La guerre est une chose trop sérieuse pour la confier à Hollande !

Le 10 mai 2016 | POLÉMIA


 

L’Imprécateur

♦ La France a rarement eu un président et un gouvernement aussi belliqueux. Qui sait, puisque la presse du gouvernement bien dressée n’en parle pas, que des forces françaises interviennent actuellement en Libye ? Mieux vaut être discret, c’est entendu. La dramatique défaite de 2011 a certes permis l’élimination de Muhammar Kadhafi. Elle fut un succès militaire sur ce point, bien qu’obtenir le lynchage du chef ennemi n’ait rien de glorieux. Pour le reste, ce fut une catastrophe politique et diplomatique majeure. Elle a abouti à détruire un état stable qui bloquait la migration africaine vers l’Europe pour le remplacer par un foutoir innommable dominé par Al Qaïda et l’OEI (Organisation Etat Islamique).

Ces dissidents ne cachent pas qu’ils organisent et favorisent le départ vers les côtes de l’Europe méditerranéenne de centaines de milliers de migrants. Est-ce ce que voulait le gouvernement français ?

L’Italie intervient de son côté en Libye avec un intérêt économique évident : protéger les exploitations pétrolières de sa compagnie nationale, l’ENI, qui d’ailleurs fonctionnent toujours et que convoitent les troupes de l’Etat Islamique en manque d’argent du fait de ses défaites en Syrie face à l’armée syrienne soutenue par la Russie.

La Grande Bretagne et les Etats-Unis interviennent aussi, de façon très discrète, avec officiellement l’objectif d’aider à la reconstitution d’un état libyen stable, en réalité surtout pour contrer l’action des Italiens avec l’espoir de récupérer à terme les champs pétroliers qu’ils exploitent.

La France agit depuis le Tchad d’où partent ses avions, officiellement pour surveiller les dunes du Nord-Mali, en réalité pour mener des opérations de renseignement en Libye où il n’y a plus aucune couverture radar aérienne. Les avions agissent aussi en appui des forces spéciales françaises qui sont sur le terrain et ont notamment aidé les troupes du général Haftar à reprendre Benghazi et Derna. La France fournit aussi, très discrètement, des équipements et des éléments d’entrainement aux troupes libyennes.

Elle ne peut agir ouvertement, aucune des conditions nécessaires n’étant réunies faute d’accord international et de la concurrence que se livrent les différents acteurs potentiels. L’ONU veut éviter une nouvelle action OTAN, l’Italie – ex-colonisateur – a toujours de gros intérêts en Libye et essaie de constituer une alliance militaire (la LIAM) avec divers pays arabes et la Grande-Bretagne, l’Union européenne cherche surtout à bloquer l’immigration avec EU NAVFOR (connu en France comme « opération Sophia ») dont Angela Merkel a récemment vanté l’efficacité à Barak Obama.

La France a pour objectif principal de rétablir une situation stable en Libye qui permettrait un contrôle du Sud libyen, foyer et refuge de toutes sortes de milices djihadistes qui déstabilisent les pays africains de la région sahélienne sous contrôle français. Ce contrôle est militairement assuré sur 5 pays (1) par l’opération Barkhane. Grâce à l’expérience et à l’efficacité de nos armées, c’est un succès sur le plan militaire, mais qui n’est pas garanti dans le temps. Si les militaires partent, les djihadistes musulmans qu’ils combattent reviendront aussitôt depuis le Nord-Nigeria ou le Sud-Lybie sans que les armées nationales locales, pourtant en grande partie armées et entrainées par les soins de la France et de l’ONU, puisse s’y opposer, comme on l’a vu au Mali après la fin de l’opération Serval.


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Source : Minurne Résistance, d’abord la France
www.minurne.org
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Voir vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=YbiDXo5KWAk&feature=youtu.be

Correspondance Polémia – 9/05/2016

Image : Couleurs du souk © Lionel Taieb (797 photos) Février 2008

 

 

 


Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris. Ex-DGSE.

One thought to “La guerre est une chose trop sérieuse pour la confier à Hollande !”

  1. D’une part concernant Haftar, s’il n’est pas conseillé par des occidentaux, ses chances sont minimes, en 1987 c’était le colonel patron de Ouaddi doum avec des forces mécanisées très quantitatives et des moyens aériens conséquents et pourtant il fut défait et prisonnier ainsi qu’ un grand nombre de soldats Libyens, les pertes en matériels et en hommes furent extrêmement importantes en égards des effectifs de l’armée Libyenne ,cet épisode est connu sous le nom de guerre Toyota, dont Idriss Déby l’actuel Pr Tchadien était l’un des chefs militaires, donc pas de nouveau joker pour Haftar..
    Ayant vécu plusieurs années en Libye pour raisons pro, l’appréciation du pétrole aux mains de Daesh est un grand fantasme.
    En Irak et Syrie ,il y a beaucoup de pétrole de surface qui nécessite que des moyens primaires pour le raffinage et il y a aux frontières une importante demande.
    Ce n’est pas le cas en Libye ni a l’ouest ni a l’est ou les points de passage pour des camions sont extrêmement limités et très contrôlés, il n’y a pas d’oléoduc qui part en
    Sicile seulement un gazoduc, d’autre part malgré d’importants moyens de raffinage cette activité tourne au ralenti par le fait du manque de techniciens étrangers en raison de l’insécurité.
    En réalité il existe trois terminaux pétroliers Tobrouk,Bréga Ras la nouf,Zaouiah,donc blocage naval et la messe est dite, il reste a Daech la consommation intérieure c’est quand même limité, une embuche de plus, le pétrole Libyen nécessite un traitement spécial du fait qu’il est très soufré, lors des évènements de 2011 c’est Qatar Pétroléum qui est venu aider les Libyens a la gestion de leurs énergies fossiles, et je ne doute pas qu’ils soient toujours présent et par conséquent c’est pas pour le pétrole qu’il faut s’inquiéter mais sur une contagion à l’Algérie très proche.
    Amicalement

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