La Droite réduite…sans les acquêts

Régis Ollivier, le 05 juillet 2017

Le Colonel

 

 

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Lire du Bruno Roger-Petit m’est, en général, insupportable. Je me suis néanmoins arrêté sur son dernier billet que je vous propose aujourd’hui en lecture car il décrit, à mon sens, l’exacte situation de ce que représente aujourd’hui celle qu’on appelle couramment la droite la plus bête du monde. 

Sous le titre Comment la droite la plus bête du monde est devenue la plus ridicule, il brosse un tableau ironique mais ô combien réel de la situation du parti Les Républicains. 

« Incapables de trouver le bon ton et les bons moyens de s’opposer à Macron, Les Républicains sont en train de se déchirer jusqu’à en devenir ridicules. Et laissent un boulevard à Mélenchon. Une situation qui n’est pas saine. »

C’est à croire que chez LR il n’y a plus d’élites. Soit elles se sont délitées, soit elles sont mortes, politiquement parlant. Par ailleurs, certains « poids lourds » du parti, et pas forcément les plus stupides d’ailleurs, même si fortement opportunistes, ont senti le vent tourner. Et, par l’odeur alléchés, s’en sont allés renifler le trou du cul d’Emmanuel Macron (qu’il me pardonne ce cliché politiquement incorrect). Ceux-ci, après avoir y avoir gouté, ont trouvé que « la soupe » était bonne et sont restés. L’argent a parfois une odeur de merde, c’est bien connu. Pour d’autres, il n’a pas d’odeur. Et il faut bien assurer les fins de mois devenus difficiles. Faut-il pour autant leur jeter la pierre ? Sont-ce eux les plus stupides ? C’est à voir.

En attendant, et comme le pointe très justement Bruno Roger-Petit, Mélenchon fait son show, ou plutôt sa révolution :

« … pendant ce temps-là, Jean-Luc Mélenchon s’amuse sur BFMTV de Christian Jacob: « Il fait un discours méchant comme une gale. Il tape, il tape, il tape monsieur le Premier ministre. Et à la fin, tchouf, les trois-quarts du groupe s’abstient, dont lui. Qu’est-ce que c’est une opposition qui s’abstient au moment où on vote la confiance? » Et il a bien raison de rire, Mélenchon, qui est en passe de conquérir le monopole de l’opposition en ces premiers mois de pouvoir macronien…

Car Mélenchon, lui, connait ses classiques. Face à une réplique politique de type 1958, il n’y a pas 36 solutions possibles. Le vainqueur de demain, ou d’après-demain, sera celui qui, le premier posera les jalons d’une opposition inconditionnelle. Oui, inconditionnelle. Totale. Absolue. Déterminée. Résolue. Observons Mélenchon, qui fait son Mitterrand le petit. Comme le rebelle au retour du général porté par le coup du 13 mai 58, Mélenchon ne cesse de parler de « coup de force » dès qu’il évoque la praxis gouvernementale Macron. Le congrès? « Coup de force ». Une session extraordinaire? « Coup de force ». L’ordonnance pour réformer le code du travail? « Coup de force ». Soit le mot qu’usa Mitterrand, durant des années, pour qualifier le retour au pouvoir du général. « On n’en a pour vingt ans » avait dit Mitterrand une nuit de juin 58, regagnant sa Nièvre. Il en avait donc tiré la conclusion qu’il fallait être le premier des opposants à la droite de l’époque. Sans attendre. Et sans réserve. Mélenchon a fait ce choix. »

Tandis que la droite (forte) continue de se déliter : 

« Sur Europe 1, ce mercredi matin, Laurent Wauquiez  parlait « d’opposition ouverte ». Erreur fatale. L’homme qui veut être président de la République se laisse enferme dans le piège tendu par Emmanuel Macron. Sans doute se dit-il que ses électeurs, séduits par le couple exécutif, ne seraient pas contents de le voir tomber dans l’opposition inconditionnelle. Nos électeurs sont modérés, soyons modérés… Un choix stratégique pas vraiment prescripteur de victoires électorales futures… 

Laurent Wauquiez a-t-il mal lu les résultats du second tour des élections législatives, qui disent que l’électorat de la droite est bien moins fracturé que ses représentants élus? La droite a résisté mieux que prévu le 18 juin dernier, évitant la pelle promise le 11 juin précédent. Electoralement, la droite est encore forte, en tout état de cause, capable de se reconstruire plus vite que ses propres leaders semblent le penser. Ne pas en tirer les leçons dès maintenant, c’est préparer la réélection d’Emmanuel Macron en 2022. »

L’art et la manière de mépriser l’électorat, les militants, les adhérents et les sympathisants. Il en reste et j’en suis. Tout en étant quelque part « En Marche ». Car pour l’instant, qu’on le veuille ou pas, c’est bien Emmanuel Macron qui tire la France vers le haut. Là où tous les autres sont en train de couler. Tandis qu’émerge une organisation en train de se structurer et qui constitue d’ores et déjà une grande menace pour la République Française. La France Insoumise du triste sire Mélenchon. Après lui le déluge. Le FN ? Des enfants de choeur à coté de ce que nous réserve LFI et son tribun rouge.

Alors, nous tous, de droite, nous désespérons de trouver l’homme providentiel qui aura cinq ans pour se préparer à affronter Jupiter en 2022.

« La solution est pourtant évidente. A portée de mains, pour qui possède un peu de flair et connait son histoire politique. »

« Ce rôle ingrat, dans un premier temps solitaire, qui impose une traversée du désert, commande de disposer d’une volonté de fer, ce n’est pas à la portée des bébés Sarkozy, gavés d’entrée de jeu de titres et d’honneurs qui ne les ont pas prédisposés à une guerre de longue haleine… Mais alors qui? Qui sera le Mitterrand de la droite 2017 qui vit son mai 58 à l’envers? Qui écrira contre Macron le Coup d’éclat permanent? Qui saura se souvenir que « l’on ne peut rien contre la volonté d’un homme »? Droite cherche homme providentiel, désespérément… »

 

Les textes en italiques sont de Bruno Roger-Petit

 

Retrouvez l’intégralité de ce billet sur Challenges et c’est ici

 

 

 

 

 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris. Ex-DGSE.