La lutte antiterroriste européenne. A l’épreuve des attentats

Par Pierre Berthelet, le 25 mars 2016 

Diploweb

 

Un court extrait de ce billet qui pointe une fois de plus la nécessité d’une meilleure collaboration dans le domaine du renseignement. Tout le monde reconnait que cette collaboration est défaillante mais personne ne bouge pour changer le cours des choses. Alliés mais pas amis. La guerre contre le terrorisme est une guerre mondiale et seule une mutualisation des renseignements (ça se fait déjà) permettra de faire un grand pas en avant. //RO

 

 

Cet article prend un relief singulier. Clos le 13 mars 2016 – soit avant les attentats du 22 mars 2016 – il pointe les ambiguïtés des Etats et les failles en matière d’échange de renseignement qui restent encore à colmater.

La lutte antiterroriste européenne connaît un regain d’intérêt notable depuis les attentats de Paris 2015. L’impulsion n’est certes, pas aussi importante que celle donnée au moment des attentats du 11 septembre 2001 et qui ont porté sur les fonds baptismaux l’Europe de la sécurité. Il n’empêche, le mouvement est d’ampleur et la permanence de la menace de nouvelles attaques alimente la dynamique européenne à l’œuvre.

L’objectif de cet article est de mettre en évidence le décalage entre d’une part, la perception médiatique sur la construction européenne, souvent dominée par une rhétorique encline à souligner l’impotence et l’inertie de l’Union européenne, et d’autre part, le dynamisme qui existe dans l’édification de l’Europe de la sécurité. Il est de bon ton d’affirmer l’incapacité de cette Europe à protéger, mais il est essentiel de rappeler une vérité : la sécurité relève avant tout de la compétence des États. L’Union européenne peut agir à ce sujet même si sa responsabilité reste limitée en tout état de cause. D’abord, l’Europe de la sécurité est pour l’heure en chantier et, à l’image d’un bâtiment en construction, il serait mal venu de reprocher à l’entrepreneur les défauts actuels d’isolation alors même que les fenêtres n’ont pas été posées. Ensuite et surtout, cette Europe se crée avec l’accord des États qui en dressent les orientations, mais qui en fixent aussi les limites. Le procès fait à l’Europe à cet égard est injuste politiquement et faux juridiquement : l’Union européenne dispose de moyens limités en matière de lutte antiterroriste, car les États entendent demeurer les acteurs de premier plan dans ce domaine. De surcroît, et en dépit des progrès enregistrés, la marge de manœuvre de l’Union est réduite car le droit européen empêche purement et simplement une substitution de responsabilité États membres/Union dans ce domaine.

 

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Illustration Le Colonel 2.0 : Réunion sur la lutte antiterroriste dans l’UE
radiovl.fr

 

Ancien conseiller ministériel auprès du Ministre de la Justice (Belgique). Enseignant à l’Institut d’Études politique de Lille, Pierre Berthelet est spécialisé sur les questions de sécurité intérieure européenne. Créateur du site securiteinterieure.fr, il est l’auteur du Paysage européen de la sécurité intérieure, New York, Oxford, Zurich, Vienne, PIE-Peter Lang, 2009, 573 p.

 

 

 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris. Ex-DGSE.