La « minute cynique » de Pierre Duriot

Régis Ollivier, le 28 janvier 2017

Le Colonel



 

Minute cynique… les autoroutes sont privatisées, en particulier depuis Villepin qui a cédé d’impensables concessions à des paquets d’actionnaires, en échange de quoi ? On peut toujours imaginer le pire. Toujours est-il que les autoroutes sont un vrai jackpot, rentable parfois à hauteur de 20 à 25 %, avec un plan d’amortissement sur cinq à dix ans, ça laisse rêveur, dans un paysage où le moindre placement financier à plus de 5 % se révèle, la plupart du temps, être une arnaque. Mais voilà, une autoroute, ça s’use et l’heure des travaux a sonné. Il faudrait quelques centaines de millions d’euros. On pourrait prendre sur les bénéfices ? Impensable, selon la bonne doctrine de l’ultralibéralisme, gravée dans le marbre, les bénéfices sont privatisés et les dépenses sont mutualisées. Il y avait la solution d’allonger les concessions, pour créer les provisions qui auraient dû être créées depuis longtemps, en prenant sur les juteux rapports. Ah ben non alors. La seule solution est donc d’augmenter le prix des péages. Ce qui sera bientôt fait. Mais il y a un hic, Ségolène Royal, dans sa grande mansuétude, avait de manière autoritaire, gelé les prix des péages et les actionnaires avaient hurlé de douleur, pensez donc. L’ex de Moi-président s’était bien gardée, à l’époque, de dévoiler les détails de son très médiatique coup de gueule contre les puissantes sociétés d’autoroute. Pour rattraper l’affaire, il en coûtera 500 millions. Et donc les automobilistes vaches à lait vont encaisser d’un coup, le dégel avec rattrapage et les provisions pour travaux. Histoire que la rentabilité reste intacte. Le dernier homme politique digne de ce nom qu’on ait eu en France, pourtant pas vraiment gauchiste, préconisait que l’État garde la propriété de ces réseaux, payés par le contribuable et d’intérêt stratégique. Pour arranger les petits comptes, à court terme, des gros actionnaires, l’État propriétaire a vendu les bijoux de famille et nous fait payer un loyer quand il veut les porter…

 


Illustration : Photo de l’auteur

 

 


 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.