer le plein emploi et la croissance. Je franchis le pas et je dis oui.  Mais ce n’est guère souhaitable. Alors, au lieu de pleurer sur son « triste sort », la nouvelle génération se doit de se tirer un peu les doigts aussi et faire preuve d’imagination. Et surtout oublier l’Etat providence. C’est du moins ce que je crois. Un baby boomer. //RO

 

Ils ont tout eu. Les taux de croissance de 5% et le plein emploi pour fêter leur arrivée dans la vie active. La baisse des taux et la disparition de l’inflation pour faire gonfler les comptes épargne et les actifs immobiliers. Mais les baby boomers constituent une génération dorée, aujourd’hui à la retraite, qui empêche la reproduction de ce qui a fait sa fortune.

En 1989, aux Etats Unis, le sénior moyen disposait d’un patrimoine neuf fois plus élevé que celui d’un « jeune » de moins de 35 ans. Depuis, ce ratio a explosé. Désormais une personne de plus de 60 ans dispose d’un patrimoine 18 fois plus élevé que celui d’une personne de moins de 35 ans. Cette période de 24 ans qui sépare les deux dates correspond tout simplement à une génération, et à la progressive montée en puissance des personnes nées après 1945. Une génération économiquement dorée; les baby-boomers.

Et cette constitution patrimoniale des baby-boomers aura eu lieu en deux étapes, entre les bienfaits des revenus du travail dans les premiers stades de la vie active jusqu’aux bienfaits des revenus du capital à partir des années 80. Une fête permanente.

En effet, et pour revenir en France, une personne née en 1945 et arrivant sur le marché de l’emploi en 1965 aura pu bénéficier d’une quarantaine d’années de croissance économique, avec une moyenne totale de 3%. Pour les 15 premières années, c’est-à-dire entre 1965 et 1985, cette moyenne plafonne à 4.3%, et jusqu’à 5.3% pour les 9 premières années (voir graphique ci-dessous).

Croissance économique. 1965-1974. France

 

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Malgré la naissance du chômage, les revenus salariés ont le vent en poupes et l’intégration de cette nouvelle génération dans le marché du travail aura été une franche réussite. Une situation qui se confirme à la vue de l’évolution de la part des revenus dévolue aux salariés dans la valeur ajoutée. En effet, entre 1965 et 1985, cette part progresse de près de 8 points.

Revenus des salariés dans la valeur ajoutée. Source Insee

 

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Ainsi, la forte croissance économique va se combiner avec une distribution de plus en plus forte aux salariés. Cette « chance » qu’ont connue les baby-boomers au cours de la première moitié de leur vie a été parfaitement résumée par Arthur Burns, Président de la FED entre 1970 et 1978, dans un discours prononcé en 1979. Arthur Burns confirme ici que la politique inflationniste menée dans le courant des années 70’ était consciente de la part des autorités, son seul but était de parvenir au plein emploi. Un défi considérable à mener en raison d’un grand nombre d’arrivants sur le marché de l’emploi et une participation de plus en plus soutenue des femmes à la vie économique.

« Et j’en viens enfin au rôle des banquiers centraux dans le processus inflationniste. Les tendances philosophiques et politiques alors en cours à travers le monde ont inévitablement affectées leurs attitudes et leurs actions. Dans la plupart des pays, la banque centrale (…) met en œuvre la politique monétaire, en fonction des souhaits du chef du gouvernement ou du ministère des finances. Certaines démocraties industrielles ont des banques centrales substantiellement indépendantes, ce qui est certainement le cas des États-Unis. La Réserve fédérale avait le pouvoir d’annuler l’inflation à son stade initial il y a quinze ans ou à tout moment ultérieur (…). Elle ne l’a pas fait parce que la Réserve fédérale a elle-même été prise dans les courants philosophiques et politiques qui transformaient la vie et la culture américaine » « La loi sur l’emploi prévoit qu’il est de la responsabilité politique du Gouvernement fédéral de mener continuellement ses actions, ses ressources et ses plans à la promotion de l’emploi maximal »

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Photo : Comment la génération de vieux la plus riche de l’histoire plombe l’économie. Crédit Reuters

 

 

1 réflexion au sujet de « Ils ont gagné au loto de la vie mais ne rendent rien de ce qu’ils ont reçu : comment la génération de vieux la plus riche de l’histoire plombe l’économie en ne dépensant pas »

  1. « Car, problème, les seniors ne consomment pas, ou du moins, pas autant que les autres classes d’âges. »
    Mais quel article désagréable et injuste! Si nous ne dépensons pas, c’est parce que nous passons notre temps à aider nos enfants qui ne s’en sortiraient pas sans nous.
    Je suis entièrement d’accord avec les commentaires lus sur le site Atlantico.
    Un peu de décence!

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