La minute cynique de Pierre Duriot

Régis Ollivier, le 19 avril 2017

Le Colonel


© Fonds privé @TJL


 

Minute cynique… des journalistes ont récriminé mardi matin sur France-Info. Les pauvres ont été repoussés lors des meetings de François Fillon, de Marine le-Pen. Certains ont essuyé des refus d’interviews et se demandent pourquoi. Nous aussi, on s’interroge, sur ce qui pousse Anne-Sophie Lapix à agresser ostensiblement le brave Florian Phillipot, pourtant animé de son extrême politesse et d’une patience hors-normes face à la furie encartée. On se demande encore quelle mouche pique Apathie quand il coupe violemment la parole de Nicolas Dupont-Aignan, l’empêchant de mener ses raisonnements. On se gratte la tête quand il zooment sur le ramdam d’une poignée d’opposants en dédaignant les milliers de sympathisants présents. Plus généralement, ils ont obtenu au jour le jour des pièces de l’instruction censées rester secrètes de l’affaire Fillon, n’ont pas fait leur choux gras des 35 000 euros de patrimoine déclarés par Macron. Pensez donc, à quarante ans, énarque, il n’a économisé que le prix d’une bonne bagnole. Ils ont hurlé au viol du petit Théo par des flics, avant de la boucler, puisque la suite leur a donné tort. Ils ont mis en scène le petit Aylan, mort opportunément sur une plage et Nathalie Arthaud use encore cette arnaque dans son clip de campagne pour culpabiliser le méchant blanc smicard. Ils nous rebattent les oreilles de la Syrie, tout en ignorant superbement les massacres commis au Yémen par des armées arabes clientes de nos joujoux de guerre. Ils se vautrent dans des dizaines de couvertures de magazines consacrées à un seul des candidats, raillent Poutou avec ses airs peuple, moquent ouvertement Mélenchon et son programme stalinien. Dotés d’un abattement fiscal de 20 %, à nos frais, embauchés par des journaux dont la plupart sont sous perfusion d’argent public, ils se permettent de confisquer la démocratie, de transformer leurs interviews en tribunes idéologiques, malmènent certains candidats, en aident d’autres à combler leurs lacunes, se payent des regards furieux ou enamourés en fonction des origines politiques de leurs invités. Et, cerise sur le gâteau, nous expliquent la bouche en cœur que de fausses informations circulent sur le net, de celles qu’ils ne maîtrisent pas sans aucun doute. Ils sont passés de journalistes à fabricants d’informations, pratiquent la culpabilisation et le bourrage de crâne, martèlent à l’auditeur qu’ils méprisent la bonne pensée et l’analyse de circonstance. Manque de bol, l’auditeur moyen sait faire et défaire l’information, se passer dorénavant de la voix de son maître. Et si d’aventure, un vainqueur inattendu supprimait avantages et subventions, ils oseraient encore hurler à la dictature.


 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.

4 thoughts to “La minute cynique de Pierre Duriot”

  1. Voilà un « cri du cœur » comme on les aime ! Et tout est dit en quelques phrases bien senties !! Evidemment j’approuve et je félicite son rédacteur. Merci cher Camarade…

  2. surtout ne denonçons pas l origine de ces « journaleux » et des propriétaires de ces mêmes torchons propagateurs de la « haine » – ne serait ce pas simplement « eux » l état profond que l on retrouve ds tous les états occidentaux mais chut c est pas beau, c est vilain

  3. Démonstration pertinente, merci de dire enfin de quoi il s’agit et comment les journalistes se sont attachés à traiter certains candidats à la présidence avec un impartialité exemplaire, durant cette campagne. Pourvu que le résultat final des élections soit de nature à leur rendre la monnaie de la pièce, je souris déjà.

  4. 100 % d’accord.

    Mais le résultat est là :

    Macron sera élu Président.

    Car si les français étaient des veaux, ils ont évolué : ils sont devenus des moutons.

    Intoxiqués et halal.

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