La minute cynique de Pierre Duriot

Régis Ollivier

Le 24 mars 2018

Le Colonel 3.0

 

 

© Tosque Jean-Louis

 

 

Minute cynique… à l’instar de la RATP et des CAF, les pompiers font dans la correction politique, quitte à casser quelques œufs. Dans une série de trois clips, histoire de dénoncer les violences faites aux pompiers, les hommes du feu du sud de la France se mettent en scène face à des agresseurs, tous blancs de blancs, de vilains gaulois hystériques qui attendent les braves pompiers au détour de l’incendie volontaire. Imaginez qu’ils disent la vérité. On le sait bien, les images sont nombreuses, que les pompiers ne se font pas caillasser dans les lotissements de province, on sait aussi, qui, l’été dégoupille leurs bornes pour inonder les rues des banlieues, on sait encore qui leur tend des guet-apens dans des impasses sombres, entre des HLM ethniques. Ils le savent aussi, leurs cinéastes le savent, tout le monde le sait. Et pourtant, revêtus de leurs gilets pare-balles, partant dans la nuit, le vent et la froidure, au secours de l’improbable mère de famille agonisante, signalée par un coup de fil anonyme, quand ils ont plus ou moins la boule au ventre, ils savent aussi ce qui les attend parfois. Il faut croire qu’ils n’ont pas pris assez de coups, ni eu assez d’emmerdements, ni supporté trop de désillusions : la peur d’appeler leur chat un chat est supérieure à celle de mourir. Ca donne une idée du bourrage de crânes opéré dans notre pays, du niveau d’autocensure et de contrition, même de la part de nos hommes les plus aguerris. Ils préfèrent crever en intervention et recevoir une médaille posthume, que de mettre en image un agresseur cinématographique, franchement louche et franchement bronzé, qui correspond à la réalité la plus fréquente. Ou alors, leurs chefs ont imposé le scénario improbable de leurs clips de honte et ils enragent, ces pauvres pompiers, comme vous et moi. On hésite encore entre la foutage de gueule et le masochisme. Le même jour, dans l’affaire de la prise d’otage du Super-U de campagne, le ministre de l’intérieur n’a pas hésité à donner jusqu’au patronyme de l’intéressé : Redouane Lakdim. Au moins là, c’est sans ambiguïté. Il a parlé d’un radicalisé, bien différent du bon islam, évidemment, en précisant que l’individu s’était radicalisé depuis deux ou trois ans, ce qui s’appelle l’art de se contredire en deux phrases, puisque la frontière entre la religiosité ordinaire et le terrorisme se franchirait donc allègrement. Toujours est-il qu’après la musique rock, les radicaux s’intéressent aux lettres, oui U, c’est une lettre non… dans quelques milliers d’années, ils auront peut-être intégré notre culture, du moins ce qu’il en restera.

http://www.pierre-duriot.com

 

 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris. Ex-DGSE.

One thought to “La minute cynique de Pierre Duriot”

  1. Ce sont les autorités qui imposent les scénarios et les personnage, au nom de ce fameux « vivre ensemble » dont on nous rebat les oreilles. Pour ce qui est de l’Islam, il n’y a pas de bon et de mauvais Islam; il y a un Islam qui est insoluble dans notre république, puisque le coran, aux yeux des musulmans, est au dessus de nos lois. Tant que nos politiques ne l’aurons pas reconnu expressément et pris les mesures ad hoc, nous continuerons, nous, Français de souche, à devenir de plus en plus étrangers dans notre propre pays et à raser les murs. Le reste est de la littérature (et quand je pense que ce bon Plenel a écrit « l’Islam, une chance pour la France ».

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