Intervention en Afrique : après l’opération Serval, la France lance Barkhane

 

Par AVA DJAMSHIDI ET HENRI VERNET Publié le 13.07.2014

Le Parisien

 

 

Cette opération, que le président de la République dévoilera la semaine prochaine, « terminera le travail » de Serval en Afrique contre le terrorisme.

La France est loin d’avoir fini la guerre contre le terrorisme en Afrique. Selon nos informations, un an et demi après le déclenchement de l’opération Serval au Mali, François Hollande s’apprête à dévoiler une nouvelle intervention au Sahara et au Sahel. Son nom de code : opération Barkhane. Ce terme désigne les dunes sahariennes qui prennent la forme d’un croissant sous l’effet du vent.

Cette intervention devrait être officiellement déclenchée lors de la mini-tournée que le président s’apprête à effectuer mardi en Côte d’Ivoire, puis au Niger et au Tchad.

Cette dernière destination n’était initialement pas inscrite dans le programme reçu par les journalistes qui l’accompagneront. C’est dans sa capitale, à Ndjamena, que devrait être basé le poste de commandement de l’opération Barkhane. Cerné de voisins à la stabilité des plus précaires (Libye, Soudan, Cameroun, Niger, Nigeria, Centrafrique), l’influent pays d’Idriss Déby a intérêt à coopérer avec les autorités françaises. L’acte de naissance de l’opération Barkhane sera donné à Bamako, capitale du Mali, la veille de la virée africaine du président par le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian. Car après l’opération Serval, il s’agit de « terminer le travail », selon l’expression d’une source militaire de haut rang.

Approche régionale

Dans un premier temps, les forces françaises déployées au Mali ont mis un terme à l’offensive jihadiste sur Bamako avant de porter un coup au sanctuaire des terroristes dans l’Adrar des Ifoghas, massif du Sahara. Mais le danger demeure, car des groupes pourraient se reconstituer. L’objectif de Barkhane est donc d’éradiquer la menace islamiste radicale dans la région.

Dans cette bande sahélo-saharienne, séculaire autoroute des trafics en tout genre, le péril terroriste est bien présent. La porosité des frontières permet aux jihadistes de circuler. Sans compter que le chaos libyen, avec l’absence de contrôle étatique sur le pays, décuple une menace que les autorités jugent alarmante. D’après les services de renseignement français, des camps d’entraînement de jihadistes y sont installés.

A l’Elysée, on considère qu’il existe un risque de voir se reconstituer des poches de concentration terroriste dans ce secteur… d’où le lancement de Barkhane.

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Illustration : Gao (Mali), 16 octobre 2013. 3 000 hommes seront affectés à l’opération Barkhane, (dont le nom vient des dunes sahariennes qui prennent la forme d’un croissant sous l’effet du vent). Elle a pour objectif d’éradiquer la menace islamiste radicale dans la région. | (AFP/Sébastien Rieussec.)

 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.