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Jaruzelski sicilien

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Par Stratediplo

Le 30 mai 2018

Le Colonel 3.0

 

© Tosque Jean-Louis

 

Le président italien Sergio Mattarella ne voulait pas finir comme son frère Piersanti.


Pourtant après la conclusion des longues négociations interpartisanes qui ont suivi les élections législatives du 4 mars il avait décidé de confier la formation d’un gouvernement à Giuseppe Conte, sur lequel avaient fini par s’entendre d’une part la coalition menée par la Ligue et Force Italie qui avait gagné dans le Nord (avec un score national de 37%) et d’autre part le mouvement Cinq Etoiles qui avait gagné dans le Sud (avec un score national de 32%), sans majorité nationale l’un ou l’autre mais défaisant ensemble (lui laissant un score national de 23%) la coalition du gouvernement sorti fin décembre. Le président Mattarella a donc nommé Conte premier ministre le 23 mai.


Entre parenthèses, le cataclysme politique révélé par ces élections est la victoire relative du mouvement protestataire populaire Cinq Etoiles qui a obtenu deux fois plus de votes que la Ligue, deux fois plus de votes que Force Italie, plus de votes que les deux ensemble et presqu’autant de votes que la coalition regroupée autour des deux. Avec, aussi, presque deux fois plus d’électeurs que le Parti Démocrate sortant, le mouvement populaire prônant l’auto-gouvernement démocratique sans partidocratie (et exigeant la virginité pénale des politiciens), la décroissance économique durable en douceur et l’interruption de l’invasion mahométane est clairement devenu la première force politique du pays, pas encore majoritaire dans l’absolu (mais déjà à un tiers de l’électorat) mais obligeant les partidocrates à des alliances de circonstance ou au retour à la vie civile.


Mais le premier ministre Giuseppe Conte a proposé comme ministre de l’économie le professeur Paolo Savona, connu pour, d’une part, son soutien aux demandes d’écoute et d’explication adressées par les peuples à la Commission Européenne, et d’autre part et surtout son exigence d’une véritable politique de l’euro sur la scène internationale (refusée par l’Allemagne), notamment face au dollar auquel la Banque Centrale Européenne le soumet. L’eurocratie dollarodule a donc immédiatement accusé Savona de vouloir rétablir la souveraineté monétaire de l’Italie en sortant l’Italie de l’euro (ce qu’il n’a jamais préconisé) et a prohibé qu’il soit nommé ministre, aussi Mattarella a refusé sa nomination et Conte, comprenant que le président n’était pas indépendant et que l’Italie n’avait même plus la souveraineté de choisir ses ministres, a démissionné avant-hier 27 mai. Pour l’anecdote, l’économiste Savona se dit maintenant victime de diffamation de la part des politiciens uniopéens qui pour disqualifier Conte attribuent à Savona des sentiments europhobes qu’il n’a jamais professés. On remarquera d’ailleurs que le programme qu’il aurait été chargé d’appliquer prévoyait de doter la BCE d’un statut et de pouvoirs comparables à ceux des principales banques centrales du monde (point 29 alinéa b du contrat de gouvernement).


About the author / 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris. Ex-DGSE.

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