La minute cynique de Pierre Duriot

Publié par Régis Ollivier

Le 01 juin 2018

Le Colonel 3.0

 

 

© Pierre Duriot

 

 

Minute cynique… Stéphane Turk, le bijoutier de Nice, passe un sale quart d’heure au tribunal. Pensez-donc, il a été sauvagement frappé, menacé d’une arme, son magasin a été saccagé, ses bijoux volés. Dans le feu de l’action, alors qu’Anthony Asli s’enfuyait à l’arrière d’un scooter conduit par son acolyte Ramzi Khachroub, Stéphane s’est saisi d’une arme et a tiré, tuant Anthony d’une balle dans le dos. C’est insupportable, le bijoutier n’était pas en état de légitime défense, les voyous se barraient, donc son calvaire était fini. Il n’avait qu’à appeler son assureur, prendre un balai, nettoyer son magasin, réparer les dégâts et se remettre tranquillement au boulot. Il n’y avait pas mort d’homme que l’on sache. Vous voulez que je vous dise, braqueur, c’est déjà un métier difficile et les gens ne vous aident pas. Il faut se cagouler, se procurer armes et munitions illégalement, voler un scooter. Heureusement, normalement, quand le coup fumant est terminé, on peut se barrer sans risque, vu qu’on ne menace plus personne. En plus, paraît-il, ce serait ce Ramzi Khachroub qui aurait frappé le pauvre bijoutier. Oui, c’est vrai, Stéphane Turk n’était pas en état de légitime défense, objectivement, une balle dans le dos ne laisse aucun doute à ce sujet. Mais il était dans l’action du moment, même pas dans la tentative, le lendemain, à froid, d’aller récupérer sa camelote. Non, il était dans le combat, cette faculté ancestrale, ancrée dans nos propres gênes, qui a fait, dès l’aube de l’humanité, que l’homme, instinctivement, défendait, sa terre, sa tribu, sa compagne, ses enfants, y compris au péril de sa vie. Chez Turk, les années de matraquage droitdelhommiste n’ont pas eu l’effet escompté, le bougre ne s’est pas laissé dépouiller, comme le voudraient ces droits qui ne s’appliquent finalement qu’aux parasites et nuisibles. Ce pouvoir voudrait que l’on efface jusqu’à nos propres gènes, que l’on se renie jusque dans la plus profonde de nos conceptions. Il travaille d’arrache-pied à la liquidation de tout instinct de survie des honnêtes gens. Il va jusqu’à braquer, à Wissous, avec un régiment en armes lourdes, les policiers municipaux, sur ordre du préfet, pour exiger la restitution de leurs armes de service. Des fois qu’ils auraient rechigné à les rendre. Sans arme, ils ne pourront donc ni assurer leur propre sécurité, ni celle des citoyens, seront obligés de s’en remettre à la Police Nationale, en sous-effectif et sous-équipement chroniques et déjà débordée par la délinquance dans ce coin de France. C’est vrai à la fin, si les gens se laissaient tuer, violer, braquer sans broncher et ne la ramenaient pas quand c’est fini, il y aurait tout de même moins de problème…

http://www.pierre-duriot.com

 

 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris. Ex-DGSE.

2 thoughts to “La minute cynique de Pierre Duriot”

  1. Le fait de désarmer ceux qui se sont vu confier la mission ô combien noble et difficile de protéger le citoyen devrait faire réagir ces derniers qui sont devenus des cibles de plus en plus aisées à atteindre.

    Cette décision doit être perçue comme l’abandon de l’un des tous premiers devoirs d’un Etat digne de cette appellation.
    Ceux qui font profession de nous « gouverner » ne peuvent pas ignorer le monde qu’ils légueront aux générations futures .

    Le fait de traîner devant un tribunal un bijoutier qui a uniquement voulu défendre sa vie et ses biens face à une attaque des plus violentes est symptomatique de la volonté de nos gouvernants de changer en tous points les règles du jeu social.

    Sans exagération, ces décisions pourraient , demain, voir se développer dans les rues de véritables scenarii de westerns : seuls les malfaiteurs et les terroristes seront armés.

    Les vendeurs de gilets pare-balles ont de beaux jours devant eux.

    En parallèle, le fait de tenter de proposer une vrai-fausse « paix sociale » aux « étudiants »qui pourraient obtenir leur « sésame » en cadeau afin de calmer leurs ardeurs d’enfants gâtés démontre avec force l’abandon des pouvoirs publiques .

    Les contribuables que nous sommes – la première partie du mot nous définit parfaitement – paieront la facture .

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