La minute cynique de Pierre Duriot

Régis Ollivier

Le 13 décembre 2017

Le Colonel 3.0

 

© Tosque Jean-Louis

 

Minute cynique… mes chers compatriotes automobilistes, comme vous le savez, les gouvernements vous ont de tous temps pris pour des vaches à lait. En réalité, ils ont toujours eu des petits accords avec des fabricants de bricoles de sécurité pour les voitures, lesquelles ne sont plus en option mais en achat obligatoire, sur un maximum de modèles, dès les plus petits, ce qui vous coûtent la peau des fesses. Ils ont également tenté quelques rapprochements avec les sociétés d’autoroutes qui sont d’excellentes rentes. De l’amateurisme que tout cela. Avec ma pensée complexe, nous allons passer à la rentabilité supérieure. J’ai conclu des accords multiples et multilatéraux avec les sociétés d’autoroute, dont la fidélité ne se dément pas. Egalement, à destination de vos taxes locales, j’ai un deal avec les fabricants de panneaux routiers et un autre avec les sociétés privées qui gèrent les radars. En dernier lieu, les hôteliers restaurateurs sont aussi dans le coup. Oui, avec la future réduction de la vitesse à 80 km/h sur les axes nationaux et départementaux, ce sera péage obligatoire pour tout le monde sur autoroute. Dépense forcée pour les communes et collectivités territoriales pour actualiser toute la signalétique. Arrêts en hôtels et restaurants d’étape sur la route des vacances, puisqu’il vous faudra deux jours pour aller à la mer si vous refusez de payer l’autoroute. Et pour les récalcitrants, les radars privés feront payer une grosse note dès les premiers petits excès. Voyez-vous, ces sociétés là, ce sont des rentabilités à deux chiffres ou rien. C’est ainsi qu’après vous avoir fait payer au prix fort des voitures qui permettent de rouler en toute sécurité à des vitesses élevées, on va vous obliger à vous traîner en prétextant quelques ivrognes du samedi soir qui poussent le bouchon un peu loin. Rassurez vous, ça ne va pas durer longtemps, avec mes copains des pays industrialisés, j’ai eu une idée encore meilleure. Sous couvert d’écologie, alors que cargos maritimes, avions de ligne et industries polluent autrement que vos malheureuses bagnoles, on va interdire le diesel, puis l’essence et au final, on décrétera l’achat obligatoire d’une voiture électrique, dès qu’on aura un accord avec les fabricants de batteries. Vous vouliez le changement, vous l’avez. Alors, heureux ?

http://www.pierre-duriot.com

 

 

 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.

One thought to “La minute cynique de Pierre Duriot”

  1. Sur les paroles de la chanson  » le déserteur » de Boris Vian.
    paroles légèrement déformées par votre serviteur

    Monsieur le président
    Je vous fais une lettre
    Que vous lirez peut être
    Si vous avez le temps
    Je viens de recevoir
    Des papiers à en tête
    Pour payer mes dettes
    Avant mercredi soir.

    Monsieur le Président
    Je ne peux plus le faire
    Je ne suis pas sur terre
    Pour remplir les caisses

    C’est pas pour vous fâcher
    Il faut que je vous dise
    Ma décision est prise
    Je m’en vais me défausser

    Depuis que je suis né
    J’ai vu mourir mon compte bancaire
    J’ai vu descendre la vitesse
    Et partir mes petites amies

    Ma voiture a tant souffert
    Sur vos routes mal faites
    Depuis elle est à la casse

    Elle se moque des ornières
    Et se moque de votre baisse

    Quand j’étais conducteur
    On m’a volé ma route
    On m’a volé mes doutes
    Et tout mon cher plaisir

    Demain de bon matin
    Je fermerai ma porte
    Au né des années mortes
    J’irai sur les chemins

    Je conduirai des chars à bœufs
    Sur les routes de France
    De Bretagne en Provence
    Et je dirai aux conducteurs
    Regardez les vélocipèdes
    Regardez les trottinettes
    Si çà continue à la baisse
    Vous ne pourrez les dépasser

    Aussi s’il faut donner son flouze
    Allez donner le votre
    Vous êtes bon apôtre
    Monsieur le Président
    Si vous me poursuivez
    Prévenez vos receveurs
    Que je n’au plu de liquide
    Et que je ne pourrai payer

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