La minute cynique de Pierre Duriot

Régis Ollivier, le 22 septembre 2017

Le Colonel

 

 

© Fonds privé @TJL

 

 

Minute cynique… cinq véhicules de gendarmerie incendiés à Limoges, une paire d’autres à Grenoble, un commissariat encerclé par des turcs mécontents de l’arrestation de l’un des leurs en région parisienne… les forces de l’ordre sont débordées. Et ceci n’est le compte que de cette semaine. On peut ajouter les attaques répétées contre les patrouilleurs de l’opération Sentinelle, les meurtres de gendarmes, policiers, gendarmettes et policières, perpétrées par les gentils tenants de la religion de paix et d’amour, pour se rendre compte qu’on n’est plus dans le folklore du gendarme tropézien, du doux nom de Cruchot, fleurant bon la France. Et les frères Kouachi n’ont rien de la nonne écervelée au volant d’une deux pattes d’antan. Mais restons zen, quand des forces intérieures et extérieures armées s’en prennent à nos soldats, ça ne s’appelle toujours pas la guerre et ceux qui évoquent le climat de guerre civile ne sont que d’odieux complotistes. Reste que, forcer nos hommes de maintien de l’ordre à dépenser leur matériel et leur énergie pour assurer leur propre sécurité, commence vaguement à ressembler à un plan concerté d’affaiblissement de l’état de droit dont Macron et Collomb, nos valeureux dirigeants, souhaitaient sortir, lors de lapsus incontrôlés qui en disent long sur les intentions de ce gouvernement. Occuper les flics à se barricader et à rester sur le qui vive, c’est aussi les empêcher matériellement de nous protéger et de veiller correctement à la sécurité des structures stratégiques de la nation. Mais ce n’est toujours pas la guerre, hein, on vous a à l’oeil, à dire des âneries. Pour couronner le tout, ce même gouvernement s’en va loger les migrants chez les gendarmes, à Grande-Synthe, histoire de bien montrer de quel côté se situe sa préoccupation. A ce train, il ne va plus rester que quelques hommes d’élite, pour encore combien de temps, afin d’assurer la seule sécurité des ministres. Mais surtout, il faudra en entretenir encore quelques uns pour flasher les fainéants in-réformables qui persistent à aller au travail en voiture. Faut quand même pas déconner, à 94 km/h au petit matin ils risquent de mettre en péril la vie de ceux qui reviennent de leurs expéditions nocturnes contre les casernements militaires.

 

http://www.pierre-duriot.com

 

 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.

5 thoughts to “La minute cynique de Pierre Duriot”

  1. Et si l’incendie des véhicules de gendarmerie n’était du qu’au procès de l’affaire du quai VALMY ?????

    souvenez vous !!!!!
    il n’y a pas que la « racaille » qui brule des voitures de police

    lisez ceci :

    Le 18 mai 2016, la vie bascule pour des jeunes militants contre la loi travail et son monde. En plein mouvement et alors que la Nuit debout parisienne a pris place à République pour tenir ses « assemblées », c’est aussi là, comme une provocation, que le syndicat de police Alliance décide de se rassembler et d’accueillir la droite extrême pour protester contre la « haine anti- flic ».
    Une contre-manifestation est appelée le même jour par le collectif Urgence notre Police assassine. L’Etat ne tergiverse pas quant à lui. La veille, la préfecture interdit de manifestation plusieurs personnes dont 3 des jeunes militants qui seront interpellés le 18 mai, sur la base de notes blanches produite par la DRPP, le service de renseignements de la préfecture de police de Paris. Pourtant, ce même jour, le tribunal administratif fait lever ces interdictions suite à un recours posé par les militants, déclarant ces mêmes notes blanches fausses et irrecevables.
    Malgré ça, la contre-manifestation est elle-même interdite, fait surprenant après l’heure « officielle » d’appel à manifester déposée en préfecture. On interdit une manifestation 45 minutes après son début.
    C’est à ce moment-là, alors que les manifestants sont refoulés de la Place de la République, qu’interviennent les faits de la voiture de police brûlée quai de Valmy.
    Quelques heures après les faits, quatre jeunes manifestants sont interpellés chez eux, interrogés en garde à vue puis emprisonnés sans procès.
    Antonin Bernanos, étudiant à Nanterre, ira jusqu’à faire 10 mois de prison préventive sans procès. Sur la seule base d’un simple témoignage anonyme qui l’accuse.
    Le procès verbal de ce témoignage anonyme est versé au dossier suite à une erreur administrative. C’est cette erreur de l’instruction qui permet à son avocat de le retrouver. Dès lors, on sait que c’est un policier des services de renseignements de la préfecture de police de Paris ( la DRPP ) qui l’accuse, ce même service qui avait produit les notes blanches utilisés pour interdire les jeunes militants de manifester.
    Il a suffit d’un témoignage d’un policier sous X pour qu’un militant du mouvement social se retrouve pendant 10 mois en prison et sans procès !
    Dans cette affaire, ce ne sont pas les preuves qui permettent d’aboutir à l’identification des coupables… mais l’accusation sans preuve de militants qui en font des coupables, charge à la police ensuite de fournir les preuves !
    Plus d’un an après, ils sont désormais neuf inculpés à être renvoyé devant le tribunal correctionnel de Paris, deux d’entre eux sont toujours emprisonnés à Fleury Mérogis.
    Leur cas doit servir à mettre en lumière des politiques répressives déjà appliquées dans les quartiers populaires.
    Leur cas doit servir à riposter ensemble contre la répression d’Etat dans nos quartiers, entreprises et lieux d’études, et plus largement contre la précarisation de nos vies, qui se traduit aujourd’hui par la nouvelle loi travail XXL annoncée par Macron.
    Ils sont capables d’utiliser la prison contre ceux qui contestent. Soyons prêts à nous unir pour refuser leur répression et leur monde.
    Leur procès débute le 19 septembre et se termine le 22 septembre à la 14ème chambre correctionnelle du TGI de Paris. Nous appelons tous les jours à nous y rendre à 13h.
    Le 19 septembre nous appelons à un rassemblement devant le TGI de Paris à 19h contre la répression.

