La France envoie deux soldats pour lutter contre Boko Haram

Par Alexandre Vella, mars 20, 2015

Vice France

Ne souriez pas! Ce n’est pas la quantité qui compte, mais la qualité… //RO

Photo via l'État major des armées/Armée de Terre
Photo via l’État major des armées/Armée de Terre

 

Deux officiers des Forces armées françaises devaient arriver ce jeudi dans la ville de Maroua, dans l’Extrême-Nord du Cameroun, à quelques kilomètres du QG supposé du chef de la secte islamiste.

Ce mouvement de gradés pourrait annoncer la tenue d’une bataille décisive contre les djihadistes de Boko Haram qui sévissent autour du lac Tchad depuis 2009, et dont le territoire s’est réduit ces dernières semaines comme peau de chagrin.

Le 17 mars, dans des propos rapportés par l’AFP, le porte-parole de la Sécurité nationale du Nigeria a annoncé être prêt, une fois de plus, à lancer « l’assaut final » contre les positions de Boko Haram. L’officiel a expliqué que le territoire du groupe terroriste — connu pour ses kidnappings de jeunes filles et ses meurtres en masse dans le nord-est du Nigéria — se limite désormais à trois localités : Abadam, Kala-Balge et Gwoza, toutes situées dans l’État nigérian de Borno, une zone qui court le long du lac Tchad, de la frontière du Niger jusqu’à celle du Cameroun.

D’un assaut final à une victoire finale, il n’y a qu’un pas que Michel Asencio, ancien général de corps d’armée aérien et ex-conseiller du ministère de la Défense, ne veut pas franchir. Il nous explique : « C’est ce que l’on appelle « l’effet mercure ». Ils disparaîtront dans la population, pour réapparaître 50 km plus loin. »

Les victoires militaires récentes contre la secte sont le fruit des opérations coordonnées des forces armées du Niger, du Tchad, du Nigeria et du Cameroun, lancées en février. Le groupe islamiste, qui a récemment prêté allégeance à l’organisation État islamique, a essuyé plusieurs défaites et s’est retiré de plusieurs villes et villages. La semaine dernière, ils ont été chassés du village de Ndaba (Nigeria) par les militaires camerounais et contraints de se replier dans les collines avoisinantes, distantes de 20 km du Cameroun a indiqué à AP le colonel Jacob Kodji. Le chef des djihadistes, Abubakar Shekau, pourrait s’y trouver avec les quelque 200 lycéennes nigérianes enlevées il y a près d’un an.

La ville de Maroua, elle-même située à moins de 100 km de ces collines est donc idéalement placée pour suivre l’évolution des combats. Si officiellement la France n’apporte qu’un « soutien indirect » aux forces africaines, Paris est en place à N’Djaména (capitale du Tchad, frontalière avec le Cameroun) où elle y a déployé un État-Major et 3 500 hommes dans le cadre de l’opération Barkhane.

Toutefois, neutraliser le chef de Boko Haram est une occasion qui ne se rate pas pour l’ancien général de corps d’armée aérien : « Si on les a localisés il faut frapper dur et fort. » Et la présence de deux officiers au plus près des zones de combats pourrait « aider à déterminer les modes d’actions les plus appropriés. Pourquoi pas faire passer un avion de renseignement et peut-être qu’un Rafale pourrait intervenir avec la bénédiction du Tchad et du Cameroun ? » a expliqué Asencio. Car, juridiquement, la France n’a pas d’accord pour intervenir sur le sol ou dans les airs nigérians, mais depuis que la coalition africaine est effective, leurs troupes respectives s’autorisent à poursuivre les djihadistes un peu à l’intérieur des frontières alliées.

Lire la suite sur http://www.vice.com/fr

 

 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.