La minute cynique de Pierre Duriot

Régis Ollivier

Le 26 février 2018

Le Colonel 3.0

 

 

© Tosque Jean-Louis

 

 

Minute cynique… voilà pas qu’une bande d’associatifs bien-pensants décide de propulser une petite jeune femme métisse à la représentation de Jeanne d’Arc et la « fachosphère » s’enflamme : la pauvrette est victime d’insultes racistes. On se demande bien ce qui se passerait si Nelson Mandela, Martin Luther King ou Mahomet, étaient incarnés, dans des spectacles vivants, ou des films, par un acteur blanc. La diversité ne se déchaînerait pas sur les réseaux sociaux, elle resterait de marbre et arborerait sa correction infinie, légendaire, toujours de mise, face aux méchants que nous sommes. Je voulais dire, une posture impeccable, en joue, doigt posé sur la gâchette de la Kalachnikov. On connaît légèrement la musique. On peut aussi penser que les stages décoloniaux interdits aux blancs, les séances de cinéma entre noirs, les enturbannées à la télévision, les emmerdements sans fin avec les voiles dans les entreprises, les caillassages de flics et de pompiers dans les cités et les courbettes appuyées des élus de la République aux minorités de tous bords, y compris les plus vindicatives, ça commence à exaspérer, même le Français le plus ordinaire. Evidemment, on ne peut pas décréter comme ça, d’un coup, que la France a toujours été multiculturelle, avec des héros colorés, ni que l’islam est en France et en Europe depuis 3000 ans, comme a osé le dire l’inénarrable Debouzze, ce n’était pas un sketch. Alors il faut réaliser un lent travail préparatoire, modeler les consciences, attendre la mort des vieux qui ont appris l’histoire, formater les jeunes esprits, sciemment rendus incultes en la matière. Et d’ici vingt ans, après profusion de contre vérités, de matraquage d’images trafiquées, on pourra expliquer doctement dans un amphithéâtre de faculté, que Jeanne d’arc était vraiment noire, que De-Gaulle était un Qatari, qu’Einstein était un savant saoudien et que sur une Terre plate, de grands explorateurs salafistes pacifiques avaient amené en France les immigrés nord-africains Pierre Curie, Victor Hugo, Paul Cézanne, Voltaire et Denis Diderot et personne ne bronchera. Mais dites moi, ces associatifs bien-pensants, qui prennent une pauvre petite métisse, pour finir par la juger symboliquement, de manière expéditive, entre blancs, avant de la cramer en place publique, ils ne seraient pas un peu racistes ?

http://www.pierre-duriot.com

 

 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris. Ex-DGSE.

6 thoughts to “La minute cynique de Pierre Duriot”

  1. @LEXPATRIE
    Puisque le thème de l’histoire semble vous passionner, permettez moi de vous suggérer la lecture du texte suivant, de Sir John Bagot Glubb, officier britannique né en 1897, dont les réflexions méritent d’être connues :

    1.- Introduction
    En traversant la vie, nous apprenons par l’expérience. Nous regardons notre comportement quand nous étions jeunes et pensons à quel point nous étions stupides. De la même manière, notre famille, notre communauté et notre ville s’efforcent d’éviter les erreurs commises par nos prédécesseurs. Les expériences de la race humaine ont été enregistrées, plus ou moins en détail, pendant environ quatre mille ans. Si nous essayons d’étudier une telle période dans autant de pays que possible, nous semblons découvrir les mêmes schémas constamment répétés dans des conditions très différentes de climat, de culture et de religion. Certes, nous nous demandons si ayant étudié calmement et impartialement l’histoire des institutions humaines et du développement au cours de ces quatre mille ans, ne devrions-nous pas parvenir à des conclusions qui aideraient à résoudre nos problèmes aujourd’hui ? Car tout ce qui se passe autour de nous est déjà arrivé encore et encore.

    Une telle conception ne semble jamais avoir pénétré dans l’esprit de nos historiens. En général, l’enseignement historique dans les écoles est limité à notre petite île. Nous réfléchissons sans cesse aux Tudor et aux Stewart, à la bataille de Crécy et à Guy Fawkes. Peut-être cette étroitesse est-elle due à notre système d’examen, qui nécessite la définition attentive d’un programme que tous les enfants doivent observer.

    Je me souviens d’avoir visité une école pour enfants handicapés mentaux. « Nos enfants n’ont pas à passer d’examens, m’a dit le directeur, et nous sommes donc en mesure de leur enseigner des choses qui leur seront très utiles dans la vie. »

    Quoi qu’il en soit, la thèse que je souhaite avancer est que des leçons inestimables pourraient être tirées si l’histoire des quatre mille dernières années pouvait être étudiée de manière approfondie et impartiale. Dans deux articles, parus dans le Blackwood’s Magazine, j’ai tenté d’esquisser brièvement quelques-unes des leçons que je crois que nous pourrions apprendre. Mon plaidoyer est que l’histoire devrait être l’histoire de la race humaine, pas celle d’un petit pays ou d’une seule période.

    2.- Le destin des Empires
    2.1.- Apprendre de l’Histoire
    « La seule chose que nous apprenons de l’histoire, nous dit-on, c’est que les hommes n’apprennent jamais rien de l’histoire » une généralisation radicale peut-être, mais que le chaos du monde actuel confirme chaque jour. Quelle peut donc être la raison pour laquelle, dans une société qui prétend explorer chaque problème, les fondements de l’histoire sont encore si complètement inconnus ?

    Plusieurs raisons à la futilité de nos études historiques peuvent être suggérées. Premièrement, notre travail historique est limité à de courtes périodes qui sont l’histoire de notre propre pays, ou celle d’un âge particulier que, pour quelque raison que ce soit, nous respectons.

