Jo tinc por

Par Stratediplo, le 30 août 2017

Le Colonel

 

 

La manifestation du 26 août à Barcelone ressemble à un déni du terrorisme, un déni de la réalité.

 

 

© Logo by Pierre Duriot

 

Jo si que tinc por. Ce samedi 26 août a été organisée à Barcelone une manifestation d’annotation des événements du 17 août.
 
Il est difficile de qualifier cette manifestation de rue, convoquée, organisée et récupérée essentiellement par l’ultra-gauche séparatiste anarchiste islamophile catalane, qui a en tout cas rassemblé des centaines de milliers de personnes, mais aussi des personnalités aussi politiquement dissemblables que le maire de Barcelone, le président du gouvernement de Catalogne, le premier ministre espagnol et le roi d’Espagne.
 
Il ne s’agissait pas vraiment de réagir aux événements, puisque les réactions spontanées, de tristesse, de deuil ou de colère impuissante, côté population, et d’accusations réciproques, côté autorités, s’étaient déjà exprimées dans les jours suivant ces événements. Il ne s’agissait pas non plus de prendre en compte les événements, puisqu’aucune décision correctrice concrète ne pouvait sortir, et n’est sortie, d’un tel spectacle à vocation médiatique et à participation massive. Il ne s’agissait pas plus de réclamer la sécurité, puisque les autorités chargées d’y pourvoir étaient elles-mêmes au premier rang dans la rue, ni de demander justice, puisque le commanditaire bien connu n’a même pas été nommé par les manifestants.
 
Concrètement, le seul message délivré par ces foules immenses et ces autorités suprêmes à l’attention des médias du monde entier, c’est qu’on a pris note de ces événement, et que personne n’a peur. Or le but même du terrorisme est d’inspirer la terreur, autrement dit la peur. En clamant que les massacres destinés à les terroriser n’ont pas encore suffi à les effrayer, ces foules et ces autorités invitent le commanditaire à augmenter sa pression. Car ce commanditaire, dont le nom même signifie soumission, a clairement écrit dans ses textes fondateurs, dont la diffusion écrite et l’enseignement oral hebdomadaire sont autorisés en Espagne, par quels principes il entend se répandre et s’imposer. Les méthodes peuvent suivre l’évolution séculaire des techniques du monde pas encore soumis, mais les principes ont été appliqués avec constance, sans discontinuité, pendant près d’un millénaire et demi.
 
Certaines religions se répandent par la raison, donc le discours rationnel et l’invitation à la réflexion. D’autres religions se répandent par la proclamation de l’amour, soit entre humains soit de Dieu envers l’Homme. D’autres encore se répandent par la peur du châtiment divin, c’est-à-dire de la punition dans une autre vie par un Dieu juste ou vengeur, ou alors par la promesse d’une justice divice, c’est-à-dire de la récompense dans une autre vie des injustices subies en ce monde. Des idéologies matérialistes, niant l’existence d’un Dieu ou du moins la possibilité d’une relation avec celui-ci (la religion), invitent à la bonne conduite entre humains comme garantie du bien de tous, tandis que d’autres idéologies prônent l’exploitation d’une partie de l’humanité par ceux qui pourraient y parvenir. Certaines idéologies ont promis le bien-être matériel par le partage forcé d’un trésor détenu par peu, tandis que d’autres l’ont promis par la consommation irréversible et exterminatrice de l’univers vivant comme de l’inerte.
 
Cette idéologie de la soumission, pour sa part, a toujours annoncé sa vocation à absorber toute l’humanité, réduite à la partie qui accepte cette absorption. Depuis son origine, l’élimination violente des réfractaires contribue à la soumission des assimilables, et l’exercice de la violence par les assimilables (sur les réfractaires) démontre leur soumission. En termes religieux le sacrifice des réfractaires, accompagné de la prononciation de la formule dédiée de louange de ce Dieu plus assoiffé de sang que Quetzalcoatl, est un moyen de purification et de salut pour les exécuteurs. En termes sociaux le sacrifice des réfractaires est un moyen d’une part de nettoyage de la société et d’autre part d’intimidation des assimilables. Ces deux fonctions sont distinctes bien que souvent non distinguées par le spectateur extérieur et la presse confusive. Quand un « dérangé mental », selon la terminologie actuelle, exécute très rationnellement des « infidèles » à l’idéologie à laquelle ils n’accordent ni foi ni fidélité, il nettoie la société d’un certain nombre de réfractaires, en plus de gagner à titre personnel quelques points de paradis s’il n’oublie pas de prononcer la formule consacrée (bismillah). Quand un « djihadiste », selon la terminologie actuelle, exécute un acte de terrorisme, il intimide (au sens propre étymologique) un certain nombre d’assimilables, survivants bien entendu. L’acte d’élimination de réfractaires en vue de la réduction du domaine insoumis ou dar-al-harb est d’autant plus efficace qu’il est ciblé, l’acte de terrorisation ou de propagation de l’islamophobie en vue de la soumission est d’autant plus efficace qu’il est aléatoire.

