La guerre du Chaos aura lieu.. Ukraine et Etat Islamique

 

Par Roland Pietrini le 22 août 2014

ATHENA – DEFENSE

 

Avec l’aimable autorisation de l’auteur que je remercie vivement. //RO

 

Sur fond de crise profonde, en Europe et partout dans le monde, quelques voix s’élèvent pour dire à quel point, nous sommes proches d’un conflit majeur impliquant l’ensemble des grandes puissances et des pays en voie de déstabilisation ou de déliquescence.

La crise ukrainienne qui est désormais celle de la confrontation Russie- Etats-Unis dans laquelle l’Europe sans âme et sans arme choisit de suivre les EU en sachant qu’elle fait une erreur, un conflit israélo-palestinien sans solution qui ne peut que s’amplifier, une déstabilisation profonde des pays de l’arc de crise du Maghreb au Moyen-Orient, un basculement d’une partie de l’Afrique en des conflits locaux ethnico-religieux, une remise en cause des valeurs traditionnelles des vieilles sociétés occidentales en perte de repères, déstabilisés par une immigration massive mal maitrisée et l’échec des intégrations, font qu’en ce début de siècle tous les voyants sont au rouge et que le spectre d’un conflit majeur sous une forme de guerre nouvelle est désormais possible.

Cette guerre que je nomme chaotique et multiforme touchera sans aucun doute les fondements même de notre culture et déplacera le curseur de nos valeurs culturelles vers un « Nouveau » qu’il est à ce jour difficile de définir.

Face au pragmatisme de l’Etat islamique en Irak (État islamique en Irak et au Levant), qui s’impose par la terreur, dont la date officielle d’auto proclamation est le dimanche 29 juin 2014, en fait, le 1er jour du mois de ramadan 1435 de l’Hégire, le chef Abou Bakr al-Baghdadi, calife dénommé Ibrahim, demande à tous les musulmans de lui faire allégeance.

Les Etats du Golfe avec les Etats-Unis, la France et la Grande Bretagne qui ont contribué à l’émergence de ce califat moyenâgeux, comprennent que leur créature échappe à leur créateur, à force de touiller la soupe du diable avec une grande cuillère celle-ci fini par brûler et disparaître dans la soupière.

Mais à l’exception de l’Iran, aucune puissance régionale ne semble vouloir véritablement combattre ce cancer dont les métastases prennent leur source en Syrie en Libye et risque de s’étendre à l’Algérie, le Maroc, la Jordanie.

Depuis 13 ans nous sommes, nous, les Occidentaux responsables d’un nombre impressionnant d’interventions militaires au Moyen-Orient, vouées à l’échec et dont les conséquences sont dramatiques. Les alliés des E.U et de la France comme les Saoudiens ou encore les Qataris, restent au mieux passifs ou au pire financent les djihadistes, puisque tout est bon pour protéger leur monceau de pétrodollars sur lesquels ils sont assis. Ils sont complices, nous sommes stupides ou lâches.

Les rédacteurs du livre blanc franchouillard peuvent se rhabiller, leur babillage sans conséquence est d’autant moins judicieux qu’ils n’ont rien vu venir et que leur vision du monde d’il y a 2 ans à peine est celle d’un aveugle dans le noir.

Alors que de la France et de l’Europe, des illuminés (plus de 2000 paraît-il ?) issus parfois de l’université vont faire la guerre en Irak et à l’occasion s’amusent à trainer des cadavres derrière leur 4×4 ou à couper la gorge de journaliste, nos banlieues sous la coupe des gangs de la drogue siestent et s’arment en silence. Nos Imans se taisent, le monde musulman pacifique ne descend pas dans la rue pour dénoncer les djihadistes mais est capable de se mobiliser contre Israël accusé de tous les maux de l’humanité.

La guerre chaotique est donc en cours est sa principale caractéristique est de laisser le citoyen dans sa propre ignorance de sa réalité, jusqu’au jour où il se réveillera, mais il sera alors trop tard. Les Hyènes seront à sa porte.

En Ukraine Poutine en spécialiste de l’ex KGB a surpris nos stratèges. L’exécution de son plan en Crimée est un modèle du genre. Infiltration de commandos formés à l’école des spetsnaz, structuration des populations favorables, mises sous tutelle des administrations et de la police, maitrise de la communication et du timing, utilisation raisonnée de la force et de la diplomatie.

Dans le Donbass de plus en plus coupé du monde, la guerre des communiqués et l’action russe se fait par petite touche, en sanctuarisant le territoire et poussant Kiev à la faute. Kiev a enregistré d’importants succès militaires mais au prix de lourdes pertes, ce sont pour ces raisons que la Russie joue désormais la carte humanitaire.

Quant aux sanctions européennes et américaines contre la Russie elles servent le pouvoir central de Poutine au lieu de le desservir, tout en affaiblissant un peu plus notre économie proche de la déflation.

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Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.