La perception de la société militaire dans notre société

Par François Chauvancy, le 19 novembre 2017

Défense et sécurité

 

 

François Chauvancy

 

Le Général (2S) François Chauvancy tape juste là où ça fait mal. Je suis le premier à morigéner lorsque j’entends tous ces journalistes, mais pas que…, méconnaitre ces règles élémentaires de civilité et « de bonne éducation ». J’appelle mon médecin « Docteur », un avocat je lui donne du « Maitre », un préfet « Monsieur le préfet »… . Je ne manquerai jamais de respect au chef de l’Etat même s’il n’est pas « mon Président ». Après tout, nous n’avons pas dormi dans le même talweg. //RO

 

Semaine où beaucoup de choses se sont dites ou faites suscitant quelques réflexions sur ce thème de la perception de la société militaire par la société civile.

La méconnaissance des us et coutumes militaires

Je ferai quelques remarques sur la méconnaissance persistante de la communauté médiatique mais pas uniquement sur comment appeler correctement une autorité militaire. J’ai été surpris en effet de constater que bien souvent les généraux interviewés n’étaient pas appelés par leur grade mais par « Monsieur ». La politesse pourtant préconise d’appeler un général, « mon général » si on a fait son service (bien sûr de plus en rare) ou « général » dans le cas contraire.

Une société vit aussi à travers le respect porté par les mots employés pour interpeller quelqu’un, comme on dit « docteur » quand on s’adresse à un médecin, « maître » à un avocat, mais tout ceci se perd dans cette recherche moderne de l’égalité verbale de chacun malgré ses titres ou sa fonction. Pourquoi d’ailleurs ne pas appeler le président de la République par son prénom ou son diminutif éventuel ?

Cette attitude est due à la fois à la méconnaissance des règles de civilité, de « bonne éducation » et à l’habitude de niveler chacun dans notre société « moderne ». Que pas une tête ne dépasse de par sa fonction ! Je le vois avec mes étudiants mais eux ne savent pas et m’appellent « monsieur ». Cela ne me dérange mais en terme de construction de l’esprit d’une société, cela n’est-il pas dérangeant dans la construction des repères ? Il faut cependant attirer leur attention sur ces règles de bienséance.

Je le vois aussi dans mes activités professionnelles où assez souvent le personnel militaire d’active oublie le grade de la personne avec qui il prend contact comme si le fait d’être dans le privé nous retire notre grade alors qu’il nous « appartient » et est aussi un témoignage de ce que nous avons été ou sommes parfois ?

Cette absence de connaissance du monde militaire s’’exprime aussi dans le langage courant notamment journalistique. Commentant ce sous-marin argentin en détresse cette semaine, que ce soit par un journaliste sur RTL ou sur France info, nous avions des « passagers » disparus. Marins ? équipage ? Des mots, semble-t-il, tout aussi disparus de la langue française. Cela rappelle ces « victimes » évoqués par un ancien président de la République qui évoquait les soldats morts au combat dans une embuscade en Afghanistan en 2008.

Lire la suite sur http://chauvancy.blog.lemonde.fr

 

 

 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.

One thought to “La perception de la société militaire dans notre société”

  1. Ce manque d’éducation militaire repose également sur l’absence de réaction des autorités militaires qui évitent autant que faire se peut les conflits avec les civils. Je voudrais ajouter le fait que la prise des grades militaires par les personnels de la police a augmenté la confusion et ce n’est pas rien. Je n’ai jamais compris pourquoi le ministère de la défense à l’époque, n’avait pas opposé un veto sur ce sujet.

Les commentaires sont clos.