La minute cynique de Pierre Duriot

Régis Ollivier, le 24 septembre 2017

Le Colonel

 

 

© Fonds privé @TJL

 

 

Minute cynique… une nouvelle conception du vivre ensemble a pris l’allure, dans le quartier Eiffel de Clichy, d’un véhicule aménagé en bureau itinérant destiné à recueillir les plaintes des habitants. Un genre de bureau des pleurs. Sa première sortie a été accompagnée d’une importante présence de policiers municipaux, histoire qu’il ne soit pas cramé dès ses premiers tours de roues. Il ressemble en réalité à un fourgon de police antiémeute, description polie pour ce qui s’apparente en fait à un camion sorti tout droit des derniers épisodes de Mad-Max. Comprenons nous bien, le quartier Eiffel, riche de sa diversité, vivier de cerveaux bien pleins déambulant comme autant de chances pour la France du XXIème siècle, ne saurait héberger un commissariat fixe, susceptible de passer la nuit sur place sans dommage. Voilà, on vit ensemble, mais pas la nuit, pas sans escorte et pas sans blindage. Histoire de se persuader que le quartier est idyllique, une petite dizaine d’agents, dont une maître-chien, a profité de la sortie pour faire le tour des cages d’escaliers, des parkings et monter dans les étages. Avec à la clé la découverte de deux Vélib volés, de trois véhicules sans plaques d’immatriculation et de résine de cannabis dissimulée dans les jardins, écrit la feuille de chou d’extrême droite, Le-Parisien. « On ne peut pas installer un poste de police municipale en permanence dans tous les quartiers sensibles de la ville », paraît-il, explique sans rire le maire (LR) Rémi Muzeau. Mais l’objectif est d’avoir une présence sécurisante et récurrente grâce à ce poste mobile. Un véhicule blindé accompagné de type en gilets pare-balles, c’est sécurisant ? Le même jour, dans le même journal, on y raconte aussi une agression à coups de poing américain à trois lâches contre une courageuse mère de famille de trentaine d’années ayant tenté de s’interposer contre le lynchage à coup de machette d’un adolescent du collège où est son fils… on est confondu devant tant de richesses locales. On a le camion, le décor, les acteurs, maintenant yapuka embaucher Mel Gibson, mais il faudra lui dire, là, ce n’est plus du cinéma.

 

http://www.pierre-duriot.com

 

 

 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.