La crise des réfugiés n’en est qu’à ses débuts

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Au moment où je publiais cet article, l’Allemagne annonçait le rétablissement des contrôles aux frontières avec l’Autriche. Après avoir réclamé 800.000 réfugiés cette année, Merkel fait un nouveau revirement! L’Europe de Schengen meurt sous nos yeux.

Le duo Merkel-Hollande pensait avoir réglé la question des réfugiés en tordant le bras à l’Union avec sa politique de quotas imposés. En réalité, le sujet n’en est probablement qu’à ses débuts: l’appel d’air de l’Allemagne avec ses 800.000 réfugiés attendus donne un essor impressionnant au mouvement migratoire qui provoque des tensions grandissantes sur le continent.

Merkel appelle les réfugiés en Allemagne

En publiant urbi et orbi le chiffre de 800.000 réfugiés attendus cette année, Mutti Merkel a évidemment donné une ampleur maximale à un mouvement déjà sur une pente fortement ascendante. Rappelons qu’on estime fin août que 430.000 réfugiés ont traversé la Méditerranée en huit mois. En affichant le chiffre de 800.000 réfugiés dans l’année pour la seule Allemagne, Merkel a donc tout simplement appelé unilatéralement à une amplification du phénomène, dont, rappelons-le, la Grèce, la Macédoine et la Hongrie sont les pays de frontline. Pour tenir l’objectif affiché par l’Allemagne, il faudrait donc doubler le rythme d’arrivées connu au premier semestre!

Assez curieusement, la même Merkel demandait la même semaine des efforts à la Grèce et à la Turquie pour le contrôle de leurs frontières:

« La Grèce doit aussi prendre ses responsabilités » dans la protection des frontières extérieures de l’UE qui n’est « actuellement pas assurée », a estimé la dirigeante lors d’un congrès de son parti conservateur, l’Union chrétienne-démocrate (CDU) consacré au numérique, à Berlin.

Les Grecs sont vraiment les têtes de Turcs des Allemands!

Merkel trie les réfugiés sans aucun scrupule

Lors de cette réunion de la CDU, Angela Merkel a par ailleurs fait toute la lumière sur la politique migratoire allemande:

Elle a en outre réaffirmé que seuls les migrants qui ont besoin d’une protection, car ils fuient la guerre ou les persécutions par exemple, pourraient rester en Allemagne.

« Celui qui en revanche n’a pas besoin de protection, celui qui vient pour des raisons économiques –aussi compréhensibles soient-elles– ne peut pas avoir de perspectives de rester chez nous », a souligné la chancelière. « Et nous devons le dire clairement sinon nous ne pouvons pas apporter la protection nécessaire à ceux qui en ont besoin ».

Sans les nommer explicitement, Angela Merkel faisait allusion aux nombreux demandeurs d’asile venus des pays des Balkans.

Troquer des Balkaniques contres des Syriens, c’est pas beau! mais ça s’explique.

« Pourquoi est-ce que tout le monde ne veut que des Syriens ? Moi, je peux vous le dire car j’ai vécu cinq semaines avec eux : ce sont des gens comme nous, j’ai rencontré des avocats, des médecins, des dentistes, ils sont souvent éduqués, souvent ils ont de l’argent, ils arrivent après un parcours bref, en pleine capacité de leurs moyens »

Les grands perdants de ce marché aux réfugiés sont les Afghans…:

« les Afghans qui ont déjà subi quatre mois d’humiliations (pour arriver jusque-là, ndlr) et qui sont d’une culture très éloignée de la nôtre », s’aggrave durant leur séjour à Lesbos, selon elle. Il s’y développe des « maladies de la faim » ou des épidémies de gale, et « certains vont repartir encore plus fragilisés en Europe du Nord »

… et les ressortissants des Balkans qui représentent aujourd’hui 40% des demandes d’asile. On ne devrait pas tarder à assister à un mouvement croisé sur les routes d’Europe centrale: les Syriens allant vers le Nord et les Roms et autres tribus de la zone redescendant vers le sud.

 

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