    Deuxièmement, même dans ces courtes périodes, l’inclination que nous donnons à notre récit est régie par notre propre vanité plutôt que par l’objectivité. Si nous considérons l’histoire de notre propre pays, nous écrivons longuement sur les périodes où nos ancêtres étaient prospères et victorieux, mais nous passons rapidement sur leurs lacunes ou leurs défaites. Notre peuple est représenté comme un héros patriotique, nos ennemis, eux, comme des impérialistes cupides ou comme des rebelles subversifs. En d’autres termes, nos histoires nationales sont de la propagande, pas des enquêtes bien équilibrées.

    Troisièmement, dans le domaine de l’histoire du monde, nous étudions certaines périodes courtes, généralement non reliées entre elles, que la mode a rendues populaires à certaines époques. La Grèce 500 ans avant le Christ, la République et le début de l’Empire romain en sont des exemples. Les intervalles entre les « grandes périodes » sont négligés. Récemment, la Grèce et Rome ont été largement discréditées, et l’histoire tend à devenir de plus en plus l’histoire paroissiale de nos propres pays.

    Pour tirer des leçons utiles de l’histoire, il me semble d’abord essentiel de comprendre le principe que l’histoire, pour être significative, doit être celle de la race humaine. Car l’histoire est un processus continu, se développant, changeant et faisant des détours graduellement, mais en général progressant en un seul et puissant courant. Toutes les leçons utiles à tirer doivent être apprises par l’étude de l’ensemble du flux du développement humain, et non par la sélection de courtes périodes ici et là dans un pays ou un autre.

    Chaque âge et chaque culture dérive de ses prédécesseurs, ajoute sa propre contribution et la transmet à ses successeurs. Si nous boycottons diverses périodes de l’histoire, les origines des nouvelles cultures qui leur ont succédé ne peuvent être expliquées.

    La science physique a élargi ses connaissances en s’appuyant sur le travail de ses prédécesseurs et en réalisant des millions d’expériences prudentes dont les résultats sont méticuleusement consignés. De telles méthodes n’ont pas encore été employées dans l’étude de l’histoire du monde. Notre travail historique au coup par coup est encore dominé par l’émotion et les préjugés.

    Mon expérience ainsi que mes lectures m’ont appris que l’histoire qui nous est enseignée – enseignée puisque rares sont ceux qui prennent le temps de l’écrire à partir des archives disponibles, qui ne sont d’ailleurs pas exhaustives – est « adaptée » afin de cimenter un projet et les hypothèses qui vont à l’encontre de ce projet sont toujours marginalisées. Aujourd’hui, ceux qui veulent davantage d’Europe, et donc moins de nation, se heurtent aux histoires nationales, au sang des héros dont le sacrifice à permis à la nation de survivre et qui sont vénérés depuis des générations. Il leur faut maintenant réécrire tout cela, dans une perspective différente, sans que trop de personnes perçoivent la trahison. On perçoit déjà les signes de cette réécriture. Mais ce n’est pas très grave puisque l’histoire d’avant était tout aussi fausse. Simplement, c’était la notre et elle donnait du sens à nos actions, pas vrai.

    Source : http://lesakerfrancophone.fr/le-sort-des-empires-et-la-recherche-de-leur-survie-15

  2. @ROL: vous avez une définition bien personnelle de l’histoire, je pense. C’est vrai que je fais partie de ces vieux cons qui fonctionnent avec un logiciel dépassé par le nouveau 2.0! Il n’est pas besoin de refaire l’histoire pour se rendre compte que le comité qui a désigné Mathilde pour être Jeanne d’Arc a voué cette jeune fille à la vindicte publique soit par pure ignorance (ce qui serait étonnant!) soit délibérément par pure provocation, sachant pertinemment qu’eux ne risquaient pas d’être attaqués. En somme une lâcheté sans nom pour des gens qui louent des valeurs suprêmes.

  3. attendre la mort des vieux qui ont appris l’histoire

    heureusement qu’ils sont encore présent avant que vous ne finissaient dans la marmite
    des colonisés

  4. Vous me décevez sur ce coup là; vous n’ignorez quand même pas que l’histoire n’est pas faite pour relater le passé mais pour rendre le futur acceptable. C’est juste le ciment des nations, inculqué à grand coup de récitation aux enfants, pour que plus tard, ils soient fier de défendre leur nation. Sauf qu’aujourd’hui, on n’en veut plus des nations. On veut des frontières ouvertes, on veut des mouvements de capitaux libres et surtout, on veut un travailleur docile avec des droits sociaux indexés sur ceux des pays du tiers monde. Alors l’histoire, ben faut la réécrire. De toute façon, celle d’avant aussi était fausse. Vous n’y aviez quand même pas cru à la fable des gentils GI venus libérer la France des méchants allemands? Vous allez voir, on va tout réécrire et tout deviendra plus limpide; le pb, c’est les vieux cons qui fonctionnent encore avec le vieux logiciel et la vieille base de données alors qu’on est passé à l’histoire 2.0. Mais dans 30 ans, tout le monde aura reçu le patch correctif.

  5. Les associations noires avaient très violemment protesté contre le choix de Depardieu pour jouer le rôle de Dumas, qui était quart de métis puisque son père était fils d’un blanc et d’une haïtienne .. Pour ces associations Depardieu ne POUVAIT pas incarner Dumas.

  6. Bjr: Pierre, pour répondre à votre question, c’est oui et même qu’ils font de la provocation.
    Sans être pessimistes et racistes , nous sommes mal barrés

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