Jolie progression de la police politique

Hashtable, le 01 février 2016

« Au vu de ce qui se passe tous les jours, au vu de cette consternante affaire d’Avignon, et alors que tout se met en place pour une extension invraisemblable d’un état d’urgence que plus rien ne justifie réellement, comment douter du chemin que prend l’État français ? » //h16

Parfois, en lisant certaines nouvelles, on croit rêver. On sait que la France n’est plus gouvernée mais poussée au gré des pulsions de dirigeants inconséquents. On sait qu’elle s’enfonce résolument, volontairement, dans une parodie de démocratie. On sait que chaque jour qui passe donne de nouvelles armes à un autoritarisme, à une pensée unique qui ne dit pas son nom. Mais même alors, on arrive à être surpris de la vitesse à laquelle elle court à sa perte.

Bien sûr, on a bien compris que le fascisme, celui qui sent bon le cuir neuf de bottes militaires, ne s’installera pas en France. Tant de bonnes consciences veillent que c’en est impossible, voyons. Ou disons, pas tout de suite. Il faudra des étapes, progressives.

Mais parfois, les soubresauts de l’actualité donnent une impression d’accélération subite, dans la mauvaise direction.

Prenez le cas de Bernard Mezzadri, professeur de grec et de latin et maître de conférences à l’université d’Avignon et des pays de Vaucluse (UAPV) ; par un e-mail interne, il apprend que son établissement va bientôt recevoir le Premier ministre, Manuel Valls. En réponse, il poste sur le forum interne des enseignants-chercheurs et des personnels de l’UAPV une petite remarque narquoise :

« J’espère qu’en cette grande occasion la délégation de l’UAPV comptera suffisamment de « blancos » (et pas trop de basanés), afin de ne pas donner une trop mauvaise image de notre établissement.
Et s’il faut vraiment serrer la main du chasseur de Roms (qui naguère prônait la livraison des résistants basques aux tortionnaires franquistes), il existe des anti-émétiques moins dangereux que le Motilium…»

En faisant ainsi référence à des « blancos », le maître de conférences fait un rappel — pas très fin, convenons-en — d’une saillie du Premier ministre, alors maire d’Evry, qui avait tenu des propos similaires en 2009 sur un marché de la cité :

« Belle image de la ville d’Évry. Tu me mets quelques Blancs, quelques « whites », quelques « blancos »…»

Autrement dit, Mezzadri voulait essentiellement rappeler la petite phrase soufrée du maire devenu Premier ministre et insister sur le caractère ambigu de son comportement et de ses opinions.

Nous sommes en France, patrie des Droits de l’Homme, de la Liberté d’Expression et apparemment de la délation : une telle phrase, dans un e-mail à caractère restreint, ne pouvait laisser de marbre l’administration du maître de conférences. Plainte fut donc promptement posée pour outrage à personne dépositaire de l’autorité publique, et Emmanuel Ethis, alors président de la fac en question, se chargera d’informer le procureur de la République.

Procès il y a donc eu : ce mercredi 27 janvier, une amende de 2 000 euros avec sursis a été requise contre Bernard Mezzadri. En outre, le réquisitoire du procureur laisse plus que pantois. Pour Bernard Marchal, l’affaire est claire : bien au-delà d’un crime de lèse Premier-ministre, tout ceci est bel et bien du racisme :

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