La seule chose dont les pseudo-analystes de la défense ne parlent jamais

Par Franz-Stefan Gady, le 08 mai 2015

Traduit par Avic – Réseau International

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« Il faut constamment se battre pour voir ce qui se trouve au bout de son nez ». George Orwell

La seule chose dont les analystes de la défense ne parlent jamais c’est de la mort violente. Alors qu’ils sont capables de faire de superbes analyses sur les systèmes d’armes, les doctrines militaires, les structures organisationnelles, et de disséquer les détails complexes de ce à quoi l’avenir d’une guerre pourrait ressembler, ils mentionnent rarement dans leurs analyses ce qui semble être un sujet tabou, le meurtre violent d’êtres humains.

Le seul but de tout militaire est d’être une machine à tuer rapide et efficace — masqué derrière des justifications de défense nationale et aussi permis par les « lois de la guerre ». Toutes les discussions sur la stratégie, la tactique, la logistique, la formation et les approvisionnements n’ont pour objectif unique que de tuer des hommes — et accessoirement, ou même intentionnellement, des femmes et des enfants — pour des raisons diverses ou selon les caprices de l’état agresseur.

C’est peut-être parce que la violence meurtrière est trop évidente que les analystes de la défense n’en parlent pas. C’est peut-être aussi parce qu’ils n’évaluent pas pleinement ou ne comprennent pas les implications de leurs analyses et commentaires. Ou peut-être adoptent-ils volontairement les euphémismes de la Double Pensée dans lequel meurtre est remplacé par des termes neutres qui aseptisent les massacres et normalisent le monde courtois et policé des experts de l’enfer de la guerre.

Cependant, il y a clairement quelque chose qui ne va pas dans les euphémismes : on contourne la vérité. « Si la pensée corrompt le langage, le langage peut aussi corrompre la pensée », comme le souligne Orwell. Par exemple, l’utilisation du mot « défense » à la place du mot « guerre » appelle automatiquement une association positive pour le premier et la notion négative de menace avec le second, même si elles sont fondamentalement les deux faces d’une même médaille.

Le domaine de l’analyse de la défense parle principalement de la préparation et de l’exécution des guerres ; avant 1947, le département américain de la défense s’appelait le ministère de la guerre. Nous avons perverti le vieil axiome de Vegetius «Si vis pacem, para bellum» (si tu veux la paix, prépare la guerre) en travestissant notre théorique de préparation à la guerre en une rhétorique académique qui fait que la guerre et la paix sont plus difficiles à distinguer.

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