La minute cynique de Pierre Duriot

Régis Ollivier

Le 01 mars 2018

Le Colonel 3.0

 

 

© Tosque Jean Louis

 

Minute cynique… Macron, jamais à court de mauvaise foi, explique entre deux déambulations dans les allées du Salon de l’agriculture que, quand il voit ces pauvres paysans sans jour férié, ça justifie amplement la liquidation du statut des cheminots. On cherche désespérément un lien entre les deux, comme s’il était impossible d’améliorer la vie des premiers sans pourrir la vie des seconds.Vieille technique de gestion par la terreur, en montant les catégories sociales les unes contre les autres, en montrant du doigt, avec une compassion de circonstance, les plus mal loties, afin de culpabiliser ceux qui n’ont bien souvent, pas beaucoup plus. En tout cas, moins qu’un patron à la gestion fiscale optimisée. Avec cynisme, il nous expliquera bientôt qu’il revient d’Afrique sahélienne et qu’au vu de la famine qui règne là-bas, il ne peut décemment plus permettre que nous mangions. Il n’a pas l’air pourtant trop sûr de ce qu’il raconte, ce banquier fanfaron, d’ailleurs, il est allé voir les maquignons entouré d’un millier de policiers, dont près de trois cents en civil, répartis en trois cordons de protection, comme quoi il se sent proche d’un peuple qu’il aime. Ca nous change de Chirac, adulé, se goinfrant à chaque stand et s’usant les mains à mettre des claques dans les dos provinciaux et sur les culs des bovins. Non, Macron, qui revient vraiment d’Afrique, veut surtout « permettre à la jeunesse tunisienne de réussir en Tunisie ». Et d’annoncer la création d’un fonds de 50 millions d’euros en s’imaginant que ça les empêchera de venir en France. Il a ajouté un prêt souverain de 100 millions et la conversion de 30 millions d’euros de dette sur le milliard d’euros que nous doit Tunis. A Saint-Louis du Sénégal, le président français a versé 15 millions d’euros contre l’érosion côtière, plus 24 autres millions. Et 1,4 milliard d’euros, toujours de nos impôts, pour le métro d’Abidjan, plus tout ce qu’on ne sait pas. On comprend donc que Macron soit gêné aux entournures, d’où les cordons de flics, quand il va voir les paysans qui crèvent de faim. Pour financer Afrique et Maghreb, on dépouille notre pays, armée, hôpitaux, écoles, gares de campagne, justice… il faut aussi financer l’accueil des migrants, ma pauvre dame, c’est dire s’il faut bien payer vos impôts, en plus d’accueillir un petit malien mineur de trente-cinq ans. Alors, ce pauvre Macron plonge dans les sondages : les Français ne comprennent rien décidément, à la pensée complexe…

http://www.pierre-duriot.com

 

 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris. Ex-DGSE.

3 thoughts to “La minute cynique de Pierre Duriot”

  1. Ça fait plaisir de vous lire parce que je me sens moins seul. L’imposture Macron, le modeste inspecteur des finances comme l’appel Emmanuel Todd, n’a pas fini de nous surprendre. Les artifices de « Comm » qu’il utilise, certainement inspirés par sa cour de jeunes éphèbes enfantés par l’ENA, s’appuient manifestement sur le postulat que le peuple de France est trop stupide pour percevoir ces supercheries. Ceci dit, il peut appuyer cette déduction sur le résultat des élections qui l’ont porté lui et son parti au pouvoir. A t’on déjà vu un peuple intelligent voter à ce point contre ses intérêts ? Mais « passer pour un idiot aux yeux d’un imbécile est une volupté de fin gourmet » et j’ai hâte de voir comment il va s’en sortir pour tenir les promesses qu’il n’a certainement pas manqué de formuler aux banquiers et industriels qui l’ont financé, et qui attendent avec impatience leur retour sur investissement. On parle de la privatisation de la Française des jeux; pour la partie rentable de la SNCF, c’est en cours; la distribution d’électricité d’EDF et les barrages hydroélectriques ainsi que qq monuments nationaux offrent encore de belles opportunités. Quant au démantèlement de la sécurité sociale, pour l’offrir à la découpe aux assureurs, c’est déjà bien engagé. Reste encore à détruire le droit du travail, à diminuer les impôts des riches, à fractionner la société et à détruire le SMIC, qui reste un frein aux bénéfices du CAC40, pardon, je m’égare, un frein à l’emploi… Quant aux retraites, n’est ce pas une source de profit considérable qui échappe aux assureurs, je m’égare encore, un poids inacceptable pour les générations futures ? Il faudra certainement basculer dans un système par capitalisation, certes plus risqués, mais tellement plus juste que le système par répartition, conforme aux principes désormais désuets de solidarité – pourquoi être solidaire avec un migrant tellement différent ? (le sacrifice de qq retraités sera certainement nécessaire pour faire accepter cette réforme, l’augmentation de la CSG y contribue…) La feuille de route est claire, elle était connue bien avant les élections puisque l’impétrant venait de chez Rothschild. En tous cas, le suicide national est total.

  2. Si vous partagez à 200% cette analyse, je partage avec vous et à 1000% le fait que tous ces agissements ne sont malheureusement relayés que de manière confidentiels.

  3. Je partage à 200% cette analyse; le problème c’est qu’elle n’est relayée que d’une manière confidentielle. Et quid de l’engagement de notre beau pays à dédommager les « victimes algériennes » de la guerre d’Algérie; c’est un comble, nous allons dédommager les assassins du FLN et leurs enfants, toute honte bue! On comprend pourquoi Macron veut taxer les retraités et tailler des croupières aux employés d la SNCF. Au fait, vous savez à combien émargeait Florence Parly à la SNCF, certes à un poste de direction: 52000€ net par mois (sans doute recrutée comme énarque). Elle est pas belle la vie. On comprend mieux le déficit abyssal de cette entreprise!

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