La face cachée de l’intervention française au Mali

18 février 2016 Non Par Régis Ollivier

Le 17 février 2016, par MaliActu.net

 

 

La face cachée de l’intervention française au Mali. D’emblée, le ton est donné. La confiance règne entre Bamako et Paris… //RO

Plus de trois ans après le déclenchement de l’opération Serval au Mali la présence militaire française dans notre pays peut toujours se justifier. Cependant, elle est de plus en plus entourée de zones d’ombre qu’il convient d’éclaircir.

En déployant dans l’urgence, début 2013, l’opération Serval au Mali contre les terroristes qui tentaient une conquête de la partie du pays qui échappait à leur contrôle, les motivations de la France ne souffraient d’aucune ambiguïté à cette époque. Du moins, durant les premiers jours. Car depuis l’arrivée des forces françaises à Kidal, le flou a commencé à s’installer.

De Serval à Barkhane, une mutation d’un genre particulier

Pour donner un environnement juridique plus confortable à la présence militaire française au Mali qui était appelée à se prolonger dans la durée, le tout frais président IBK avait demandé en octobre 2013 à la France, la signature d’un traité de coopération en matière de défense. C’est le pays de « Papa Hollande » qui s’est chargé de la rédaction d’un traité « standard » en la matière, copié sur le même modèle d’accords que d’autres pays africains ont conclu avec la France. A une exception près.

Signé le 16 juillet 2014 à Bamako par les ministres de la défense de la France et du Mali, ce traité a servi de cadre pour le lancement de l’opération Barkhane qui couvre tout le Sahel. S’il abroge l’accord de coopération militaire technique du 6 mai 1985, il ne met cependant pas un terme à la convention sous forme d’échange de lettres qui encadrait Serval. D’où la question : L’opération Barkhane peut-elle avoir d’autres visées que la lutte contre les terroristes ?

Certainement. Car, que d’avantages pour la France et ses forces en cumulant les deux statuts.

Dès le départ, les français ont été prévoyants en prenant soin de ne mentionner nulle part « Serval » dans l’accord sous forme d’échange de lettres des 7 et 8 mars 2013. Cette entente offrait de multiples facilités à la France et ses détachements engagés en territoire malien.

Exonérations de taxe, utilisation sans restrictions des voies terrestres et l’espace aérien malien, construction d’installations militaires sans autorisation préalable du Mali, immunité pour le personnel français, responsabilité du Mali en cas d’actions en justice contre la partie française et la prise en charge par notre pays des dommages causés par celle-ci sont, entre autres, avantages contenus dans l’accord sous forme d’échange de lettres.

Intervenu dans un contexte délicat pour le Mali, ses dispositions  continuent à s’appliquer à Barkhane et au-delà, le cas échéant, à d’autres opérations au Mali si la présente devait évoluer à nouveau.

L’intervention française renferme, par ailleurs, une dimension économique rarement évoquée.

Grace à son intervention militaire, la France préserve son statut de partenaire privilégié du Mali. Depuis 2013, les contrats pour les sociétés françaises ont explosés. Dans le domaine militaire, la France ne manquera pas de renflouer son économie grâce aux contrats d’équipements militaires que pourrait engendrer cette ère nouvelle dans la coopération entre nos deux Etats. Cette dimension économique a déjà été étudiée par la France.

 

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Photo de Une : Les soldats français accueillis en libérateurs en mars 2013 au Nord du Mali (Pascal Gyot/AP/SIPA)