    En défense des accusés du quai de Valmy
    Les manifestants qui se sont attaqués à une voiture de police en marge d’un rassemblement de policiers place de la République en mai 2016 et qui sont jugés à partir du 19 septembre sont l’expression de la violence d’une séquence politique et d’un mode de gouvernement.
    Partage
    Du 19 au 22 septembre se tient, au tribunal correctionnel de Paris, le procès de l’affaire du quai de Valmy. La scène est impressionnante et l’écho fut considérable. En plein mouvement contre la loi travail de 2016, des syndicats de policiers appellent le 18 mai à un rassemblement place de la République contre ce qu’ils désignent comme la «haine antiflics». Un contre-rassemblement est alors organisé au même endroit par le collectif « Urgence notre police assassine » pour dénoncer les violences et l’impunité policières. Ce rassemblement est interdit. Les militants qui s’y rendent tout de même sont dispersés. Ils partent de la place sous forme d’une manifestation spontanée. Et là, quai de Valmy, ils croisent une voiture de police. Dans l’excitation et la colère, certains individus agressent les policiers et attaquent la voiture, qui brûle.
    La police et la justice ont tout de suite construit une narration de ces faits : ils seraient l’expression de la violence propre à un petit milieu («antifa», «ultragauche») animé par une détestation des forces de l’ordre. D’ailleurs, peut-être est-ce vrai. Mais dans le même temps, cette vision réductrice empêche toute appréhension politique de la séquence. Car l’affaire du quai de Valmy ne se serait pas produite si un ensemble de logiques ne s’était mis en place, dont il faut comprendre les ressorts et les responsabilités, qui ont contribué à façonner les expériences des sujets contestataires. Elle appelle plus le regard compréhensif de la sociologie politique que l’action répressive de la justice pénale.
    Il faut se souvenir de la tension qui régnait lors du mouvement contre la loi travail : la brutalité d’un gouvernement prétendument de gauche qui entendait imposer une loi de régression sociale en utilisant l’article 49-3 à l’Assemblée et en décourageant la contestation par la force : contrôles d’identité, gazages, matraquages. On estime à 1 000 le nombre de blessés suite à un usage ahurissant de la force (1) ! L’affaire du quai de Valmy est un produit de ce contexte : elle est le résultat de l’intransigeance du gouvernement de l’époque, notamment Manuel Valls et Bernard Cazeneuve, dont les méthodes se rapprochaient plus de la technocratie autoritaire que de la pratique démocratique.
    Il faut se souvenir aussi des violences policières qui se sont multipliées, dont toute personne qui a manifesté peut témoigner (coups, bousculades, contrôles arbitraires, fouilles, etc.) et qui n’ont jamais été mises en question par les ministres, bien au contraire, et ont engendré une véritable exaspération. Qui ne se rappelle que le slogan le plus scandé, lors des manifestations était : «Tout le monde déteste la police» ?
    Et il faut se souvenir enfin du sentiment d’indignation qui nous traversait alors, avec un Etat dont le comportement se situait de plus en plus aux limites de la démocratie. Comme l’a montré Amnesty International, le droit de manifester a été menacé par l’Etat au cours de cette période à travers le recours à différentes pratiques : manifestation interdite, assignation à résidence, contrôles d’identité, etc. Ces pratiques traduisent une redistribution symbolique de l’idée démocratique. Peu à peu, l’Etat a transformé le sens de la manifestation. Manifester a de moins en moins été appréhendé par les corps de l’Etat comme quelque chose d’évident, qui relève d’un droit et de plus en plus comme une sorte de privilège qu’ils accordaient ou non selon leur volonté. Quand l’Etat se pose comme détenteur d’un droit de regard sur la protestation, quand il refuse qu’elle trouble l’ordre public alors que c’est sa fonction, il dénaturalise ce droit. Et quand, entre les sujets politiques et l’exercice de leurs droits se dresse la police, il est nécessaire que la police devienne ce contre quoi la manifestation et l’aspiration démocratique se déploient.
    L’exaspération contre la police est la forme qu’a prise, à ce moment-là, la revendication d’une reconquête contre un appareil d’Etat, qui, presque physiquement, nous étouffait.
    Quand nous regardons les images de l’agression quai de Valmy, plutôt que d’orienter notre regard vers les quelques individus agissants, nous devons voir la violence d’une séquence politique, d’un mode de gouvernement, liée à la violence du vallsisme, mais aussi à celle de la privation démocratique et des pratiques policières. Quai de Valmy exprime les affects inscrits dans la politique contemporaine : ne pas avoir envie de subir ça, d’être gouverné comme ça, et ne pas pouvoir agir. Etre pris malgré soi dans une situation contre laquelle on ne sait pas quoi faire. Ces expériences de la dépossession et de l’impuissance, qui peut dire qu’il ne les a pas ressenties ? Réagir de manière politiquement juste à ce qui s’est passé le 18 mai devrait consister à affronter ces questions et à en tirer les leçons, pas à s’indigner, ou à distribuer quelques années de prison à des militants qui n’ont au fond fait qu’exprimer par leurs actes une inquiétude et une colère collective.
    Le procès de neuf prévenus suspectés d’avoir pris part à l’agression de policiers et à la mise à feu de leur véhicule lors d’une manifestation contre les violences policières a été reporté

