La France entraîne l’Allemagne dans la lutte antiterroriste au Sahel

Sébastien Hervieu, le 02 août 2017

Courrier International

 

 

La question qui se pose est la suivante : est-ce que l’Allemagne suivra (ôtez-moi d’un doute) ou bien prendra t-elle le leadership du G5Sahel ? Grosso mode, ne va t-on pas se faire enfumer par Berlin ? #JDCJDR

 

 

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En visite éclair dans le Sahel, la ministre française des Armées a annoncé la tenue d’une conférence des donateurs pour financer la nouvelle force de lutte antiterroriste. La presse de la région salue les efforts déployés par la France – sans être dupe des arrière-pensées tricolores.

“Emmanuel Macron, depuis son arrivée à l’Élysée, semble avoir mis un point d’honneur à casser du djihadiste et du trafiquant dans le Sahel africain”, salue Le Pays qui rappelle qu’“après s’y être rendu en personne pour doper le moral des soldats français de l’opération Barkhane [qui vise à lutter contre les groupes armés djihadistes], le président français a pesé de tout son poids pour la mise en place de la force du G5 Sahel [Mauritanie, Tchad, Niger, Burkina Faso, Mali]. Mieux, il s’est engagé fermement à appuyer cette force en termes d’équipement et de formation.”

C’est pour poursuivre cet objectif que la ministre française des Armées, Florence Parly, a fait une tournée éclair au Tchad, au Niger et au Mali du 31 juillet au 1er août. Une “visite de baptême du feu sous des feux nourris au Nord-Mali”,résume le journal burkinabé, alors que de violents affrontements avaient de nouveau lieu dans la région de Kidal, au Mali.

Et cette fois-ci, la France n’est plus seule, souligne Le Djély, puisque Florence Parly a été rejointe à Gao et Bamako par son homologue allemande, Ursula von der Leyen. “Jadis très discrète sur le front de son engagement en Afrique, l’Allemagne émerge de plus en plus comme un acteur majeur de la géopolitique africaine, d’abord justifiée par la problématique migratoire qui la concerne en premier lieu”, note la publication guinéenne.

Un défi pour les pays africains

Emmanuel Macron reste cependant à la manœuvre : “redoutant l’enlisement et le coût sans cesse prohibitif de son intervention dans le Sahel, la France a convaincu son voisin de l’y rejoindre”. Depuis Conakry, Le Djély explique que cette mission franco-allemande n’est pas dénuée d’“arrière-pensées” :

Naturellement, il y a un désir authentique d’éradiquer le péril terroriste. Mais il y a surtout une forme de lassitude qui ne cesse de gagner aussi bien les troupes que la hiérarchie dans les deux pays. D’une part, l’interventionnisme dans le Sahel se traduit par de nombreuses victimes parmi les soldats européens […]. D’autre part, le maintien des troupes dans le désert sahélien constitue une charge de plus en plus difficile à supporter.”

Aujourd’hui au Faso rappelle que “le surcoût causé par Barkhane aux contribuables français est de 500 millions d’euros par an, ce n’est pas rien, surtout par ces temps de marasme économique”.

Pour financer la nouvelle force du G5, l’Union européenne a déjà promis 50 millions d’euros, auxquels doivent s’ajouter 50 millions de contributions des cinq États sahéliens. Le coût total de fonctionnement est toutefois estimé à 420 millions d’euros.

 

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Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris. Ex-DGSE.