La présence de l’armée française en Libye est «un secret de polichinelle»

Anne-Laetitia Béraud, le
20 Minutes

 

 

Que des membres du service action de la DGSE se trouvent en Libye, futur théâtre d’opérations extérieures, semble en effet une évidence. Tous les spécialistes le savent. Mais le dire et l’écrire c’est autre chose. C’est donc un secret de polichinelle. Point n’est besoin de consulter un expert de renommée internationale comme Eric Denécé pour en avoir la confirmation. Nous le savons et ceux d’en face le savent. Ceci dit, Jean-Yves Le Drian a voulu marquer le coup en faisant diligenter une enquête par la DPSD. Un coup d’épée dans l’eau. Mais in fine, il a raison. Si nous sommes en guerre, c’est de la trahison. //RO

 

La présence de militaires français en Libye afin de lutter contre des djihadistes de Daesh semble une évidence…

La France mènerait des opérations militaires « secrètes » en Libye, où 3.000 à 5.000 combattants de Daesh seraient présents, rapportait Le Monde mercredi. Tant les forces françaises que le service Action de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) se trouveraient sur le sol libyen. Des frappes ponctuelles et ciblées seraient réalisées pour freiner la montée en puissance des terroristes, précise le quotidien. Des informations que n’a pas goûtées le ministre de la Défense, qui a lancé une enquête pour « compromission du secret de la défense nationale » à la Direction de la protection et de la sécurité de la défense ( DPSD). Ces opérations posent plusieurs questions.

Des soldats français en Libye, « un secret de polichinelle »

« La présence de forces françaises sont en Libye, c’est un secret de polichinelle », assure Eric Denécé, ancien analyste du renseignement et directeur du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R). Et les forces françaises coopèrent dans ce pays « comme d’habitude » avec les alliés, à savoir les services américains, britanniques, italiens ou espagnols, ajoute le spécialiste du renseignement. Selon Le Monde, le raid américain du 19 février contre un cadre tunisien de Daesh en Libye se serait fait en concertation avec Paris et Londres, ce qui n’étonne pas l’ancien analyste.

Une présence dans toute la région

La présence de petites équipes de soldats français ne se limiterait pas à la seule Libye, gangrenée par des djihadistes de Daesh. « Les Français agissent en Libye, comme dans le reste de la région », répond Eric Denécé sur le ton de l’évidence. Cette présence des forces spéciales et du service action de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) s’explique par les opérations militaires françaises en cours dans la bande sahélo-saharienne contre les différents groupes djihadistes. La France est ainsi présente dans plusieurs pays de la région dans des opérations « classiques », comme au Mauritanie, au Mali, au Niger, au Tchad et au Burkina Faso (opération Barkhane qui a succédé à Serval), ou en Centrafrique (opération Sangaris).

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Photo de Une : Les décombres après un bombardement américain sur un camp de Daesh, le 19 février 2016 à Sabratha en Libye. – MOHAME BEN KHALIFA/AP/SIPA

 

 

 

 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris. Ex-DGSE.

2 thoughts to “La présence de l’armée française en Libye est «un secret de polichinelle»”

  1. Par définition les « Forces spéciales » ne sont pas des  » Services secret » et donc , leur intervention, en uniforme, si elles sont discretes , et jouent sur la surprise ( en temps et lieux) n’ont pas pour ambition de cacher leur origine.
    Leur commandement interarmées dépend du CEMA.
    La DGSE peut agir , sous la couverture qu’il lui convient et n’est pas aux ordres du CEMA.
    Une coordination sur le terrain existe

  2. Suggérer que la mort d’un responsable de l’EIL dans un bombardement américain a été initiée sur renseignement français est l’origine de l’ire ministérielle.

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