La minute cynique de Pierre Duriot

Régis Ollivier

Le 07 mars 2018

Le Colonel 3.0

 

 

© Tosque Jean-Louis

 

Minute cynique… « les retraités d’aujourd’hui font partie d’une génération dorée », assure le député Alauzet, un marcheur glandeur et donneur de leçons. Ça ne mange pas de pain, pensez donc, de taper sur ces retraités, nés, pour les plus vieux, avant et pendant la guerre, qui ont vu leurs parents reconstruire la France. Ils entendent dire maintenant que ce sont les Nord-Africains qui l’ont reconstruite et les aïeux doivent s’en retourner dans leurs tombes. Que ne falsifierait-on pas pour trouver un apport positif à l’immigration ? Sans rire, ces gens ont installé la France moderne, eux-mêmes, en travaillant plutôt cinquante heures par semaine que trente-cinq. Ils ont commencé à quatorze ou seize ans, avec le certificat d’étude, ou rien du tout. Ils ont quitté leurs parents à dix-huit ans, eu leurs enfants à dix-neuf. Ont travaillé dans les mines, les usines sans normes, avalé des polluants, de l’amiante, soulevé des caisses et creusé des trous à la pelle, assemblé des voitures, déchargé des camions à la force des bras et mis leurs mains dans le cambouis. Ça pour sûr, ils ont travaillé dur, n’ont pas eu de périodes de chômage et se retrouvent, pour beaucoup, la majorité, avec des retraites de misère. Pas comme ces pauvres gosses, nés après 1980, qui ont tout eu sur commande, dans la société d’abondance laissée par leurs parents, aujourd’hui soit-disant retraités dorés. Ces petits chéris gavés de jouets, de télévision, de sucreries appétissantes, de consoles, de centres de loisirs. Devenus grands, n’ayant jamais travaillé plus de trente-cinq heures, ils oseraient expliquer que leurs parents sont dorés, alors même qu’après quarante années de dos cassés ils touchent à peine plus, sinon moins et sont moins bien considérés, qu’un migrant qui arrive de Pétaouchnok, qui passe pour un héros et qui bénéficie de la solidarité obligatoire d’une population à qui bien souvent, il n’est même pas reconnaissant. Je m’égare, finalement si, nos retraités sont une génération dorée, ils n’ont pas connu, jusqu’en 1984, date de la création de cette police de la pensée à vocation de promotion de l’islam, SOS-Racisme, ils n’ont pas connu, disais-je, les bienfaits du multiculturalisme. Ils ont vécu cette période où on pouvait rentrer nuitamment d’un bal, sans risque, où on pouvait laisser sa voiture ouverte la nuit, où les gens montraient gentiment leurs papiers aux flics, où on pouvait aller chercher un truc manquant chez son voisin, où les gamins rentraient de l’école à pied, en bande, sans risquer quoi que ce soit, où Paris était une ville lumière. Et surtout, ils ont eu De-Gaulle comme président et pas Macron. C’est vrai qu’ils en ont eu de la chance, ça n’arrivera sans doute plus jamais et quelque part, effectivement, ils ont eu une jeunesse dorée.

http://www.pierre-duriot.com

 

 

 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris. Ex-DGSE.

3 thoughts to “La minute cynique de Pierre Duriot”

  1. L’un n’empêche pas l’autre Daniel, nous sommes parfaitement d’accord. Je disais juste, dans cette Minute, que de droite ou de gauche, ils ont majoritairement travaillé dur pour globalement, de petites retraites. Effectivement, les tous jeunes retraités sont mieux lotis, mais il ne me semble pas qu’ils aient, les uns et les autres, volé leur retraite. En cherchant du côté du régime spécial du député Alauzet, on peut déjà plus parler de dorure…

  2. Bon, faut arrêter avec nos vieux qui étaient tous formidables, ce sont aussi ceux des partis communistes, l’internationale, inféodés à Moscou, poignardant la France dans ses luttes coloniales. Des acteurs et des artistes pétant dans la soie vous faisant croire au petit Jésus soviétique. Aujourd’hui, certaines électeurs des villes communistes votent FN mais bizarrement continuent de soutenir la Russie comme ils le faisaient pour l’URSS.

  3. C’est un bien de lire ces vérités qui nous collent à la peau. Oui, je souscrits volontiers à ces propos car jamais cette jeunesse accrochée quotidiennement à son téléphone portable, n’a jamais été confronté aux difficultés de la vie. La réalité brutale risque fort de les surprendre lorsqu’il s’agira de vivre de ses propres ailes avec les soucis journaliers et la gestion courante des factures qui s’enchaînent dans une société où tout se paie. Les parents nantis ne seront plus là pour l’hébergement et la nourriture et les dépressions représenteront vraisemblablement le pain quotidien des psychiatres qui se frotteront les mains. C’est facile d’humilier des retraités qui ne sont pas des casseurs, mais ils représentent plus de quinze millions d’électeurs et la plupart ont une retraite bien maigre à côté des retraites perçues par nos « bons » élus champions du cumul des mandats et très pointilleux sur les privilèges qu’ils ont à l’unanimité, su mettre en place pour eux et leurs descendants. Pauvre France, tu regardes cette jeunesse avide de loisirs et d’internet qui brocarde les retraités comme s’ils volaient leur retraite. Malheureusement il existe une leçon de la vie : les bonnes choses ne durent jamais.

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