Inégalités scolaires : pourquoi la France est une très mauvaise élève au sein de l’OCDE malgré son obsession égalitariste

Avec Pierre Duriot – Le 01 mars 2019

© Pierre Duriot

Selon une note publiée par l’OCDE, en France, « les inégalités d’opportunité sont importantes » et « largement liées au système éducatif ». L’Hexagone arrive ainsi avant-dernière du classement des pays de l’OCDE juste devant la Hongrie.

Atlantico : Selon une note publiée par l’OCDE, « la France, les inégalités, et ascenseur social », en France, « les inégalités d’opportunité sont importantes, largement liées au système éducatif ». Comment expliquer, alors que la France a connu un « tournant égalitariste » dans les années 80, que le résultat produit soit justement inverse à celui recherché ? Comment comprendre ce paradoxe apparent ?

Pierre Duriot : 

Dans les années 80, justement, on a mélangé l’égalité et l’égalitarisme, une confusion courante chez tous les acteurs concernés par l’enseignement. Pour faire simple, l’égalité c’est la possibilité égale, offerte à tous, d’obtenir le diplôme maximum correspondant à ses capacités cognitives et comportementales personnelles. L’égalitarisme c’est : « 80 % d’une classe d’âge au bac ». Dit comme cela, on saisit mieux la différence et à quel moment l’affaire est partie en vrille : l’excellence ne se décrète pas, elle se construit et elle se travaille et ce, depuis les plus petites classes, en collaboration avec les parents qui ont leur part de responsabilités dans les qualités comportementales de l’élève et dans l’adhésion de la famille et de l’enfant au système éducatif. Pour que l’école puisse avoir un projet éducatif pour son élève, il faut que les parents aient un projet de vie pour leur enfant. L’école a péché par démagogie, à vouloir se charger à la fois d’éducation, de citoyenneté et d’instruction, mais aussi, elle n’a pas veillé suffisamment, pour ses professeurs, à une formation professionnelle de qualité, tout en les payant insuffisamment, ce qui se traduit aujourd’hui par une part de responsabilité dans l’échec collectif et une grave crise des vocations. Non seulement le métier n’attire que trop peu mais il s’est aussi féminisé à outrance, notamment en primaire et maternelle, au moment où l’accroche par le phénomène des modèles identificatoires nécessiterait un personnel beaucoup plus mixte.

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Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.