La « minute cynique » de Pierre Duriot

Régis Ollivier, le 29 mars 2017

Le Colonel


© Fonds privé @TJL

 


 

Minute cynique… lundi dernier, alors que son ex, Fillon, vaquait à ses « affaires », Nicolas Sarkozy, l’avocat Nicolas Sarkozy, entendons nous bien, a prononcé un discours à huis-clos au Palais de Justice, devant trois cents ténors du barreau de Paris. Le petit Nicolas n’y est pas allé avec le dos de la cuiller, critiquant vertement l’influence exercée sur la justice par le “pouvoir médiatique”. Sans rire, alors comme ça, les juges et les procureurs regarderaient la télévision ? Certains liraient même des journaux, à ce qu’il paraît. Et de rappeler une autre affaire qui avait fait couler beaucoup de mauvaise encre et couler tout court le pauvre Eric Woerth, décrété coupable par les plumitifs bien-pensants, de gauche. La guillotine cathodique était tombée avant même toute instruction : coupable. Puis Eric Woerth a été relaxé par le tribunal correctionnel de Bordeaux. Et accessoirement, dans la même affaire, l’une des nombreuses qu’il a aux fesses, Nicolas lui-même avait bénéficié d’un non-lieu. Finalement, pour Fillon, le secret des sources des journalistes est mieux respecté que ne l’est le secret de l’instruction. Comment expliquer que les sbires télévisés, aux feuilles d’impôts opportunément dégonflées par les pouvoirs en place, puissent détenir au jour le jour des morceaux de l’instruction censée être secrète, sans que le moindre homme de loi n’ait été cambriolé ? Certains font passer l’information, dans une confusion des genres la plus totale. Il y aurait un cabinet noir orchestrant tout cela que ça ne serait pas pire, semble nous dire l’avocat Sarkozy. On en est arrivé à ce que les sources du journaliste aient obtenu, par la loi, un statut d’inviolabilité plus solide que le secret professionnel des avocats, qui peuvent faire, à tout moment, l’objet d’une perquisition voire d’un interrogatoire dans le cadre d’une garde à vue. Le scribe peut ainsi bénéficier de sources, même mal acquises, même résultant d’une faute professionnelle d’un fonctionnaire véreux, voire corrompu, là où l’avocat devra justifier en permanence de son travail dans le cadre strict du droit. Le petit Nicolas a été applaudi. Il faut dire qu’après ses dix non-lieux et ses deux affaires encore en cours, il a suffisamment fréquenté le milieu judiciaire pour en connaître toutes les ficelles. Quand il parle aux gens du barreau, il n’est pas comme certains qui confondent un bout de continent et une île, il sait de quoi il cause. Quand on voit par qui on l’a remplacé, on en arriverait presque à le regretter…

 


 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris. Ex-DGSE.

2 thoughts to “La « minute cynique » de Pierre Duriot”

  1. « …on en arriverait presque à le regretter » : tout est dans le presque !
    Du bonapartisme d’opérette.
    Car on peut difficilement faire pire que sabrer nos forces de sécurité, dilapider 20% de nos réserves d’or (589 tonnes), s’assoir sur la volonté exprimée par référendum d’un peuple censé être souverain et enfin ouvrir grand les portes à l’immigration incontrôlée par déstabilisation de la Lybie…
    Même FH n’a pas fait pire sur le fond, sauf que lui n’a pas su et/ou voulu corriger le tir du [très] petit caporal NS.

  2. Le regretter peut-être pas car il a été le précurseur en matière de casse des forces armées avec des diminutions d’effectifs qui pénalisent aujourd’hui notre outil de défense. Il s’est frotté plusieurs fois aux magistrats et il n’a pas valorisé la fonction présidentielle. Bref bien entendu s’il faut choisir on essaie toujours de prendre le « moins pire » mais cela ne nous mène pas bien loin.

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