La « minute cynique » de Pierre Duriot

Régis Ollivier, le 30 janvier 2017

Le Colonel



 

Minute cynique… Pénélope Fillon, 500 000 euros payés sans doute pour quelques menus services, un peu de blé pour ses deux gamins encore étudiants… on a du mal à s’enflammer, à hurler au loup, comme le fait la presse, pour ce qui, non seulement n’a rien d’illégal, mais qui en prime, relève de la plus ordinaire routine en politique. Vingt pour cent des parlementaires salarieraient un proche. Et on pense à quelques rentes, ou malversations, autrement plus coûteuses pour la République. Qui et pourquoi a bien pu balancer une telle torpille à ce pauvre Fillon ? La gauche ? Ce serait risqué, elle n’est pas exempte de tels scandales. On pense à Dati, évincée sans élégance du siège de député du François qu’elle briguait ouvertement. Ca vaudrait une guerre ? Mais surtout, on reste dubitatif devant la défense de Fillon : sexisme du Canard enchaîné, vrai travail depuis le château sarthois, ses fils étudiants rémunérés pour des missions, sa fille également sucrée pour avoir aidé à la rédaction d’un livre… il en rajoute. Maladroit, pour ne pas dire, relevant de l’amateurisme. Pénélope, comme collaboratrice, ne valait peut être pas tripette, mais le service de communication du candidat ne vaut pas un clou : on se demande combien il est payé. Fillon voudrait s’auto-liquider qu’il ne s’y prendrait pas autrement. A moins qu’il ne soit prié de partir à coup de semonce ? Alors il en remet une bonne louche : s’il est mis en examen, il abandonne la course à la présidence. Comme s’il avait vraiment envie de ne plus y aller, tout en souhaitant ardemment être mis en examen ? Allons donc, d’autres ont foncé bien plus fort, avec des dossiers financiers autrement plus conséquents aux fesses. Et Juppé qui abonde dans le sens de son ex-challenger. « S’il n’y va pas, ne comptez pas sur moi non plus ». Par là-dessus, comme par hasard, la justice trouve des ressources improbables en diligentant une enquête avec une célérité qu’on lui connaît peu en matière d’affaires politiques : elle a des ordres pour une mise en examen rapide, synonyme de sortie de piste, ou quoi ? A droite, il resterait donc Sarkozy, en toute logique. Le camarade Fillon nous mène en bateau, ne se débat pas bien fort et surtout fort maladroitement. Il manque une pièce républicaine dans ce puzzle préélectoral à la con. On pense à un genre de débandade, chez le châtelain de la Sarthe, qui a surtout l’air de quelqu’un qui, en se retirant de la course, se mettrait à l’abri, anticiperait d’autres torpilles, de plus gros calibre, dont il connaît sans doute la provenance…


Illustration : Photo de l’auteur

 


 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris. Ex-DGSE.

4 thoughts to “La « minute cynique » de Pierre Duriot”

  1. les explications du bon père Francois sont totalement farfelues, son suppléant donnait 7500 E brut pour une attachée en région,il ne disposait donc plus que de 2000 E,pour rémunérer l’attaché parlementaire a l’assemblée ,cet autre attaché parlementaire ayant les plus gros travaux,avec la préparation des travaux en commission,le bon père francois
    aurait du entendre l’avertisseur sonore lui indiquant que le train n’était pas sorti,Marine peut déjà compter sur les 18% des Sakozistes.

  2. sans vouloir défendre Fillon les 500.000 euros sont dépassés par les presque 600.000 euros du peigne crane de hollande…

  3. Une grande partie des élus de notre beau pays, adopte la méthode courante qui consiste à employer des membres de leurs familles avec, il faut le reconnaître une certaine souplesse autant dans le volume du temps d’emploi que dans la somme des prestations techniques fournies. Les membres des partis adversaires qui semblent s’effaroucher, semblent oublier avec quelle facilité un certain président en exercice avait, avec l’argent des contribuables, mis à l’abri sa fille et sa maîtresse cachées et à l’époque on ne peut pas dire qu’i y a eu beaucoup de protestations dans le « Landerneau » officiel. C’est sûr, en début de quinquennat, il y a eu plus de précipitation à instruire une loi pour le mariage pour tous que pour apporter quelques modifications légales aux errements plutôt litigieux au plan de la morale, intégrés dans l’exercice de la profession d’élu du peuple. Mais au fond, n’est-ce-pas des chômeurs en moins dans le décompte officiel !.

  4. Minute cynique… Pénélope Fillon, 500 000 euros payés sans doute pour quelques menus services, un peu de blé pour ses deux gamins encore étudiants… on a du mal à s’enflammer, à hurler au loup, comme le fait la presse, pour ce qui, non seulement n’a rien d’illégal, mais qui en prime, relève de la plus ordinaire routine en politique. Vingt pour cent des parlementaires salarieraient un proche. Et on pense à quelques rentes, ou malversations, autrement plus coûteuses pour la République. Qui et pourquoi a bien pu balancer une telle torpille à ce pauvre Fillon ? La gauche ? Ce serait risqué, elle n’est pas exempte de tels scandales. On pense à Dati, évincée sans élégance du siège de député du François qu’elle briguait ouvertement. Ca vaudrait une guerre ? Mais surtout, on reste dubitatif devant la défense de Fillon : sexisme du Canard enchaîné, vrai travail depuis le château sarthois, ses fils étudiants rémunérés pour des missions, sa fille également sucrée pour avoir aidé à la rédaction d’un livre… il en rajoute. Maladroit, pour ne pas dire, relevant de l’amateurisme. Pénélope, comme collaboratrice, ne valait peut être pas tripette, mais le service de communication du candidat ne vaut pas un clou : on se demande combien il est payé. Fillon voudrait s’auto-liquider qu’il ne s’y prendrait pas autrement. A moins qu’il ne soit prié de partir à coup de semonce ? Alors il en remet une bonne louche : s’il est mis en examen, il abandonne la course à la présidence. Comme s’il avait vraiment envie de ne plus y aller, tout en souhaitant ardemment être mis en examen ? Allons donc, d’autres ont foncé bien plus fort, avec des dossiers financiers autrement plus conséquents aux fesses. Et Juppé qui abonde dans le sens de son ex-challenger. « S’il n’y va pas, ne comptez pas sur moi non plus ». Par là-dessus, comme par hasard, la justice trouve des ressources improbables en diligentant une enquête avec une célérité qu’on lui connaît peu en matière d’affaires politiques : elle a des ordres pour une mise en examen rapide, synonyme de sortie de piste, ou quoi ? A droite, il resterait donc Sarkozy, en toute logique. Le camarade Fillon nous mène en bateau, ne se débat pas bien fort et surtout fort maladroitement. Il manque une pièce républicaine dans ce puzzle préélectoral à la con. On pense à un genre de débandade, chez le châtelain de la Sarthe, qui a surtout l’air de quelqu’un qui, en se retirant de la course, se mettrait à l’abri, anticiperait d’autres torpilles, de plus gros calibre, dont il connaît sans doute la provenance…

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