La Catalogne endure la répression pour différer la confrontation

Par , le 20 septembre 2017

Le Colonel

 

 

Vers un nouvel Etat en Europe ou vers une guerre civile ? 

 

 

© Logo by Pierre Duriot

 

Le 5 septembre il a subitement annulé, en Catalogne, les congés de mutation de la Garde Civile (gendarmerie), dont les mutés de l’année sont habituellement libérés de leur ancienne affectation le 11 septembre et attendus dans leur nouvelle le 11 octobre. Pour s’éviter un sous-effectif temporaire de deux cents agents le gouvernement a ainsi mis en difficulté soudaine deux cents familles, dont la plupart avaient déjà quitté leur logement fin août laissant le mari (généralement) en « célibataire géographique » pour une semaine… qui va donc se poursuivre plus d’un mois, à leurs frais puisque la direction de la Garde Civile a, de plus, précisé que ce serait sans indemnités. Au-delà du déménagement, c’est la rentrée scolaire de ces familles dans leur nouvelle garnison qui est perturbée. Il n’y a pas de syndicats dans ce corps mais une grogne massive a enflammé les réseaux sociaux. La date du 1er octobre étant connue depuis le 9 juin, cette improvisation sans préavis est significative de la dangereuse indécision gouvernementale.

A partir du 6 septembre la Garde Civile, sur ordre du parquet, a démarré une campagne de perquisitions dans les imprimeries. Au début le principal résultat a été la frustration des imprimeurs, puis au bout d’une semaine, enhardie par la passivité de la police catalane, elle a trouvé et confisqué un million et demi de prospectus et d’affiches en faveur du referendum, mais toujours pas les bulletins de vote (ni les urnes), dont la saisie serait plus importante. Elle perquisitionne aussi les bureaux de poste. L’Etat espagnol a aussi fait fermer le site internet du referendum, immédiatement remplacé par des sites-miroirs préparés à l’avance selon les conseils de Julian Assange, qui annonce sans ambages que le 2 octobre il y aura en Europe ou un nouvel Etat ou une guerre civile. Le gouvernement a aussi fait admonester les maires de Catalogne par le tribunal constitutionnel, en les avertissant que collaborer à l’organisation du referendum serait commettre un délit, ce qui n’a pas empêché de l’ordre de 700 municipalités sur 950 de s’engager auprès du gouvernement catalan à organiser localement le scrutin. Le gouvernement espagnol a alors fait convoquer ces maires devant le parquet (pour cette semaine) pour mise en examen, une minorité d’extrême-gauche déclare qu’elle ne se rendra pas aux convocations mais la très grande majorité obéit à la directive du gouvernement catalan de s’y présenter. Un groupe de députés européens (en majorité non catalans) a sonné l’alarme au sein du parlement européen et a présenté le cas à la commission européenne, essentiellement au motif d’une répression de masse envers des centaines d’élus d’un pays membre, et accessoirement au cas où un maire catalan également député européen (sauf erreur il n’y en a qu’un) serait inculpé ou arrêté sans avoir préalablement fait l’objet d’une demande de levée d’immunité auprès du parlement européen. Samedi 16 septembre, 700 maires catalans, soutenus par leurs électeurs, ont manifesté dans la rue contre la répression.

Dans les jours qui viennent on connaîtra les intentions du parquet, vraisemblablement tenter d’intimider les maires reçus un par un, puisqu’en cas d’arrestation de quelques-uns les suivants ne se présenteraient pas… et l’insurrection serait garantie. Depuis le 20 juillet il est clairement établi que la Garde Civile, et donc à plus forte raison la police nationale, ne peut pas entrer dans les enceintes du gouvernement et du parlement catalans (pourtant alors non protégés) sans invitation, en armes ou à visage masqué. Une protection de ces emprises a certainement été mise en place depuis lors, aussi seule une opération de type militaire pourrait permettre d’en prendre le contrôle. Mais il est vraisemblable aussi que dans les jours précédant le referendum une protection des mairies, sinon de tous les bureaux de vote, sera mise en place par la police catalane, et peut-être par la police barcelonaise dans la capitale si le maire de Barcelone ne retourne pas casaque une fois de plus.

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Coup d’État en Catalogne : la Guardia Civil prend d’assaut le gouvernement catalan

 

 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.

One thought to “La Catalogne endure la répression pour différer la confrontation”

  1. la Catalogne ne devient-elle pas un nouveau ( une nouvelle):
    Brésil
    Vénézuela
    Hongrie
    Pologne
    Kiev
    Crimée
    et quelques autres lieux à venir .
    regardez d’où sont parties les premières contestations et vous aurez la réponse

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