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris. Ex-DGSE.

8 thoughts to “Jo tinc por”

  1. Je n’ai plus même un exemplaire sous la main ! J’ai tout laissé à Lerida, aux amis de divers « corps constitués » …
    Pour le contact, je vous invite à me « rejoindre » sur FB, « Bois Delariviere » …

  2. Cataluña Hispana : n’hésitez pas à indiquer où, précisément, j’ai « copié-collé » les arguties de la Generalitat, dont j’expose d’ailleurs sans concession les choix de politique extérieure (misorusse et islamophile), le discours hypocrite (sur le referendum et sur les garanties), et l’irresponsabilité démocratique. Mon exposé n’est pas une argumentation pour ou contre la sécession, débat d’ailleurs dépassé puisqu’on est maintenant devant des faits, raison pour laquelle une synthèse prospective du processus était nécessaire pour présenter les étapes prochaines et préparer le décideur français aux décisions qu’il devra peut-être bientôt prendre dans l’urgence. Votre préférence « perso » est aussi peu pertinente que la mienne car ce qu’on voit maintenant ne sont plus des débats mais des actes, ceux que j’ai annoncés il y a quelques semaines. Quant à la préface, puisque vous n’êtes pas surpris que j’aie pu dénicher un (peut-être le seul) diplomate serbe prêt à introduire une étude qui cite l’avis 2010/25 de la Cour Internationale de Justice, je précise simplement que je ne connais pas beaucoup d’anciens ambassadeurs en France d’un territoire qui a fait sécession d’une province qui venait de faire elle-même sécession d’un Etat plus grand (il aurait pu d’ailleurs en écrire beaucoup plus). Je répondrai publiquement à vos autres critiques publiques mais je vous invite à approfondir la discussion par email, à l’adresse indiquée en page « du même auteur », ou chez Online.fr.

  3. Simple ! Votre argumentation est « copiée-collée » de celle de la Generalitat ! Démonstrations identiques, arguties similaires par parallélisme … Puis, cette présentation par un serbe … Vénézuela et Serbie sont 2 soutiens inconditionnels de l’indépendance catalane.
    Pour votre info, la Generalitat a abaissé il y a quelques jours le taux de participation au « référendum » à 30% pour lui reconnaître une valeur juridique. L’ambiance est lourde, l’octroi de la nationalité catalane aux clandés résidant depuis 2 ans déplait à l’ancien centre droit de la CiU resté modéré (et patrons de la « patronale » locale), etc.
    Perso, je suis favorable à ce que Madrid organise un référendum régional ouvert aux Catalans « patronés » locaux ou ceux vivant à l’étranger justifiant d’une résidence en Catalogne. Ce référendum sera perdu par les nationalistes, la conséquence pouvant être le retrait de la vague ERC + CUP (héritiers pour certains de la FAI) et le retour de modérés. Prenons l’apéro, le sujet est vaste !

  4. Cette analyse confirme mon analyse ethnologique commencée en 86 et qui ne fait que se confirmer par la succession des actualités.

  5. Acheté et donc lu le bouquin de « Stratediplo », lus les différents « papiers » signés « Stratediplo » : combien la Generalitat, l’ANC et JxSi ont-ils payé pour une telle production ?
    À suivre …

  6. Dans un autre contexte .De Lattre était croyant …Lors de la capitulation de Strasbourg, De Lattre faisant une génuflexion devant le Cardinal…Le tout rapporté par Jean Larteguy : » Un numéro de grande putes » !
    je veux bien croire en des forces incertaines, mai souvent les religions ont été employées pour soumettre ceux qui croyaient …..Je veux bien ..Mais trop de guerres pour les religions, Torquemada etc……

  7. Nous n’avons même pas peur (comme le disent si bien les enfants Maternelle petite section lorsqu’ils se castagnent sec à la récré).
    Seulement ceux qui avancent une telle ineptie face à un acte de barbarie inqualifiable, ont PEUR de désigner l’ENNEMI qui n’est autre que l’état islamique !

Les commentaires sont clos.