La « minute cynique » de Pierre Duriot

Régis Ollivier, le 05 décembre 2016

Le Colonel


 


Minute cynique… la région Poitou s’affole avec le massacre, en une seule semaine, de trois radars routiers sur la célèbre Nationale 10. Taggés, incendiés, sciés, les radars font souvent les frais de la colère du petit peuple des automobilistes. Immédiatement, les élus et des responsables locaux du pouvoir montent au créneau, conspuent « l’irresponsabilité », le « fait gravissime » et brandissent la menace, la sanction, la lourde peine, pour cet « acte dangereux » qui « porte atteinte à la sécurité de tous les français ». Pas de danger de stigmatisation, ni peur de déplaire à qui que ce soit. L’automobiliste ferme sa gueule en toutes circonstances, contraint qu’il est de pouvoir rouler pour aller gagner sa pitance. Malheureusement pour les affreux mange-fric, la courbe des morts sur la route a commencé à baisser bien avant leur apparition et ils réalisent le plus gros de leur chiffre d’affaire sur des excès de moins de 20km/h, autant dire, des broutilles. Quand, au même moment, on juge un forcené issu de la richesse pour la nation, pour avoir violemment et volontairement percuté, à plus de 150 km/h sur le périphérique, une voiture des forces de l’ordre, en tuant deux fonctionnaires, on se demande où se situe la vraie violence routière ? Quand parallèlement, on décriminalise la conduite sans assurance et sans permis, on se dit que l’irresponsabilité routière n’est pas dans l’accès de colère du prolétaire poitevin tondu bien ras, elle est dans un hémicycle toujours plus acquis à la cause des vrais voyous. Non, mais c’est du complotisme ça ? Le Fonds de garantie des assurances nous donne sa conclusion en guise d’explication : La Seine-Saint-Denis totalise le plus grand nombre d’accidents provoqués par des conducteurs sans contrats (1540), suivie des Bouches-du-Rhône (1382) et des départements d’Outre Mer (1109). Paris arrive en cinquième position (896), juste derrière le département du Nord (975). Ceci expliquant sans doute cela…


Photo : BFMTV

 

 


 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.