La neuvième frontière – Catalogne 2018

Par Stratediplo, le 28 juillet 2017

Le Colonel

 

 

 

Evénement historiquement rare, la France est sur le point d’avoir un nouveau voisin… et pourrait même devoir y déployer une mission d’interposition avant la fin de cette année.

Conçu initialement pour un ministre français alerté le jour même de sa prise de fonction, ce rapport de renseignement fait l’état des lieux à quelques semaines de la sécession, présente les prochaines étapes du processus et les dernières incertitudes, et sonde les réactions probables. Il conclut que la reconnaissance de la souveraineté de la Catalogne est inéluctable, et introduit un mode d’action permettant à la France d’en tirer des bénéfices tant pour les relations internationales en Europe que pour sa propre diplomatie.

Pour sa part l’Union européenne, qui entend bien conserver la Catalogne, refusera que l’Espagne provoque sa propre insolvabilité et une crise de confiance dans l’euro en déclarant unilatéralement la perte d’un cinquième de son PIB sans réduction de sa dette, et imposera donc la négociation interétatique conduisant à la reprise d’une partie de la dette espagnole par la Catalogne, comme celle-ci l’avait proposé, en échange de la reconnaissance de son indépendance par l’Espagne, seule possibilité pour celle-ci de ne pas ajouter la faillite économique à la défaillance politique. A terme d’autres peuples, choisissant la sortie pour éviter la mise en extinction, suivront le mode d’emploi de la sécession irréprochable dicté par la Cour Internationale de Justice, ce qui amènera l’Union Européenne à s’interroger sur sa nature et sur son lien interne.

L’opposition de la faible légalité interne espagnole à la légitimité démocratique et à la licéité internationale ne tiendra pas, et faute d’avoir pu exercer l’autodétermination interne dans le cadre du droit espagnol, la Catalogne exercera l’autodétermination externe selon le droit international. Le déni de réalité du gouvernement espagnol porte un risque de réaction tardive et extrême, et la France ne doit quant à elle pas feindre la surprise devant les événements mais étudier les options et définir une politique.

Plus généralement, cette note de synthèse sera incontournable pour tout diplomate ou journaliste étranger envoyé à Barcelone.

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Lire aussi : Catalogne: l’Espagne se prépare à une déflagration avec les indépendantistes

 

 

 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris. Ex-DGSE.

5 thoughts to “La neuvième frontière – Catalogne 2018”

  1. Anne : pour l’instant les traités européens s’appliquent en Catalogne, laquelle ne les dénoncera pas. L’Union n’ayant pas l’intention de perdre la Catalogne et n’ayant pas de procédure d’exclusion d’un territoire qui déclarerait son indépendance, elle continuera de considérer la Catalogne comme faisant partie de l’Espagne jusqu’à une transition sans discontinuité d’appartenance à l’UNion. Si l’Espagne, pour tenter de priver la Catalogne de son appartenance à l’Union Européenne, déclare que la Catalogne a fait sécession, elle déclarera du même coup qu’elle a perdu 20% de son PIB (la part apportée par la Catalogne), donc les agences de notation de dette souveraine calculeront immédiatement que la dette de l’Espagne ne représente plus 100% de son Produit Intérieur Brut mais soudain 125%, ce qui d’une part placera l’Espagne en catégorie insolvable et d’autre part obligera automatiquement ses créanciers à relever leurs taux selon le barème correspondant aux prêts à risque. Ce serait non seulement la faillite de l’Espagne, dont l’économie est bien plus importante que celle de la Grèce ou de l’Irlande. La presse économique gardienne de la santé du dollar en profiterait aussi pour lancer une curée sur l’euro. La seule alternative serait que la Catalogne, comme elle l’a proposé en cas de sécession négociée, reprenne une partie de la dette de l’Espagne… avec renégociation des taux car un pays endetté à 35% de son PIB ne paie pas la même « prime de risque » aux marchés financiers qu’un emprunteur surendetté. Les équilibres internes entre dette et PIB au niveau de la zone euro resteraient inchangés… et il devrait même y avoir cette réduction des taux d’intérêt dûe à une meilleure répartition des dettes par rapport aux PIB. La condition posée par l’Union Européenne (et la Catalogne) sera que l’Espagne ne s’oppose pas à l’admission officielle de la Catalogne le lendemain même de sa sécession de l’Espagne. Evidemment ceci, comme chacune des phrases synthétiques de la quatrième de couverture, est expliqué dans le livre… bonne lecture.

  2. stratediplo, je vous lis en général, mais la, je n’ai pas tout compris : à partir : l’espagne déclare unilatéralement la perte de 1/5.. sans partage de la dette
    je ne suis pas économiste.. j’ai eu beau relire 3 fois , je n’ai pas compris.

  3. Page 13 : « douzième frontière terrestre, et neuvième en métropole », car il y en a aussi une sur l’île de Saint-Martin. J’avoue qu’après mon Septième Scénario (suite aux six du Livre Blanc) et ma Huitième Plaie (référence biblique), j’ai simplifié le titre pour céder à la tentation de continuité. Au-delà du titre, j’attends maintenant avec impatience les commentaires sur le contenu – merci d’avance.

  4. Italie,Suisse,Allemagne,Luxembourg,Belgique ,Espagne,principauté d’Andorre,principauté de Monaco la Guyane dpt Français il faut ajouter Suriname, Brésil et éventuellement la Catalogne, je compte 11 et non pas 9

  5. Bon, supposons une Catalogne LIBRE… qui serait suivie d’une Corse LIBRE et d’une Bretagne LIBRE sans oublier une jolie Alsace-Saarland enfin réunies?
    Ca ferait la douzaine de frontieres!

    Restent la Savoie, les Basques et la Guyenne, mais faut pas pousser !

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