Imagine-t-on De Gaulle se coucher devant Erdogan?

Elisabeth Lévy, le 13 mars 2017

Causeur


« Les termes qui viennent à l’esprit sont : Indignité, déshonneur, honte. » //EL

Ultime humiliation de la France ou pas, François Hollande est indigne de porter le costume de président de la République française. Quant à Ayrault, il est égal à lui-même. Un caniche. //RO


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Il ne faut pas abuser des grands mots, et encore moins des comparaisons historiques. Mais là on a du mal à éviter les uns et les autres. Après le communiqué de Jean-Marc Ayrault appelant à « l’apaisement », dans la crise opposant la Turquie à deux pays de l’Union européenne, les termes qui viennent à l’esprit sont : Indignité, déshonneur, honte. Quant à la comparaison historique, elle s’impose d’elle-même : en 1938,  Chamberlain et Daladier nous invitaient à l’appeasement face à Hitler, en 2017, Ayrault prône l’apaisement face à Erdogan. On aimerait penser que c’est par hasard ­ – et par une ignorance historique crasse – que le chef de notre diplomatie a précisément choisi, parmi tous les mots qu’il aurait pu employer, celui qui rappelle comment, à Munich, l’Europe s’est couchée devant le Führer. Mais on ne voit pas comment un professeur d’allemand pourrait ignorer ce triste épisode devenu un nom commun. Difficile, dans ces conditions, de ne pas voir dans le communiqué du Quai d’Orsay l’expression d’un inconscient munichois qui nous pousse à capituler aujourd’hui devant l’islam radical comme hier devant le nazisme.

L’UE sans chair ni passé

Car il ne s’agit pas seulement ici de « solécisme en parlant », comme aurait dit Molière, mais d’une étrange faute dans la conduite de notre politique étrangère. S’il y a une continuité dans le quinquennat de François Hollande, et aussi une cohérence entre les discours et les actes, c’est bien la préférence européenne. Le président de la République a fait de la solidarité avec l’Europe en général et l’Allemagne en particulier le point névralgique de sa politique, y compris, souvent, contre l’avis des Français. Après avoir juré qu’on allait voir ce qu’on allait voir et promis que Merkel saurait de quel bois il se chauffe, il s’est pratiquement inscrit, au long de ces cinq années, dans le sillage de Berlin.

Face à la Turquie d’Erdogan et à ses prétentions folles à venir enrôler sous notre nez des citoyens européens, c’était le moment ou jamais de parler d’une seule voix. Et c’est la France qui se couche, la France qui aime tant donner çà ses partenaires des leçons de savoir-vivre européen. Si on avait voulu prouver que l’UE n’est qu’une série de règles destinées à faciliter la vie des multinationales et qu’elle n’est porteuse ni de la civilisation, ni des valeurs dans lesquelles les gouvernants européens, particulièrement les Français, adorent se draper, on ne s’y serait pas pris autrement.

Toutefois, que l’UE prouve, une fois de plus, qu’elle n’a ni chair, ni passé, ni d’ailleurs la moindre ambition de transmettre l’héritage historique de l’Europe, n’est pas le plus grave. Ce qui cause un véritable chagrin, et pour tout dire, de la honte, c’est de voir la France se singulariser dans la soumission. On croyait que les Pays Bas, et dans une moindre mesure l’Allemagne, qui ont ouvertement choisi le modèle multiculturel de coexistence des différences, étaient plus vulnérables que la France républicaine aux défis identitaires. Lancé de l’extérieur par le chef d’un Etat supposé ami, celui-ci semble avoir réveillé la fierté nationale des Hollandais et des Allemands, quand celle-ci paraît absente au plus haut niveau de l’Etat en France. Alors que le chef de l’Etat turc, rendu fou furieux par le refus de deux pays européens de laisser tenir meeting, se répandait en imprécations, allant jusqu’à évoquer le nazisme, Jean-Marc Ayrault ne voyait « pas de raison d’interdire » une réunion similaire organisée à Metz, « réunion qui, au demeurant, ne présentait aucune possibilité d’ingérence dans la vie politique française. »


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Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.

2 thoughts to “Imagine-t-on De Gaulle se coucher devant Erdogan?”

  1. Et ce n’est pas fini, cette mascarade de la hollandie agonisante. Elle se terminera, par une mise en examen de 2, 3, ou plus de candidats à l’élection présidentielle. Et ce sera toute l’Europe qui se foutra de nous, ainsi que le grand vizir turc. Et avec la malchance qui colle au François le renonçant, il sera « obligé » de « continuer » jusqu’aux élections législatives. Et c’est là que les « ennuis » commenceront.

  2. Il est temps de terminer ce quinquennat qui a ruiné toutes les valeurs de notre pays. Il faut revenir à une indépendance diplomatique entière et sereine mais aussi favoriser notre outil de défense car nous ne connaîtrons peut être jamais une défense européenne digne de ce nom.

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