La « minute cynique » de Pierre Duriot

Régis Ollivier, le 01 avril 2017

Le Colonel


 

© Fonds privé @TJL


 

Minute cynique… Areva et EDF auraient conjointement ignoré les mises en garde de l’Autorité de sûreté nucléaire et fait fabriquer, coûte que coûte, dans une usine litigieuse, ne respectant pas le cahier des charges de qualité, des pièces maîtresses de leur usine à gaz de Flamanville. Anne Lauvergeon, ancienne présidente du machin, nommée par Strauss-Khan, ancienne protégée de Mitterrand, ex-Young Leaders, chouchoute de l’industrie nucléaire, puis pressentie pour un ministère sous Sarkozy, puis mise en examen avec son mari, soupçonnée de rachats foireux, puis finalement débarquée par le même Sarkozy, devrait avoir quelques explications de plus à fournir, après avoir été connue comme une experte dans le maniement de l’opacité managériale. Mais les soupçons vont plus loin et l’industriel et peut-être ces commanditaires, ce que l’enquête devrait mettre en lumière, se seraient entendus pour falsifier des documents afin d’attester de la réussite de la fabrication de ces pièces stratégiques, à la fois pour le fonctionnement du bazar et accessoirement pour notre sécurité. Pour mémoire, le nouveau concept de centrale nucléaire devrait rester en construction pour une éternité, ne marche pas, n’a jamais marché et risque bien de ne jamais marcher, tout en ayant été vendu à des Finlandais et en ayant déjà coûté un bras à ses financeurs. Il faut savoir qu’en dernier ressort, le contribuable épongera la facture. C’est pas cher, c’est l’Etat qui paye, comme dirait l’autre. Si l’affaire est avérée, les donneurs d’ordres ont fait dans le social, ou le copinage, un peu comme quand moi-président commande des rames TGV pour les faire rouler comme des tortillards, afin de sauver une usine. Un peu comme si, aux commandes de la station spatiale internationale, on avait mis Théo Luhaka, plutôt que Thomas Pesquet, pour faire plus culturel, plus tolérant et plus exotique. A une époque encore récente, même si on donnait déjà dans la correction politique et les petits arrangements entre amis, il y avait encore des trucs avec lesquels on ne déconnait pas trop. Il a certes fallu s’extasier devant des raps de merde, de la sous-culture picturale en zone non républicaine et on a nommé des « ambassadeurs » de la France sur leur bonne poire diversifiée, mais pour les choses sérieuses, on marchait à la compétence. Moyennant quoi, aucune centrale n’a encore sauté en l’air et aucune fusée Ariane n’a décollé rafistolée au sparadrap. Cette époque est révolue, maintenant, on fait ce qu’on veut, même si ça doit faire boum.

 


 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.

3 thoughts to “La « minute cynique » de Pierre Duriot”

  1. l’asl est sous la tutelle de la représentation nationale et du gouvernement qui reçoivent
    des informations sur les recommandations de l’asl,il y a donc des politiques qui ont occultés ces recommandations et qui sont au minimum coupables de graves négligences

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