  2. Tout à fait d’accord, Mon. Colonel. Un des piliers de l’islam étant de coloniser par tout les (moyens: ventres, conversion, destruction et j’en passe….). Il est utile de ré-enseigner les fondamentaux de la base de la pyramide jusqu’au sommet. Il faut surtout bien connaître les motivations et les plans de chacun à court, moyen et long terme; pour pouvoir à nouveau s’affirmer en tant qu’état de droit et non plus un état à l’africaine où le remplissage des poches des gouvernants devient leur seule préoccupation.

  3. Cela fait plusieurs décennies que gendarmes et policiers se barricadent, la nouveauté c’est qu’ils jouent à la ligne Maginot se croyant à l’abri et tant pis pour les autres citoyens totalement désarmés.

  4. 2.000 CRS se portent en congés « pâle », c’est du jamais vu. L’autre de l’Elysée doit être vert. Macron est en train de se mettre toutes les Armées à dos sans oublier les « cons » qui descendent dans les rues de France par milliers bien qu’ils aient tous voté pour lui.
    Insurrection ? Bienvenue !

  5. Depuis des dizaines d’années on règle les problèmes avec une simplicité politique qui inquiètent nos amis américains et russes. Des discours nuancés et surtout des mesures démocratiques enrobées « de douceur » inspirées d’un devoir de garantir les droits de l’homme qui conduisent à une situation de menaces permanentes. Après la télévision, internet dans les prisons on expérimente la venue du téléphone portable dans ces mêmes établissements !.  » Dormez braves gens votre sécurité est assurée ». Le loup est dans la bergerie et il faut cesser de croire et surtout de faire croire que tout le monde il est beau et amendable. Le jour où la guerre contre nos valeurs et nos institutions montrera son vrai nez, nos militaires indispensables pour intervenir, seront encore au Mali ou ailleurs. On est en guerre, mais tout se passe dans notre pays comme si les choses n’avaient pas changés, la stupeur de notre ministre de l’intérieur ne suffira pas à apaiser une situation périlleuse qu’il est impératif de reprendre en mains avec les moyens adaptés dignes d’une nation qui veut vivre en paix, en faisant respecter l’état de droit et ses dispositions légales avec un soutien inconditionnel des services de sécurité. Force doit rester à la loi sans qu’il y ait de compromis.

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